Trente ans de Starmania

"Starmania", créé par Luc Plamondon et Michel Berger a 30 ans. Émission spéciale sur France 2 vendredi et réédition des CD.

Trente ans de Starmania
344651

Quand on arrive en ville, Le blues du businessman, La chanson de Ziggy, Les uns contre les autres, SOS d'un terrien en détresse... Si vous êtes amoureux de la chanson française, ces titres vous disent forcément quelque chose. Il y a trente ans, Luc Plamondon et Michel Berger créaient la comédie musicale Starmania. Le mois dernier, les représentations données à l'opéra de Montréal pour célébrer les 30 ans ont suscité des commentaires élogieux dans la presse. Pourquoi cet opéra rock rencontre-t-il toujours autant de succès ? Tentative de réponse.

1. Un sujet toujours très actuel. Malgré ses trente ans, Starmania est une comédie musicale toujours ancrée dans l'actualité. Les thèmes qu'elle aborde (l'argent, le pouvoir, la célébrité...) y sont évidemment pour quelque chose. À différentes époques, on a pu faire des liens entre l'histoire écrite par Plamondon et Berger et l'un ou l'autre événement. Comment, par exemple, ne pas penser aux attentats du 11 septembre lorsqu'on évoque l'histoire de Zéro Janvier, milliardaire qui se lance dans la politique et devient candidat à la présidence de l'Occident, alors qu'il siège en haut de la Tour Dorée, que Johnny Rockfort et les Étoiles noires rêvent de faire exploser ?

Récemment, dans une interview accordée au magazine français TV Grandes chaînes, France Gall déclarait : "Quand le président Sarkozy a épousé Carla Bruni, j'ai tout de suite pensé à l'histoire d'amour entre Zéro Janvier et Stella Spotlight, la sex-symbol.." Amusant lorsqu'on reprend le texte de la chanson que chante Stella : "Moi j'suis avec toi parce que tu me fais du bien. Toi tu te sers de moi pour arriver à tes fins." Et Zéro répond : "Ma fortune à tes pieds pour une heure avec toi, pour te posséder, je ferais n'importe quoi."

2. Une grande comédie musicale originale en français. Lorsque Starmania est jouée en 1979 à Paris, il s'agit d'une grande première. Jusqu'alors, les rois du genre sont principalement américains, et jouent à Broadway : My Fair Lady (1956), West Side Story (1957), Hello, Dolly ! (1964), Hair (1967, version française en 1969 à Paris avec Julien Clerc et Gérard Lenorman), Jésus-Christ Superstar (1971, version française de Pierre Delanoë la même année).

"La rencontre entre la plus grande équipe de Broadway, un prestigieux auteur québécois, des interprètes de tous les horizons, et une musique française, pour une création mondiale à Paris, c'est la grande expérience que nous tentons avec Starmania", déclare Michel Berger à l'époque.

3. Un casting parfait. Dès le début, Michel Berger et Luc Plamondon se disent que pour que la réussite soit au rendez-vous, il faut réunir une équipe solide. Ils engagent les deux chanteuses québécoises Diane Dufresne et Fabienne Thibeault pour les rôles de Stella Spotlight et Marie-Jeanne). La première connaît le succès en France depuis quelques années. La seconde débute sa carrière en Europe et connaîtra la gloire avec Le Monde est stone, Un garçon pas comme les autres, Les Uns contre les autres et La Complainte de la serveuse automate. Pour le rôle de Cristal, Michel Berger pense à France Gall, avec qui il s'est marié en 1976, et qu'il a sortie d'années de galère. Mais la plus belle réussite de Plamondon et Berger, c'est sans conteste Daniel Balavoine dans le rôle de Johnny Rockfort. Jusque-là, cet ex-choriste de Patrick Juvet a un peu de mal à imposer ses chansons. Mais en juin 1978, il publie son troisième album - Le chanteur - qui rencontrera enfin le succès. Son interprétation de Quand on arrive en ville, Banlieue nord et S.O.S. d'un Terrien en détresse dans Starmania finiront de le lancer.

En 1988, ce sont Maurane et Renaud Hantson que Luc Plamondon et Michel Berger lanceront dans le grand bain.

Le choix des interprètes par France Gall pour l'émission hommage diffusée sur France 2 vendredi prochain - même s'il est décrié par certains fans - ne déroge pas à la règle : "Certains d'entre eux sont passés par Star Academy ou Nouvelle star : la réalité dépasse encore la fiction. Eux aussi vivent dans la Starmania, ils veulent accéder à la lumière", déclare-t-elle toujours au même magazine.

Nos lecteurs ont lu ensuite

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...