Ubisoft ne s'est pas fait prier et fort de la puissance de frappe de ses innombrables studios, l'éditeur français mondialisé a sorti ici de son chapeau magique l'un des plus vastes et plus beaux mondes ouverts jamais créés, non seulement techniquement mais aussi artistiquement, puisqu'à l'architecture pharaonique stupéfiante se superposent également les superbes monuments grecs de cette période ptomélaïque.
Avec le patch (presque) 4K (du 1800p), le jeu brille de mille feux sur la Xbox One X sans jamais faiblir et garde toujours en vue sa cible des 30 im/s sans coup férir ; les temps de chargement sont également fort réduits pour un monde aussi grand qui charge globalement plus vite qu'un Witcher 3. La seule critique qui nous vienne à l'esprit concerne la nuit mal faite, une sorte de "nuit américaine" avec une pleine lune qui brille comme un soleil et qui reste d'ailleurs toute la journée... un peu ballot pour une lune, très surdimensionnée d'ailleurs !
Mais AC Origins a aussi remis à plat les combats et l'infiltration ainsi que toute l'interface elle-même : tout y est bien plus accessible et mieux pensé, plus efficace surtout dans le parcours et la maniabilité du personnage, très réactifs. Même les combats peuvent être comparés sans honte à la référence dans le domaine, à savoir le fameux Witcher 3.
Tout est donc pour le mieux croit-on... jusqu'au moment où l'on bute sur un choix de "design", c'est-à-dire les niveaux de notre personnage. Ce n'est pas nouveau dans les jeux Ubisoft de cet acabit de proposer une progression par niveaux qui permet de gagner des points et de débloquer des compétences. Ce qui est nouveau, c'est d'avoir découpé les parties de ce monde égyptien selon des prérequis précis en la matière : des zones sont à 30, d'autres à 25, d'autres à 40 et ainsi de suite...
Cela bloque déjà le joueur de facto et dénie toute liberté de choix et de mouvement... dans un monde prétendument ouvert (?) mais ce n'est pas tout, car les missions principales héritent de prérequis elles aussi : on s'aperçoit alors qu'avec un retard de 4 niveaux ou plus, il nous est impossible d'accomplir la moindre mission principale sans se faire péter la gueule.
Impossible d'assassiner un +4 par exemple, car l'assassinat devient une ""attaque furtive"" ; quant au +5 ou plus, ils ont une tête de mort sur eux, ce qui signifie qu'ils peuvent vous liquider en un coup... quand tout ce que peut leur faire notre cher assassin ne consiste qu'en quelques éraflures !
Bref, vous l'avez compris : il faut farmer sa mère pour "accéder" aux missions principales dans de bonnes conditions, ce qui implique de farmer des activités très vite répétitives et copiéés-collées sur toute la putain de carte gigantesque ! Au bout du énième camp à nettoyer, de la énième statue à fracasser, du énième papyrus à trouver, de la énième tour à escalader (encore ces putains de tours qui servent de voyage rapide ici !) du énième trésor à ramasser, on en a marre...
Ce ne sont pas ces dizaines (ou centaines ?) de "quêtes" annexes qui vont changer le train-train d'aller délivrer un connard... dans un putain de camp, hélas ! Malgré ces dialogues et ces nombreuses cinématiques pour chacune des quêtes annexes, leur caractère creux n'en est que plus patent et consternant, surtout que l'écriture est d'une beaufitude et d'une naïveté affligeantes. Et plus on y passe de temps, plus on avance (très laborieusement) plus on zappe tous ces dialogues et ces pseudo-histoires -y compris la "trame" principale complètement nulle à chier- plus on se rend compte que ce soit-disant jeu de rôle est une arnaque totale qui n'a rien à dire -sauf de la merde- et qui n'a pas d'autre but que de vous faire acheter des "XP boosts" si vous comptez le finir... un jour !
A côté de cela, le héros Bayek a une tronche de cake et l'ensemble des protagonistes qu'on peut croiser sont transparents et sans aucun intérêt. De toute façon, il faut farmer tout le temps et pour tout, y compris pour améliorer son équipement : il faut en effet se procurer des peaux et des matières premières et on en voit pas le bout, ni la putain de fin...!
Voilà qui est donc étonnamment décevant et très irritant. Dans le Witcher 3, on peut mettre de côté tous les à-côtés, je dis bien "tous" et se concentrer sur le plat principal et ne pas se retrouver avec des niveaux et des niveaux de retard ! il manquerait plus que ça... Ubisoft a donc oublié le caractère optionnel du farmage de crevard pour le rendre obligatoire.
Quel dommage, car la jouabilité est bien faite, le jeu est très beau mais les mécaniques sont celles d'un MMO immonde qu'ils ont meublé comme des cons avec du remplissage débile à en dégueuler partout : ça nous fera donc juste 1 point, finalement !