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Oeuvre num�ris�e par Marc Szwajcer

 

LES POLIORC�TIQUES

d�APOLLODORE DE DAMAS

COMPOS�ES POUR L�EMPEREUR HADRIEN.

Traduction du texte publi� par M. Ch. WESCHER

(Poliorc�tique des Grecs. 1867, hep. imp�r., p. 135-193).

Avec 37 figures extraites des manuscrits grecs.[1]

PR�FACE

Les si�ges jouent, dans l�histoire ancienne, un r�le consid�rable, et les r�cits des op�rations auxquelles ils ont donn� lieu sont rest�s souvent fort obscurs pour les modernes, faute de notions suffisamment pr�cises sur les engins divers qui y �taient employ�s.

L�antiquit� nous a bien laiss� sur ce sujet quelques trait�s techniques, tels que le Xe livre de Vitruve et les divers ouvrages publi�s en 1693 par Th�venot sous ce titre: Veterum mathematicorum opera; mais, si le premier se trouve dans toutes les biblioth�ques, il est presque incompr�hensible, faute de figures ou de descriptions suffisantes; quant au recueil de Th�venot, il doit � son titre et � sa raret� de n��tre connu que de quelques �rudits.

Parmi les trait�s qu�il renferme, et qui ont rapport aux arts militaires,[2] il y en a plusieurs qui sont relatifs � la construction des machines de jet, un autre qui expose les principes de la fortification, de l�attaque et de la d�fense des places, et enfin deux qui sont consacr�s sp�cialement � la description des machines en usage dans les si�ges.

Ces deux derniers, dus, l�un � Ath�n�e, l�autre � Apollodore, sont ceux dont la traduction pr�sente aujourd�hui le plus d�int�r�t, car les autres ont d�j� �t� traduits et comment�s.[3]

J�ai bien publi� d�j�, il y a quelques ann�es, dans les M�langes Graux, une version d�Ath�n�e; mais cette version, � laquelle a du reste collabor� mon ami, M. Lacoste, ne saurait �tre consid�r�e que comme une premi�re approximation. Pour ces ouvrages techniques, en effet, il ne suffit pas de mettre du grec en fran�ais, comme les hell�nistes collaborateurs de Th�venot ont mis du grec en latin, sans s�inqui�ter de savoir si le lecteur pourra, d�apr�s les renseignements qu�on lui donne, construire les appareils d�crits; on s�expose alors � de nombreux contresens, souvent m�me des non-sens. Le traducteur doit faire en m�me temps �uvre d�ing�nieur, s�assurer qu�il a bien compris la pens�e de l�auteur et qu�il est capable de l�ex�cuter. Or, cela n�est pas toujours facile: dans chaque art, il existe toujours des proc�d�s connus de tous les hommes sp�ciaux � un moment donn� et dans le d�tail desquels on croit inutile d�entrer; puis, ces proc�d�s tombent en oubli lorsque l��tat social, en se modifiant, cr�e de nouveaux besoins, de nouvelles industries, bas�es sur de nouvelles conqu�tes de la science; on ne peut alors les restituer que gr�ce � une sagacit� tr�s grande, et en r�unissant et comparant les indications plus ou moins vagues qu�on retrouve chez les diff�rents auteurs qui ont trait� ces questions.

Les peuples primitifs mettaient leur gloire � faire grand; et c��tait avec le bois ou d��normes monolithes qu�ils �difiaient leurs colossales constructions; aujourd�hui on s�efforce de faire juste, et c�est le fer qui, assembl� pi�ce � pi�ce, suffit presque � tous nos besoins.

Aussi sommes-nous certainement moins habiles que nos p�res clans l�art d��difier les gigantesques �chafaudages de charpente qu�ils employaient dans les si�ges, et nous ignorons encore aujourd�hui les proc�d�s qu�ils employaient pour les mettre en mouvement, ainsi que pour transporter des ob�lisques ou des statues dont le poids s��levait quelquefois jusqu�� 1.600 tonnes.[4]

A ce point de vue, le trait� d�Apollodore pr�sente une importance r�elle. C�est un livre original, beaucoup plus que ceux d�Ath�n�e et de Vitruve, qui ne sont que des compilations d�auteurs plus anciens, et notamment des livres, aujourd�hui perdus, de Diad�s, ing�nieur d�Alexandre le Grand, et d�Ag�sistratos.

Apollodore �tait un habile architecte, qui para�t avoir eu, en outre, l�occasion d�acqu�rir une grande exp�rience comme ing�nieur militaire. Il passe, sur la foi de renseignements que je n�ai pu contr�ler, pour avoir �tabli sur le Danube un pont dont quelques vestiges existent encore. Il semble �tre n� � Damas; et voici ce qu�en dit Dion Cassius,[5] � propos de l�Empereur Hadrien:

� Quant � Apollodore, architecte qui avait construit � Rome le Forum, l�Od�on et le gymnase de Trajan, il l�exila d�abord, puis il le mit � mort sous pr�texte qu�il avait commis quelque crime, mais, en r�alit�, parce qu�un jour que Trajan lui donnait des instructions pour ses travaux, Apollodore avait r�pondu � une observation d�plac�e d�Hadrien : � Va-t-en peindre tes citrouilles; car, pour ceci, tu n�y entends rien. � Or, dans le moment, Hadrien tirait vanit� de ce genre de peinture. Lorsqu�il fut devenu empereur, il en garda ressentiment et ne supporta pas la libert� de parole de l�architecte �����.. il ne contint ni son ressentiment ni sa peine, et fit mourir Apollodore. �

J�ai saut� une anecdote relative au temple de Rome et de V�nus, dont Apollodore aurait critiqu� en termes assez vifs les dispositions, propos�es par Hadrien.

Tels sont, avec les renseignements donn�s par Apollodore lui-m�me dans le pr�ambule de son trait�, toutes les donn�es certaines que j�ai sur lui, car j�ignore o� le traducteur de Dion Cassius a pris les �l�ments de la note dont il accompagne le passage pr�c�dent: � Hadrien, n�anmoins, �crivit plusieurs fois � Apollodore dans son exil, et lui communiqua ses projets; il y eut m�me discussion entre eux sur les poliokhtika livre �crit par Apollodore � la demande de l�Empereur. �

Peu importe d�ailleurs que ce soit � Hadrien ou � Trajan que le trait� des Poliorc�tiques ait �t� adress�. La preuve de sa valeur, c�est qu�il fit peu � peu oublier tous les autres, et que c�est presque exclusivement d�apr�s lui que H�ron de Constantinople composa au xe si�cle son livre sur la Poliorc�tique.[6]

M. Lacoste rend donc un v�ritable service aux �rudits en leur faisant conna�tre l��uvre de l�architecte de Trajan nous ne doutons pas que l�accueil fait � son travail ne l�encourage � continuer ses traductions d�auteurs que bien peu de gens sont tent�s d�aller consulter dans leur texte original.

C�est seulement lorsque philologues et ing�nieurs auront ainsi pris une vue d�ensemble de cet art de la charpenterie antique, qu�ils pourront esp�rer de donner des traductions d�finitives en recourant alors, pour les passages obscurs, � des hypoth�ses infiniment probables sur les r�visions de texte et les restitutions de machines.

A l��cole polytechnique, le 22 f�vrier 1890.

Le lieutenant-colonel du G�nie,

A. de Rochas d�Aiglun.


 

LES POLIORCETIQUES D�APOLLODORE

AVANT - PROPOS

� 1. - Envoi � l�Empereur Hadrien.

J�ai lu, Prince, ta lettre sur les machines, et j�ai �t� heureux que tu m�aies jug� digne de recevoir communication de tes id�es � ce sujet.

Aussi, ayant construit divers mod�les utiles � l�art des si�ges, je t�en ai adress� les dessins; pour tous, j�ai ajout� quelques mots d�explication, et je t�ai envoy� un de mes aides, � qui j�ai tout montr�, et devant lequel j�ai travaill�, de telle mani�re qu�il pourra, chaque fois que besoin en sera, construire d�apr�s mes mod�les.

Ne connaissant pas les lieux, j�ai fait des figures nombreuses et vari�es, discutant les principes, indiquant pour chaque cas le nombre d�hommes n�cessaires pour le travail, la protection et la s�curit�,[7] et exposant des types dont la plupart sont faciles � �tablir, l�gers, d�un grand effet, et de nature � �tre rapidement construits par des ouvriers quelconques.

Sur toutes ces choses, Prince, je t�ai ouvert la voie, en t�indiquant non seulement de quelle mani�re doivent �tre con�us ces ouvrages, mais aussi comment on doit les employer: car, autre est l�attaque des points fortifi�s, avec des pr�paratifs complets, en n��pargnant ni les mat�riaux ni le temps, autre est celle de provinces ou de pays entiers, qui changent de ma�tre au premier revers. Aussi, ayant consid�r� ces choses et y ayant r�fl�chi, ai-je tard� � te r�pondre, n�ayant rien pu trouver d�utile clans les anciens auteurs, soit au point de vue de la nouveaut�, soit � celui de la rapidit� de l�emploi.

Je t�ai envoy� aussi des charpentiers du pays et d�autres ouvriers capables de bien travailler et ex�cuter. Car je sais, m��tant trouv� aupr�s de toi dans des pr�paratifs de guerre, combien j�ai d� m�estimer heureux d��tre riche en soldats propres � fournir un bon travail, soit par suite d�habitude, soit gr�ce � leur dext�rit� naturelle, tandis qu�en campagne on manque ordinairement � un point incroyable de ce qui est n�cessaire � la facilit� des man�uvres, soit en fait d�hommes, soit en fait de machines.

Si j�ai laiss� quelque chose d�obscur dans mes explications sur ces divers engins, sois indulgent pour moi, Prince; car les termes techniques sont peu usit�s dans le langage courant, et le sujet lui-m�me est d�une �tude compliqu�e; moi-m�me, enfin, peut-�tre suis-je un m�diocre �crivain. Mais je compte sur ta haute valeur naturelle pour redresser mes imperfections, et sur ta bienveillance pour les excuser.

� 2. - �num�ration des machines n�cessaires � l�attaque.

Il faut pour les si�ges les machines suivantes: des tortues-b�li�res,[8] des tortues de mineurs, des tortues pour rouler des fardeaux, des b�liers de mod�les faciles � pr�parer, des ponts volants, des �quipages pour les b�liers; des gardiens pour tous les engins qu�on �l�ve; des guetteurs ou observatoires pour surveiller l�int�rieur de la place, des �chelles faciles � �tablir, des mines vari�es selon la disposition des remparts, des ponts sur les rivi�res, pour lesquels on assemble un grand nombre de pi�ces.

Tout cela doit pouvoir se construire ais�ment avec les moyens dont on dispose, �tre de formes vari�es, des plus petites dimensions et du moindre poids possible, facile � ex�cuter par les premiers ouvriers venus, de nature � �tre ais� � �tablir et � modifier, d�un succ�s certain, et d�un transport commode offrir de la s�curit�, �tre difficile � br�ler, � d�t�riorer, � briser, et ais�ment d�montable.


 

CHAPITRE PREMIER

DE LA MANIERE DE SE PR�SERVER DES PROJECTILES LANC�S DU REMPART.[9]

� 1 - Des projectiles lanc�s de la place.

Si les villes et les remparts sont situ�s sur des pentes escarp�es, il faut se pr�server des projectiles qui peuvent �tre roul�s d�en haut sur les machines, c�est-�-dire des troncs d�arbres, ou des pierres rondes, ou des chariots charg�s de poids, ou des vases ronds remplis de cailloux ou de terre. Il faut s�en garantir, en choisissant dans les moyens suivants celui qu�on a le plus sous la main.

� 2. - Des foss�s palissad�s.

Il est bon de creuser des foss�s obliques, d�une profondeur de cinq pieds, avec un mur droit fait avec les d�blais, sur lequel viennent buter les poids roulants, �tabli de mani�re leur r�sister, en sorte qu�un homme qui remonte le foss� soit abrit� par lui comme par un bouclier.

Les sapeurs se servent, pour se prot�ger, du foss� m�me qu�ils viennent de creuser, enfon�ant des pieux obliquement dans le talus, les recouvrant de planches, et entrela�ant tout autour des fagots de branchages, de mani�re � former un avant-mur, par l�accumulation des projectiles qui l�atteignent d�en haut.[10]

� 3. - De la tortue en forme de coin.

La tortue en forme de coin, amen�e par des soldats, est support�e par des poutres quadrangulaires, d�un pied d��quarrissage; elle doit �tre de bois bien dress�,[11] et �tre arm�e, au lieu de roues, de pointes en fer, de sorte que, quand on la met en place, elle se fiche en terre, et ne peut �tre arrach�e pendant le combat.

La face post�rieure de cette tortue aura de plus une poutre en travers qui la contrebutera, pour �viter le recul.

Il arrivera que les projectiles pesants tombant dans le foss� en �charpe seront rejet�s de c�t�, ou, fondant sur les pieux obliques pos�s transversalement, seront �galement repouss�s; ou enfin, frappant sur le coin, ils se briseront de part et d�autre, et l�espace qui est au milieu sera � l�abri de leurs atteintes.

Ces tortues-coins doivent �tre nombreuses, pour �tre petites et faciles � transporter; elles seront utiles jusqu�au moment de donner l�assaut; la troupe des hommes qui travaillent au si�ge suivra, ayant ainsi une couverture[12] de largeur des coins.

� 4. - De la tortue-berceau.

On doit prot�ger ces hommes au moyen de tortues l�g�res, de celles qu�on appelle berceaux,[13] contre le tir des archers et des frondeurs: elles sont faites comme il suit:

Les soldats sont munis de perches verticales, distantes les unes des autres de cinq pieds environ,[14] reli�es les unes aux autres de mani�re � conserver cet intervalle de cinq pieds, et arm�es d�un embout aigu, pour pouvoir se ficher en terre et ne pas fatiguer inutilement les hommes qui les portent.

A ces perches on suspend des peaux sur les fronts et � la partie ext�rieure.[15] Au-dessus, sur les perches droites, on dispose des peaux brutes, non tendues, doubles, et ayant du l�che, afin d�amortir les projectiles.

Les perches sont de hauteurs in�gales et altern�es, afin que le dessus ait la forme d�une tortue.[16] Les plus �lev�es d�entre elles doivent avoir une hauteur de plus d�une fois et demie celle d�un homme, et il faut faire en sorte que les plus courtes soient encore plus hautes qu�un homme.[17]

Et voici la figure du foss�, des palissades, de la tortue-coin, du berceau, de la tortue et de la colline.[18]


 

CHAPITRE II

DES MINES.

� 1. - De la tortue des mineurs

Quant on est arriv� tout pr�s du rempart, il faut construire des tortues de diverses esp�ces, les unes pour la mine, les autres pour la man�uvre du b�lier.

Pour la mine, on doit appuyer contre le mur des pi�ces de bois taill�es tr�s exactement, de mani�re qu�appliqu�es contre le rempart, elles s�y adaptent bien. On �tablit contre ce rempart un cadre[19] ayant sa base sur le sol, qui soutiendra par des assemblages biais les chevrons et les arcs-boutants de la tortue, de mani�re � faire glisser tous les projectiles dirig�s contre elle.

On placera ainsi trois, quatre ou cinq pi�ces de bois �quarries, d�une longueur d�au moins dix pieds, et d�une �paisseur d�un pied au moins. Dans certaines tortues, les extr�mit�s de ces pi�ces de bois doivent �tre arm�es d�aiguillons, pour se ficher en terre et ne point vaciller.

Une fois ainsi �tablies il faut y suspendre de chaque c�t� des peaux, des toiles ou du feutre, pour les prot�ger contre les traits lanc�s obliquement.

� 2. - Ex�cution de la mine.

Sous chaque tortue se glissent deux hommes, minant le mur, sur une �paisseur sup�rieure � sa moiti�, avec une largeur �gale � celle de la tortue, et une hauteur de trois pieds � partir du sol, de sorte que la terre sortie des fouilles puisse �tre rejet�e hors de la mine, aussi loin que le mineur pourra le faire.

Les tortues doivent �tre �loign�es les unes des autres de moins de vingt pieds, afin que gr�ce � leur nombre elles travaillent sur beaucoup de points; il faut qu�elles soient petites et faciles � transporter, et qu�elles ne soient pas trop �loign�es du mur, pour que les traits ne tes atteignent pas.

La figure est repr�sent�e ci-apr�s.

 

Une fois le mur min�, et pour ainsi dire entour�, quand il aura autant de br�ches qu�il y a de tortues, dans chacune de ces mines deux hommes travailleront, se tournant le dos, sans avoir d�sormais besoin de tortues, car ils fouillent le rempart transversalement, toujours abrit�s par la largeur d�j� min�e sous ce m�me mur, et ainsi ils ex�cutent leur fouille; et ces deux mines se font ainsi qu�il a �t� dit plus haut.

� 3. - Sout�nement et incendie des remparts.

Pour que le mur ne vienne pas � s��crouler sur les mains des travailleurs, il faut le buter au moyen de potelets, qui doivent �tre nombreux et minces, plut�t qu��pais et en petit nombre ; il faut placer une semelle en bas, et un chapeau[20] clans le haut, pour que le potelet ne s�enfonce pas clans le sol, et qu�il ne supporte pas directement le poids du mur.

Une fois que l�on a termin� compl�tement la mine et la pose des poteaux, il faut r�unir � l�entour des broussailles, et toutes sortes de bois facilement inflammables, des copeaux, des torches de r�sine, et mettre le feu partout; si quelque point reste non incendi�, on l�allume par dessous avec des projectiles enflamm�s; il faut aussi r�pandre tout autour des fragments de bois soufr�s et, les soubassements des poteaux �tant ainsi consum�s, le mur entier s��croulera; l�aspect de cette disposition est repr�sent� par la troisi�me figure.

Aux poutres des tortues, il faut suspendre des peaux rev�tues de leur poil, et clouer des planches, afin que ni le sable chaud, ni la poix, ni l�huile vers�e d�en haut, ne s�infiltrent jusque sur les travailleurs.

Il faut �galement clouer sur la face sup�rieure des chevrons des clous � t�te plate, d�un demi pied, qui ne devront pas �tre enfonc�s compl�tement, mais pr�senteront une saillie; on remplit l�intervalle de terre grasse d�lay�e, qui sera retenue, tant par la multiplicit� des clous, que par la largeur de leur t�te. Cela pr�servera les bois de l�incendie caus� par les mati�res enflamm�es jet�es d�en haut, et emp�chera l�infiltration des liquides br�lants.

Ces tortues devront �tre rev�tues d�argile hors de la port�e des traits; c�est alors qu�assembl�es et mont�es sur des roues, on les approchera du rempart.


 

CHAPITRE III

DES MURS EN BRIQUES.

� 1. - Du tr�pan.

Si nous voulons renverser promptement le mur, nous le perforerons au moyen de nombreux tr�pans.

Ces tr�pans doivent �tre des pi�ces de bois d�un doigt d��paisseur, � l�extr�mit� desquelles est clou�e une bande de fer, de douze doigts de largeur (0,23 m) et huit de hauteur (0,15 m) portant une m�che en son milieu; � l�autre extr�mit� on doit fixer un cylindre en bois, aminci dans la partie centrale, de mani�re � pouvoir le tourner par la poign�e, soit avec des barres,[21] soit avec les mains.

Le cylindre doit �galement �tre muni d�un autre pivot, tournant dans une crapaudine pouss�e par une barre, qui accompagne toujours la m�che qui fait le trou.

La longueur totale de la barre qui constitue le tr�pan ne doit pas �tre inf�rieure cinq pieds.

� 2. - Du percement des trous.

Le trou du foret doit �tre fait en biais, et plus �lev� � l�int�rieur du mur, afin que, d�une part, la terre rong�e tout autour puisse glisser et sortir du trou, et que, d�autre part, la tige du tr�pan s�appuie sans difficult� sur la r�gle plac�e en travers sur le sol, qui le contrebute, et que l�inclinaison des trous non seulement am�ne la chute du mur, mais encore le fasse glisser vers l�ext�rieur, et que la chute se produise tout d�un coup. La figure de l�inclinaison est ci-contre.

Ces trous dans le mur se font avec ordre, et en ligne droite, espac�s d�un pied et quart.

�. 3. - Du bourrage des trous.

Lorsque le front est perc�, il faut remplir les trous, non sur toute la profondeur, mais jusqu�� un pied, avec de petits fragments de bois, qui ne doivent pas �tre carr�s, afin de ne pas se r�unir par leur faces planes, mais de forme arrondie, comme des pieux; on les pousse comme des coins, afin qu�ils supportent le mur, et on les fait arrondis, pour que de tous c�t�s il existe des intervalles entre eux.

S�il est possible, ces petits rondins seront faits avec des bois r�sineux; � leur d�faut, avec des bois bien secs, ou soufr�s, ou enduits de poix. Leur largeur ne doit pas d�passer trois doigts (0,06 m).

� 4. - Deuxi�me s�rie de trous.

Une fois tous les trous bourr�s, on doit percer l�intervalle qui les s�pare de trous plac�s sur la m�me ligne droite ; la figure est ci-dessous.

Il faut faire obliquer les trous de chaque c�t�, afin qu�ils se rencontrent � l�int�rieur.

� 5. - Incendie du rempart.

On remplit les seconds trous de copeaux secs et de broussailles combustibles, ou de petits fragments de bois auxquels on met le feu; les rondins ont �t� intentionnellement avec une surface in�gale et avec une saillie sur le parement du mur par en bas, pour que le feu puisse s�en emparer, et �tre attis� par le vent.

Au cas contraire (si le vent n�aide pas), on se sert de roseaux semblables � ceux des oiseleurs; perc�s de bout en bout, et remplis d�air au moyen de soufflets de forge, ils atteignent le point voulu, et excitent le feu, �tant arm�s d�une buse allong�e, faite d�un tube de fer.

Voila tout ce qui concerne les murs en briques.


 

CHAPITRE IV

DES MURS EN PIERRE.

� 1. - De l�incendie des murs.

Quand le rempart est en pierre, il est d�usage de l�entourer de pi�ces de bois dont la combustion d�sagr�ge la pierre. Mais c�est pour l�assi�geant un travail difficile: l�eau que l�on verse d�en haut �teint le feu; l�action de la flamme, qui tend toujours � s��lever, est faible sur le mur qu�elle n�atteint qu�obliquement; enfin, les hommes qui font ce travail ne peuvent s�abriter sous une tortue qui se consumerait �galement.

� 2. - De l�incendie au moyen de forges portatives.

On fait alors usage de vases en terre cuite, cercl�s de bandes de fer, ayant au fond un trou d�un doigt (0,02 m) de diam�tre. Ces jarres, ouvertes � la partie inf�rieure, sont remplies de charbon menu, et on leur adapte un tube en fer, dans lequel se place un autre tube communiquant avec un soufflet de forge.

En y mettant le feu, le charbon s�enflamme sous l�action du vent, fait les m�mes ravages que la flamme, vient attaquer la pierre et la d�sagr�ge.

Ou peut la ronger �galement au moyen du vinaigre ou de tout autre acide.

Ci-dessus est la figure, telle qu�elle est dessin�e. Les forgerons se servent journellement de ce syst�me.


 

CHAPITRE V

DU BELIER.

� 1. - De la tortue-b�li�re.[22]

Si nous voulons �branler au moyen du b�lier une tour, une porte ou un mur, nous construirons des tortues-b�li�res, mont�es sur roues, �lev�es et supportant la suspension du b�lier, pour donner plus de force aux coups; car, plus haut sera plac�e la suspension, plus s��tendra l�espace parcouru par le b�lier, et, plus cet espace sera allong�, plus forts seront les chocs.

Il faut donc que la forme de cette tortue soit surtout en hauteur et non en largeur, afin d��tre facile � transporter : sa hauteur doit �tre double de sa largeur, afin d�avoir un fa�tage aigu; les faces lat�rales doivent �tre obliques, afin que les projectiles dirig�s sur elle non seulement glissent par c�t�, mais aussi soient repouss�s au loin.

La tortue doit �tre inclin�e vers le rempart et porter � l�avant une sorte d�abri, destin� � recevoir les projectiles lanc�s contre le b�lier et � les renvoyer de chaque c�t� ; en effet, les assi�g�s lancent soit des pierres creus�es en forme de mortiers (ou de tores?), soit des pi�ces de bois obliques, avec deux branches inclin�es comme des jougs, de mani�re avoir leur plein effet, et, entourant le b�lier, � pr�venir son choc contre le rempart et � briser le b�lier, ou � renverser et tuer les hommes qui le man�uvrent.

La construction de la tortue est la suivante:

On met en place deux longrines distantes d�au moins douze pieds; et sur chacune de ces longrines on assemble obliquement des pi�ces de bois de douze doigts d��paisseur et d�un pied de largeur (0,23 sur 0,31 m), avec une hauteur de vingt-quatre pieds au moins. Ces pi�ces de bois, au nombre de quatre, doivent �tre reli�es � leur extr�mit� sup�rieure par une pi�ce de bois qui les embrasse toutes et forme le fa�tage de la tortue: cette pi�ce doit avoir une longueur sup�rieure � celle des longrines.

Du c�t� o� l�on veut donner de la pente � la tortue, il faut au milieu des montants clouer d�autres traverses; et � l�int�rieur on doit �tablir des arcs-boutants qui contrebutent les traverses interm�diaires et le fa�tage unique.

La surface ext�rieure des montants doit �tre rev�tue de planches de quatre doigts d��paisseur, et la forme g�n�rale de la machine est termin�e.

Il faut encore qu�� partir du sol, la face ext�rieure des longrines inf�rieures soit support�e au moyen de pi�ces de bois plac�es verticalement.[23]

L�espace vide entre les longrines inf�rieures doit recevoir de petites roues, qui supportent la tortue.

Pour que les longrines inf�rieures ne s��cartent pas, il faut y appliquer tout autour des liens, qui ne se font pas au moyen d�une mortaise ext�rieure, mais sont clou�s � recouvrement comme les �cailles d�un poisson et constitueront les bases de la tortue.

Voil� comment est construite la tortue qui porte le m�t.

� 2. - Des tortues pour le service.

Quant � la tortue qui est derri�re les travailleurs, elle est moins �lev�e, et les deux autres qu�on dispose en arri�re pour assurer la s�curit� du passage sont encore plus petites.

Nous les pr�f�rons, en effet, plus nombreuses et plus petites, afin de pouvoir plus ais�ment les d�placer et les assembler; elles doivent toujours �tre construites avec de petites pi�ces de bois; cela vaut mieux que d�en construire une seule de grandes dimensions, � cause des inconv�nients qui en diminuent l�utilit�.

Les figures et les �l�vations sont repr�sent�es ci-dessous.

� 3. - Rev�tement des tortues et coin�age des roues.

Sur toutes ces tortues, ainsi que je l�ai dit il faut enfoncer de nombreux clous � t�te plate, qui retiendront une couche d�argile malax�e de quatre doigts (0,07 m), au moins, dont on enduira les planches transversales de la tortue, en y m�lant des poils, afin d��viter les ger�ures.

A c�t� des roues qui supportent la tortue, il faut placer des coins qui la maintiendront fermement assise. De cette mani�re, les essieux des roues ne supporteront pas seuls tout le poids de la machine, et elle ne sera pas expos�e � glisser par suite des secousses du b�lier. Quant on voudra d�placer la tortue, on chassera les coins.

� 4. - Du b�lier et de ses effets.

Les murs en pierres sont plus promptement �branl�s que ceux de briques; car le peu de duret� de la brique amortit le choc, et elle se creuse plut�t qu�elle ne se brise; la pierre, an contraire, r�siste et re�oit un choc violent qui la brise; cela arrive surtout aux portes, aux angles des tours, et � tous les autres points qui ne sont pas soutenus par une grande �paisseur.

La figure ci-apr�s d�montre ce qui en est.

 

Le b�lier le plus grand, le plus long, ayant le point de suspension le plus �lev�, a plus d�effet que ceux qui ne sont pas �tablis dans les m�mes conditions. Si donc on n�a qu�une petite poutre, il faut la suspendre de mani�re � augmenter la longueur de la partie qui donne le coup; � l�autre extr�mit�, pour maintenir l��quilibre, il faut clouer des masses de plomb, qui augmenteront de beaucoup la force et le poids.

La figure est ci-dessous.

� 5. - Des b�liers en plusieurs pi�ces.

Si l�on a plusieurs pi�ces de bois courtes, en les r�unissant par deux ou par trois, on en composera un grand b�lier;

Les assemblages des bois doivent �tre �cliss�s avec quatre autres pi�ces de deux palmes (0,154 m) de longueur, ce qui ne dispensera pas de clouer les bois ensemble.[24]

Les extr�mit�s devront �tre r�unies avec des cordes de chanvre, et les bois devront �tre coinc�s sous les cordes avec des coins d�lard�s, afin que leurs ar�tes vives ne coupent pas la corde.

C�est ainsi qu�on arrivera � remplacer une seule grande pi�ce de bois par plusieurs assembl�es. La figure est ci-dessous.

Il faut n�anmoins, afin que le poids ne fasse pas rompre la ligature des pi�ces de bois, avoir deux ou trois points de suspension, le b�lier se maintient en effet alors, ind�pendamment des �clisses et des clous, comme s�il �tait d�une seule pi�ce, chaque poutre �tant support�e par sa propre suspension. La figure est ci-dessous, et les descriptions sont plac�es plus haut.

Les trois parties reculeront et avanceront ensemble, ne faisant qu�un et n��prouveront aucune variation dans leur mouvement.

Il n�en faut pas moins recourir � l��clissage aux clous et aux brides en cordages; car ainsi les poutres ne se choqueront pas entre elles; et le mur ne sera pas frapp� par une seule; �tant unies, il se produira, par la r�union des trois parties, un choc violent et sans perte de force.

� 6. - De la t�te du b�lier.

La t�te du b�lier recevra (une garniture semblable �) une enclume, jusqu�� la moiti� de la longueur de laquelle il p�n�trera; une frette en fer entourera l�extr�mit�, de crainte que le choc ne fasse �clater le bois.

� 7. - Du nombre de points de suspension.

Tous les b�liers, m�me ceux d�une seule pi�ce, doivent avoir deux points de suspension peu distants l�un de l�autre, dans le but d�emp�cher que la poutre, suspendue en un seul point, n�oscille comme un fl�au de balance.


 

CHAPITRE VI.

DES OBSERVATOIRES.[25]

Si nous voulons conna�tre l��paisseur des remparts, ce qui se trouve derri�re eux, ce que font les ennemis, quel est leur nombre, nous rendre compte des circonstances et des lieux, nous construirons un observatoire de la mani�re suivante:

Deux poutres quadrangulaires, bien dress�es d�un c�t�,[26] sont plac�es verticalement sur des longrines, en laissant entre elles un intervalle �gal � leur �paisseur;[27] entre ces longrines, on place une traverse sur le sol, dans l�alignement des premi�res poutres verticales; quatre arcs-boutants partant du sommet de ces derni�res les consolident, [s�appuyant] sur l�extr�mit� [longrines]. Quant aux pi�ces verticales, l�espace qui les s�pare est occup� par deux pi�ces de bois de deux palmes (0,154 m) d��paisseur, bien dress�es d�un c�t�, distantes entre elles de trois pieds au moins. Ces derni�res pi�ces doivent �tre reli�es au moyen de barreaux qui les traversent et �tre de la m�me longueur; elles doivent d�passer [les pi�ces verticales], d�un c�t� des deux cinqui�mes de leur longueur totale, et de l�autre des trois cinqui�mes.[28] Les extr�mit�s de ces leviers[29] sont perc�es, pour recevoir, du c�t� o� la longueur est des deux cinqui�mes, une �chelle l�g�re reli�e de m�me au moyen de clavettes, et de l�autre c�t� une pi�ce de bois servant � tirer, dont la longueur ne doit pas d�passer huit pieds.

Il arrive alors que, en relevant l�extr�mit� qui la supporte, l��chelle-guetteur se dresse sur le champ, et elle reste toujours verticale, parce qu�elle est retende par les deux leviers.

La hauteur des montants verticaux doit �tre le tiers de celle du rempart, celle des leviers � peu pr�s la m�me et celle de l��chelle la moiti� [de cette m�me hauteur]; ainsi l�addition de ces trois hauteurs �l�ve l�observatoire au dessus du mur.

On doit �tablir en haut, � l�extr�mit� de l��chelle, une esp�ce d�abri semblable � un bouclier, pour pr�server les hommes de l�atteinte des arcs et des frondes.

Voici les figures de l�observatoire couch� et dress�.[30]

Il faudra en outre installer quatre cordages, attach�s aux extr�mit�s sup�rieures des montants verticaux et fix�s au sol par des piquets en fer ou en bois nombreux et espac�s: [ils emp�cheront] que la machine tout enti�re ne vacille par l�effet de son poids.


 

CHAPITRE VII

DE LA CONSTRUCTION DES TOURS PR�S DU REMPART.

� 1. - Construction de la tour.

Si nous avons � construire des tours pr�s des remparts, assez loin de ceux-ci pour n��tre pas atteintes par les projectiles de la place, nous les �tablirons de la mani�re suivante, avec de petites pi�ces de bois et mont�es sur des roues.

On assemble deux pi�ces de bois �quarries, � section rectangulaire,[31] et parall�les dans le sens de la largeur, couch�es deux � deux sur l��paisseur aplanie;[32] elles auront seize pieds de longueur, un pied et quart (0,39 m environ) de largeur, et une �paisseur de douze doigts (0,23 m).

Si l�on veut construire une tour plus grande, de quarante pieds et plus, il faudra augmenter les longueurs, les �paisseurs et les largeurs.

Ces pi�ces de bois couch�es deux � deux (moises), espac�es entre elles de douze doigts, et aux extr�mit�s d�un pied environ,[33] re�oivent deux pi�ces de bois verticales, qui descendent jusqu�au niveau du sol, d�une longueur de seize pieds, d�une �paisseur de douze doigts,[34] et d�une largeur d�un pied et quart.

A ces derni�res pi�ces de bois sont fix�s par des clous des rev�tements en planches se recouvrant � �cailles, des traverses, et des barres qui les maintiennent verticales; � chacun de ces montants verticaux, qui sont au nombre de quatre, on accole deux pi�ces de bois de m�me largeur et de m�me �paisseur, d�une hauteur de neuf pieds; ces pi�ces, au nombre de huit, sont fix�es sur les moises du bas, et elles sont reli�es avec des clous entre elles et avec les montants au moyen de r�gles;[35] et ainsi chaque montant se compose de trois pi�ces;[36] on pose � la partie sup�rieure des moises semblables et parall�les � celles du bas; et l�on place encore sur les premi�res moises inf�rieures deux traverses par dessus;[37] pr�s des piliers, de deux en deux, on place d�autres pi�ces, compl�tant le carr� et achevant la base inf�rieure; et on les relie avec des planches en recouvrement et des couvre-joints; et ainsi les quatre c�t�s sont achev�s.

La longueur des moises sup�rieures doit �tre �gale � celles des premi�res, afin que les quatre piliers soient �galement distants entre eux de tous les c�t�s.

Dans la partie o� les pi�ces du bas qui re�oivent les montants s��cartent, on place des roues plus �lev�es que la largeur des moises, d�passant par en bas, �levant de terre les cours de moises, de mani�re que tout l�assemblage puisse se tourner et se d�placer.

De la m�me mani�re, aux moises sup�rieures qui relient les montants, on fixe des longrines et des traverses comme en bas, pour r�p�ter en haut le m�me travail qui existe au premier �tage. Ces longrines et ces traverses doivent avoir une longueur d�un pied de moins que dans le bas, pour que l�ouvrage entier ait du fruit et de la pente, afin d��viter les oscillations dues au poids trop grand du haut, et qu�il ait de l�assiette, par suite de la largeur de sa base.[38] Il n�en faut pas moins, dans la partie sup�rieure, attacher aux angles des cordages, tendus � l�ext�rieur dans le milieu (des c�t�s de la tour), qui, par leur disposition m�me, donnent � la tour une sorte d�assiette plus large ils doivent �tre amarr�s autour de pieux munis de clavettes, ou de clous en fer ou d�organeaux obliques fich�s en terre pour obtenir la tension.

Cela fait, les premiers montants centraux se trouveront d�passer du tiers de leur longueur les fourrures lat�rales; de la m�me mani�re, ceux qui sont � la suite recevront des pi�ces lat�rales qui d�passeront celles du milieu, et qui auront une hauteur de neuf pieds. Sur le montant central on en place un autre entre les pi�ces lat�rales; et de m�me on dispose � chaque �tage des longrines et des traverses. Le premier montant central n�est pas �gal aux montants lat�raux, pour que leurs joints ne se rencontrent pas, mais que tout l�assemblage soit � joints coup�s, et prenne de la solidit� par l�unit� qui existe entre les pi�ces juxtapos�e.[39]

Des �chelles, plac�es diagonalement sur les traverses de chaque c�t�, recouvriront tout l�ouvrage.

C�est ainsi qu�on peut, avec un petit nombre de pi�ces de bois de faibles dimensions, faire une grande tour, d�une hauteur �gale � celle du rempart; la figure est repr�sent�e ci-dessous.

 

� 2. - Tour avec pont-volant.

La tour ainsi termin�e, il faut donner aux moises de l��tage sup�rieur une grande saillie sur les montants centraux, sur la face tourn�e vers la place; et elles doivent recevoir entre elles deux pi�ces de bois droites, d�une �paisseur �gale � l�intervalle que les moises laissent entre elles, et de la m�me largeur que les pi�ces mois�es, avec une longueur de vingt pieds, ou suffisante pour atteindre le mur, en les laissant retomber.

Elles doivent �tre fix�es aux moises au moyen de clavettes en fer, et il faut y clouer de chaque c�t� des planches jusqu�� hauteur d�homme, afin qu�en cas de besoin on puisse les dresser en les man�uvrant avec de petits cordages fix�s aux montants centraux, et qu�elles puissent ainsi fournir une sorte de parapet aux hommes qui combattent de l�int�rieur de la tour.

En pr�vision des coups obliques, les deux c�t�s, entre les montants centraux, qui naturellement sont en saillie, doivent �tre reli�s au moyen de planches et recouverts de peaux l�ches.

La figure ci-dessous se rapporte � une grande tour; mais elle peut de m�me s�appliquer aux autres.

Quand le moment favorable est venu, on l�che les cordages, les poutres tombent sur le mur, ayant des planches tr�s rapproch�es de la tour.[40] Pour rendre ce passage tout � fait facile, on place des esp�ces de nattes, perc�es de trous, et munies de cordes form�es de petits branchages et ayant la cha�ne en corde ������[41] cela doit n�cessairement �tre ainsi, afin que les nattes, �tant sans liaison entre elles, ne tombent pas en dehors dans le mouvement, et qu��tant r�unies, en se d�roulant elles remplissent le pont, et qu�on puisse facilement les retirer s�il est n�cessaire.

� 3. - Tour supportant un b�lier.

Puis, si l�on veut, on peut placer sur la tour, sur les faces des montants centraux de la partie sup�rieure, des m�ts quadrangulaires, qui supporteront des syst�mes de suspension de b�liers.

Ces b�liers viendront battre les cr�neaux, les disloqueront, et feront abandonner leur poste aux d�fenseurs du rempart; et, si l�on a soin de r�unir par une pi�ce de bois les extr�mit�s des deux b�liers, on pourra renverser ensemble un grand nombre de ceux qui sont sur le mur.

Ces m�ts doivent �tre maintenus au moyen de c�bles fix�s aux montants lat�raux et aux traverses.

La figure est repr�sent�e ci-apr�s.[42]

� 4. - Tour supportant un b�lier double qui forme pont-volant.

Si l�on veut, en �tablissant ces b�liers, qu�ils puissent aussi servir de pont-volant, voici ce qu�il y a � faire.

Ces b�liers parall�les doivent �tre �loign�s du mur, quand ils sont suspendus, afin qu�on puisse difficilement leur nuire par ruse; mais dans leur mouvement et lors du choc, lorsqu�on les fait avancer, on doit y avoir clou� verticalement des montants parall�les, de quatre doigts de largeur, trois d��paisseur, et trois pieds de hauteur. Ces montants doivent �tre reli�s au moyen de deux lisses fix�es avec des chevilles, ces lisses ayant une longueur �gale � la quantit� dont s�avance le b�lier. Il faut aussi sur le c�t� de l�autre b�lier clouer de la m�me mani�re des lisses, pour pouvoir envelopper tous les montants qui se trouvent autour.

Ces montants, quand le b�lier vient frapper les cr�neaux ou leurs d�fenseurs, sont inclin�s sur le corps du b�lier; mais quand on veut passer sur les b�liers, ces montants se rel�vent et se maintiennent verticaux, la lisse �tant tir�e de l�extr�mit� du b�lier de mani�re former une esp�ce de barri�re, qui permet de traverser sans danger; car, le b�lier lanc� porte un homme sur le mur, ou m�me un plus grand nombre, faisant ainsi fonction de pont.

Lorsque les b�liers ne fonctionnent pas, il faut les ramener obliquement par c�t�, pour les �loigner davantage du mur; trop rapproch�s, ils seraient expos�s � des tentatives (de la part de l�ennemi).[43]

� 5. - Tour supportant un fl�au ou moulinet.

On peut aussi � volont� au haut de la tour, sur la face ant�rieure des montants centraux sup�rieurs, placer une traverse, et au milieu de celle-ci et de la traverse inf�rieure, disposer un axe vertical, susceptible d�un mouvement de rotation, et muni d�une longue perche, amincie d�un bout, et d�passant le niveau du mur; la partie post�rieure de cette perche, tourn�e du c�t� de la tour, doit �tre courte, lourde et �paisse, tandis que celle qui est dirig�e vers le mur doit �tre longue, l�g�re et mince, ayant la forme d�une longue �p�e, et faire �quilibre � l�autre.

Cela fait, il arrivera que ceux qui sont dans la tour, mettant en mouvement la petite partie de la perche, feront aussi mouvoir la longue partie � l�autre extr�mit�, et abattront tous ceux qui se tiennent sur le rempart, qui seront renvers�s par la violence du mouvement de rotation; car l�arc de cercle d�crit d�passe et balaie les hommes plac�s sur le mur.

La figure[44] est repr�sent�e, avec l��tage sup�rieur de la tour d�crite plus haut.

Il sera pr�f�rable et plus efficace, au lieu de cet axe vertical, de suspendre une perche � la traverse des montants centraux � la mani�re d�un b�lier, et de la fixer de m�me par le bas � une en taille circulaire, afin que cette esp�ce de b�lier ne vienne pas � vaciller, s�il se mouvait trop librement.

Un axe ne pr�sentera pas les m�mes avantages que ce syst�me de suspension, en ce que cet axe solide ne permet � la perche qu�un seul mouvement, c�est-�-dire la position qu�on lui a donn�e d�s le principe; tandis que la suspension permet de l��lever ou de l�abaisser au besoin.

� 6. - Base artificielle en terrain accident�.

Lorsque le sol qui se trouve sous la tour n�est pas plan, mais qu�il pr�sente des fl�ches, on construira pour la tour un b�ti qui la supportera, en enchev�trant les pi�ces de bois de la m�me mani�re que pour la tour, de fa�on � s�appliquer aux d�clivit�s du sol, et � former une base large pour y placer la tour.

� 7.-Pr�cautions contre l�incendie.

Voici comment on pr�servera la tour du danger d�incendie.

Il faut fixer des planches tout � l�entour, et y suspendre des peaux recouvrant les planches, sans �tre cousues apr�s ces derni�res, de mani�re � envelopper tout l�espace et amortir les traits; elles doivent �tre fix�es au moyen de clous � t�te plate pr�sentant une saillie, et il faut remplir d�argile grasse l�intervalle entre les clous.

Pour les parties expos�es aux projectiles incendiaires, il convient d�avoir, pour faire fonction de tuyaux, des boyaux de b�ufs, qui portent l�eau � la partie sup�rieure; � l�extr�mit� de ces boyaux, on place des outres pleines d�eau, qui �tant press�es, �l�vent l�eau.

Dans le cas o� quelqu�une des parties sup�rieures, difficile � atteindre, viendrait � prendre feu, si l�on n�a pas de ces instruments connus sous le nom de siphons,[45] on se servira �galement de roseaux perc�s, comme ceux des oiseleurs, que l�on disposera dans les points o� il est n�cessaire de leur faire conduire l�eau; et, au moyen d�outres pleines que l�on presse, on la lancera � travers les roseaux jusqu�au point incendi�.


 

CHAPITRE VIII

DES �CHELLES.

� 1. - Consid�rations g�n�rales

De tous les engins mentionn�s plus haut, les �chelles sont les plus commodes, les plus faciles � se procurer et � construire, les plus utiles, et ceux qu�on peut le plus facilement r�parer; mais ce sont aussi les plus expos�s au danger; car ces �chelles sont enti�rement � la merci des d�fenseurs de la place.

Ceux-ci peuvent, en effet, s�emparer sans peine et de l��chelle elle-m�me et des hommes qui en font usage; car, une fois les �chelles approch�es du mur, les assi�g�s peuvent les attirer � eux, les repousser, les briser, ou m�me emp�cher de les mettre en place; quant aux hommes qui y montent, ils sont, d�s le d�but de leur ascension, expos�s au danger des projectiles dirig�s contre eux; une fois parvenus au sommet de l��chelle, ou � une grande partie de la hauteur, d�o� leur chute peut avoir lieu de plus haut, ils sont repouss�s, et tombent avec l��chelle; ou encore, on les accable de projectiles d�un poids consid�rable lorsqu�ils sont sur le point d�atteindre le rempart, et ils sont pr�cipit�s sur le sol.

Il n�existe pas de moyen pratique de prot�ger ces hommes, parce qu�ils sont toujours plac�s en contrebas de l�ennemi, solidement �tabli sur le haut du rempart, tandis qu�eux situ�s plus bas, ne forment qu�une file �troite sur les degr�s de l��chelle, et ils ont en outre le d�savantage d��tre priv�s de l�usage de leurs mains.

Aussi est-il n�cessaire avant tout que ces �chelles soient con�ues de mani�re � �tre faciles � se procurer, � construire et � transporter, compos�es de petites pi�ces de bois, et dispos�es de mani�re � d�passer le mur de trois pieds au moins.[46]

� 2. - Construction et assemblage des �chelles.

On doit donner � chacune de ces �chelles une longueur de douze pieds, et les construire en bois de fr�ne, de h�tre, d�orme, de charme, ou tout autre semblable, l�ger et r�sistant. Car il faut que les �chelles puissent suivre l�arm�e toutes faites, comme les armes, et qu�elles n�aient ni trop de volume ni trop de poids.

Les �chelles doivent toutes �tre reli�es entre elles (deux � deux) par deux �chelons, les deux premiers et les deux derniers.

Les premi�res doivent avoir de plus que les secondes, en largeur, l��paisseur des deux montants; les secondes doivent �tre de m�me par rapport aux troisi�mes, et celles-ci par rapport aux quatri�mes.

Si le rempart est assez �lev� pour n�cessiter l�assemblage de quatre �chelles, ou plus, on les ajustera de la mani�re suivante

On fait entrer les deux montants de la seconde �chelle dans l�intervalle de ceux de la premi�re, et on fait correspondre les deux premiers �chelons de la premi�re avec les deux derniers de la seconde, de mani�re � les relier au moyen de clavettes en fer ou en bois; il faut que les abouts des �chelles soient cercl�s de lames de fer sur toute leur longueur � partir de l�extr�mit�, pour que, par suite du poids qui les charge, les trous des clavettes ne les fassent pas fendre; et les �chelles doivent de chaque c�t� �tre assembl�es et r�unies: avec ces soins on arrivera toujours � construire une longue �chelle.

Les premiers �chelons, ceux du milieu et les derniers, entour�s de lames de fer, sont clou�s sur les montants.

On assemble les �chelles de la mani�re suivante:

La derni�re se place verticalement; on l�assemble avec la seconde, et on pose une clavette; � c�t� de l��chelle, on dispose une pi�ce de bois peu �lev�e, munie d�une traverse retenue par quatre c�bles, de mani�re � rester verticale. Lorsqu�on tire cette pi�ce de bois plac�e contre la premi�re �chelle, elle la fait suivre, ainsi que celle qui y est li�e par une clavette; et celle-ci est assez �lev�e pour se maintenir d�aplomb, de mani�re � recevoir une seconde clavette ; et les deux �chelles n�en forment plus qu�une. De m�me pour la troisi�me �chelle on la fixe par une seule clavette, on l��l�ve au moyen de la poutre transversale, on la dresse, et on pose la seconde clavette.

Pour que les �chelles ne vacillent pas d�en haut, on y adapte dans le sens de la largeur quatre c�bles, qui les pr�servent provisoirement de l�oscillation.

De m�me, on fera suivre la quatri�me, si la hauteur l�exige; les quatre �chelles se comporteront alors comme une seule �chelle droite.

On doit placer sous la premi�re �chelle une poutre l�g�rement arrondie, sur laquelle elle s�adaptera au moyen de barillets et de clavettes; cette poutre aura une �paisseur d�un demi pied � douze doigts (0,16 m � 0,23 m), et une longueur de quinze pieds; � ses extr�mit�s, il faut poser des arcs-boutants form�s de pi�ces de bois clou�es, qui seront inclin�es contre les montants de l��chelle, de mani�re � emp�cher les oscillations dans un sens ou dans l�autre. Contre cette poutre, on fiche en terre deux pieux de chaque c�t�, afin de pouvoir tourner et incliner l��chelle sans la renverser.

Les soldats se tiendront sur les �chelles,[47] et lorsque le moment sera venu, on les inclinera toutes, et ils fondront en foule sur l�ennemi.

Dans le bas, il faut avoir des c�bles plac�s en arri�re, et tendus au moyen de machines, afin que si le choc �tait trop violent, on puisse ramener en arri�re loin du rempart les �chelles retenues par ces c�bles.

� 3. - Fl�au assembl� sur les �chelles.

Il faut aussi, soit sur les �chelles, soit sur un bras qui les d�passe de cinq pieds, suspendre une longue planche semblable � une vergue de vaisseau; on peut aussi placer deux bras en saillie, avec une barre assembl�e avec eux, et suspendre cette planche au milieu � la mani�re d�un joug de b�uf.

Mais, comme pour cela il faut de longues planches, et que les longues pi�ces ne sont pas faciles � se procurer, on peut en prendre une de vingt pieds au moins, avec laquelle on en assemblera en longueur une autre de vingt pieds, de mani�re que les deux ensemble donnent une longueur totale de quarante pieds. La largeur de ces pi�ces doit �tre d�au moins un pied, et �paisseur de deux doigts au moins. Puis, se reculant de douze pieds, il faut assembler de chaque c�t� deux planches de vingt pieds, et on compl�te la longueur au moyen de deux autres de huit pieds pos�es � la suite [des secondes de vingt pieds]; puis, se retirant encore de vingt-six pieds (par rapport aux premi�res planches), on en place par-dessous deux de quatorze pieds.

Les planches seront ainsi juxtapos�es, une de douze pieds d� passant, puis les secondes de quatorze pieds, avec trois planches d��paisseur; enfin les troisi�mes, �galement de quatorze pieds de longueur, avec cinq planches d��paisseur. L�assemblage doit �tre r�gulier; puis on les perce dans leur milieu. Elles doivent �tre distantes entre elles de deux doigts et demi.[48]

Tout le syst�me doit �tre reli� de chaque c�t� au moyen de cordes ou de nerfs tendus avec soin et coinc�s, et s�engageant dans de petites encoches pratiqu�es dans les planches, afin que le lien ne glisse pas; il est encore pr�f�rable de se servir d��clisses clou�es, pour que tout l�ensemble soit consolid� sans entailler les planches et que l�ouvrage entier pr�sente une forme plus �troite.[49]

Il faut suspendre cet engin � douze pieds[50] de la partie la plus �paisse, �galement avec des anses clou�es de chaque c�t�, afin que la suspension reste en place, et que la plus grande longueur fasse exactement �quilibre � l�autre, ou que le poids de cette longueur ne donne qu�un faible exc�dent.

On doit, en outre, disposer � l�extr�mit� de la partie la plus �paisse un c�ble, distant de douze pieds du point de suspension; de m�me un autre de l�autre c�t� de ce m�me point, � cette m�me distance de douze pieds.

(Au moyen de l�appareil qui vient d��tre d�crit), il arrivera que, en tirant le c�ble sup�rieur, (celui de la partie la plus �paisse), tout le syst�me de planches sera soulev�, et qu�en l�chant le c�ble, elles retomberont violemment; surtout si l�on vient en aide � l�action de la gravit� en tirant l�autre c�ble; et l�on pourra ainsi renverser tous les hommes qui se trouveront sur le rempart.

Il est bon de clouer des lames de fer tout autour des c�t�s de la premi�re planche (celle qui d�passe de douze pieds), afin d��viter qu�elle se fende.

Cette planche, compos�e et organis�e comme des antennes de navire, est susceptible d��tre man�uvr�e non seulement vers le haut et vers le bas, mais aussi de chaque c�t�, de mani�re � pouvoir l�abattre, non sur un seul point, mais sur plusieurs.

Ci-dessous est la figure de l�ensemble des planches, ainsi que de la suspension.

� 4. - Appareil pour verser des liquides br�lants sur les remparts

On rel�ve dans ce cas les deux bras lat�raux de l��chelle on passe la traverse qui les lie, et on y suspend une longue perche amincie � une extr�mit�, et entaill�e suivant une rainure semi circulaire, pr�sentant la forme d�une goutti�re; sa longueur ne doit pas �tre inf�rieure � trente pieds.

Elle doit �tre suspendue � huit pieds de hauteur, et l�extr�mit� la plus courte doit �tre retenue par des c�bles, afin d��viter que le long bras vacille trop fortement, et de permettre, au moyen des c�bles, de l�incliner �. volont�. Il faut disposer autour du point de suspension des (plaques en forme de) joues, fix�es avec des clous, de mani�re �. recevoir facilement les liquides qui seront vers�s (sur la perche).

Il arriver alors que, si l�on met de l�eau dans l�appareil, elle s��coulera tout le long de la goutti�re; mais, pour qu�elle ne s��coule pas en masse comme dans un siphon, il faut suspendre dans la rainure une plaque d�airain perc�e de trous, de telle sorte que le courant soit partag�, et, se r�pandant, occupe un plus grand espace.

Le liquide qu�on emploiera sera de l�huile bouillante, ou de l�eau chaude, plus facile �. se procurer; en tombant sur la poitrine des assi�g�s, elle les br�lera.

On fera arriver sur l��chelle l�eau ou l�huile chaude, dans des vases d�airain, au moyen d�un c�ble enroul� sur une poulie suspendue �. la partie sup�rieure de l��chelle; l�extr�mit� de ce c�ble doit arriver jusqu�au niveau du sol; �. chacune de ses extr�mit�s, on disposera des seaux, soit de jonc tress�, soit d�airain, soit de bois, peu importe, sur lesquels on placera les vases renfermant le liquide chaud. Il arrivera, en cons�quence, que, lorsqu�on attirera le seau vers le haut, celui qui est plein montera, et le vide redescendra; et, faisant ainsi sans s�arr�ter, ira toujours se remplir de liquide.[51]

Dans le cas o� l�on n�a pas de perche convenable, deux planches assembl�es avec soin peuvent faire le m�me effet, ou de longues lames de fer concaves, assembl�es bout � bout pour augmenter leur longueur.

Si ni la perche ni le tuyau ne peuvent atteindre le mur, on incline l��chelle, de fa�on � la faire avancer de chaque c�t�; car ce genre de liaison est susceptible de mouvement dans tous les sens.

La figure est ci-dessous.

� 5. - Echelles portant un b�lier.

On assemble, en avant de la tour qui porte le b�lier, deux �chelles, assez �loign�es l�une de l�autre vers le pied, un peu plus �paisses que les premi�res, et se rapprochant vers le haut, en conservant un �cartement de six pieds au moins; elles ne doivent pas �tre tourn�es du c�t� du rempart.

Dans la partie sup�rieure, du troisi�me �chelon de l�une au troisi�me �chelon de l�autre, on dispose un plancher form� de poutres et de planches; puis, � dix-huit ou vingt pieds (plus bas), d�autres �chelons re�oivent un plancher, mais qui ne doit pas r�gner sur toute la largeur, car il faut laisser sans �tre planch�i�e la place de l��chelle destin�e � l�ascension. De chaque c�t� des �chelles, on doit placer des chevilles en saillie, qui permettent de planch�ier sur une �tendue plus large que l�intervalle des �chelles.

C�est alors qu�on �tablira un b�lier suspendu au plancher sup�rieur au moyen de deux points de suspension bien exactement de niveau, afin que les hommes qui sont mont�s sur les �tages sup�rieurs puissent combattre au moyen du b�lier; car tout poids trop �lev� ou trop d�gag� est facile � briser; et, au moyen de ce b�lier, les hommes pourront, gr�ce � sa forme carr�e, arriver jusqu�au rempart, en pla�ant, ainsi qu�il a �t� d�j� expliqu�, des balustrades de chaque c�t�;[52] en effet, ces m�mes �chelles ne vacillent pas � leurs extr�mit�s, mais conservent un �cartement constant.

La figure est repr�sent�e ci-dessous.

Seconde disposition.[53] - On peut donner aussi aux �chelles une autre disposition, en les pla�ant parall�lement au rempart; alors, elles ne sont pas espac�es de la m�me mani�re que dans le premier cas, mais parall�les entre elles, tout en �tant munies d��tages comme les pr�c�dentes. Elles n�en diff�rent qu�en un point; au lieu d�un seul b�lier plac� entre elles, on en met deux, dispos�s ext�rieurement, sur les deux faces.

Une fois que ces deux b�liers ont eu quelque effet, ayant renvers� ou bris� les obstacles qui leur �taient oppos�s, en rel�chant les c�bles � l�arri�re, on fait avancer les deux �chelles vers le mur; l�une d�elles vient s�y appliquer, tandis que l�autre s�en tient � une distance �gale � l��cartement qu�on a donn� aux deux �chelles.

Troisi�me disposition. - Dans cette disposition comme dans la premi�re, tandis que les hommes charg�s du b�lier font leur service, les soldats qui sont sur le plancher sup�rieur harc�lent l�ennemi en combattant, se retranchant derri�re les deux premiers �chelons, recouverts de peaux, qui leur fournissent un abri semblable aux cr�neaux d�un rempart.

Ces �chelles doubles seront d�une grande utilit� pour porter secours et pour la man�uvre, si dans chacune des �chelles r�unies on m�nage entre les chevilles plac�es au m�me niveau des incisions de chaque c�t�, dispos�es de mani�re � ne garder entre elles que l�intervalle qui existe entre les �chelles, de mani�re � ne pouvoir ni s��carter ni se briser. Pour que leur �carte ment ne puisse s�accro�tre au-del� de la limite adopt�e, il faut clouer d�avance aux perches qui servent de montants, et de distance en distance, des anses qui se rapprochent au moyen d�un mouvement circulaire, et compriment l�incision faite dans la cheville.

Ensuite, le b�lier que portent les �chelles en leur milieu recevra � sa partie sup�rieure deux planches carr�es dispos�es comme des joues; ces planches seront perc�es et recevront des chevilles et des tresses de nerfs; on placera au milieu de ce faisceau un long bras, comme ceux qui existent dans les lithoboles monancones, que certains auteurs appellent des frondes; ce bras retenu par un c�ble formant d�tente, une fois envoy� violemment contre le mur, frappera les d�fenseurs du rempart � la mani�re d�une monancone, et fera de grands ravages parmi ceux qui se trouvent sur le mur.


 

CHAPITRE IX

DE LA MANI�RE D��TABLIR SUR UN FLEUVE UN PONT QUI PUISSE AU BESOIN SERVIR DE PASSAGE

� 1. - Construction du pont.

Il faut construire un radeau dont la longueur soit sup�rieure la largeur du fleuve, et le composer de planches qui ne soient pas r�unies par des clous joints trop exactement, de crainte que par suite des efforts du courant dans diverses directions, il ne s��carte et se brise mais, en plusieurs points, on doit le consolider au moyen de c�bles et avec des clous plant�s en petit nombre.

La partie du b�ti qui est tourn�e vers le fleuve pr�sentera une sorte de rempart en bois assembl� � charni�res, d�une hauteur de douze pieds, fix� au moyen de montants droits, reli�s par des clous � des planches en �charpe.

Il faut aussi suspendre des peaux sur la face du rempart, et appliquer � l�int�rieur des �chelles dont les montants doivent �tre travers�s aux deux extr�mit�s de chevilles rondes; les unes, appuy�es sur le rempart, doivent avoir leurs charni�res sur les pi�ces verticales; les autres doivent �tre fix�es au sol, afin que la paroi soit consolid�e par l�obliquit� des �chelles (formant arcs boutants), et se maintienne d�aplomb. Des hommes, situ�s sur ces �chelles, combattront, se trouvant � une hauteur qui dominera les cr�neaux de l�ennemi situ�s en face d�eux.

Ce rempart ne doit pas �tre d�une seule pi�ce, afin qu�au besoin une des parties reste en place, tandis que l�autre se rabat. Dans le cas o� il deviendrait n�cessaire que le tout s�abaisse, nous le ferons ainsi qu�il suit, en rabattant toutes les �chelles � l�int�rieur � partir du sol.

� 2. - Lancement du pont.

Reliant ce radeau avec des c�bles � des pieux plac�s en dessous, loin du bord, nous le pousserons de l�amont (en l�chant les c�bles), vers la partie aval du fleuve. L�angle du radeau une fois d�li�, il s�ouvre � travers l�eau, par l�effet du courant lui-m�me, une sorte de porte remplie par l�appareil m�me, et son extr�mit� parvient jusqu�� la rive oppos�e; car, lorsque le radeau a pass�, sa largeur ne peut pas opposer de r�sistance � la force du courant, puisque nous avons expos� plus haut que la longueur du radeau �tait sup�rieure � la largeur du fleuve.

A cette extr�mit� se trouvent dans la partie inf�rieure du b�ti de grandes cuves, et on assemble le tout avec soin au moyen de pieux en bois; on rattache le b�ti, de mani�re que les c�bles ne se voient pas, et on obtient la figure ci-dessous.

� 3. - Attaque de la place.

Le radeau ainsi �tabli, en cas de combat, l�ouvrage se d�tache par l�extr�mit� (du c�t� des assi�geants); le courant agit sur le radeau plac� obliquement, et vient le placer parall�lement �. l�autre rive, tout l�ensemble �tant ainsi dispos� et pr�t. Les hommes, montant sur les �chelles, combattront bravement, comme du haut d�un rempart.

Quant cette rencontre aura repouss� l�ennemi, on d�tachera les liens qui retiennent au plancher du radeau le pied des �chelles, le rempart (en charpente) se rabattra peu �. peu (vers la place), pendant qu�on tirera les �chelles par dessous, et l�ensemble fera une sorte de gradin pour franchir l�espace interm�diaire: on formera ainsi un passage continu pour la marche.

On doit �galement m�nager secr�tement des ouvertures dans la partie inf�rieure du rempart du radeau, de mani�re � pouvoir envoyer des javelots et des traits sur l�ennemi, en cachant les combattants, et se pr�senter sur deux rangs contre l�assi�g�, qui n�a qu�un front, suivant la premi�re figure ci-dessous.[54]

Nous figurons aussi une �l�vation de l�appareil, afin de bien montrer la disposition des �chelles et celle du rempart.

Dans le cas o� il serait n�cessaire de r�parer le pont, qui serait venu � s�entrouvrir par la force du courant, il ne faudrait pas se porter en masse sur la rive ennemie ni au point de brisure, mais rattacher l�ouvrage en partant du bord que l�on occupe, et avancer de proche en proche, pour pouvoir parvenir en s�ret� au point menac�.

 

 

Ernest Lacoste.


 

[1] Ces figures, ex�cut�es pour l�ouvrage de M. Wescher d�apr�s les dessins en couleur, � grande �chelle, du manuscrit Mynas, ont �t� obligeamment pr�t�es � la Revue des Etudes Grecques par l�Imprimerie Nationale. Nous prions M. le Directeur de l�imprimerie d�agr�er ici tous nos remerciements.

[2] Le recueil de Th�venot contient, en outre, deux trait�s de H�ron sur les Pneumatiques et les Automates.

[3] A. de Rochas, La Poliorc�tique des Grecs. Paris, 1811; Graux et de Rochas, Philon de Byzance: Trait� de fortification (Revue de Philologie 1877). Le g�n�ral de Reffye et M. Vincent (de l�institut) ont fait, mais non publi�, chacun de son c�t�, les trait�s de H�ron et de Philon sur les machines de trait. M. Prou et M. Vincent ont publi� chacun une traduction de la Chirobaliste de H�ron.

[4] L�ob�lisque de la place de la Concorde ne p�se que 250 tonnes ; le poids de la statue de Memnon est estim� � 1.600 tonnes.

[5] Hist. Rom. I, 69. Traduction Gros et Boiss�e.

[6] Ce livre de H�ron de Constantinople ne figure pas dans le recueil de Th�venot; en 1572 Barozzi en a publi� � Venise une traduction latine. En 1867, M. Wescher en a publi� le texte grec, dans son recueil imprim� � l�imprimerie imp�riale. M. Th. Henry Martin en a traduit un certain nombre de passages dans son �tude sur les ing�nieurs du nom de H�ron (M�m. de l�Ac. des I. et B. L.: Savants �trangers, 1854).

[7] Ces discussions devaient faire partie des instructions verbales donn�es � l�aide, car les manuscrits grecs n�en font pas mention.

[8] Tortues destin�es � supporter le b�lier; cette machine et plusieurs autres �num�r�es par Apollodore ont �t� d�crites compl�tement par Ath�n�e. (Recueil � la m�moire de Ch. Graux).

[9] Nous avons report� � sa place naturelle le titre plac� plus bas (avant les foss�s palissad�s) par les manuscrits grecs.

[10] Ce proc�d� est analogue aux barrages en clayonnages construits par l�administration foresti�re pour l�extinction des torrents des Alpes.

[11] Pour ce passage, un peu obscur chez Apollodore, j�ai traduit en me basant sur la description de cette machine donn�e par H�ron de Constantinople (Chapitre 1er).

[12] Le grec dit une tunique; nous dirions encore aujourd�hui dans le m�me sens, que les hommes sont couverts par la largeur des tortues, ou mieux, dans tout l�angle form� par le coin.

[13] Nous avons cru pouvoir rendre par le mot berceau le grec ampeloz en latin Vinea qui signifie berceau de vigne, tonnelle, gloriette; il para�t naturel de rendre par le mot fran�ais correspondant l�id�e qui a pr�sid� en grec au nom de la machine. Pour ces tortues, voir C�sar, B. C. II, 2; Tite-Live, XXXVII, 6; V�g�ce, R. M., IV, 5, et la figure ci-contre extraite de H�ron de Constantinople.

 

[14] Le texte grec pr�sente ici une lacune, pour laquelle M. Wescher propose une restitution que nous avons suivie; cette lacune ne semble d�ailleurs �tre que de trois ou quatre mots. Le manuscrit de Bologne indique en outre l��paisseur des perches, qui devait �tre de douze doigts (0,23 m).

[15] C�est-�-dire sur la grande face tourn�e vers la place et sur les deux petites faces lat�rales.

[16] C�est-�-dire la double pente destin�e � �carter les projectiles.

[17] Le Dictionnaire des Antiquit�s romaines et grecques d�Anthony Rich, au mot Vinea, donne une hauteur de 2,45 m et une longueur de 4,90 m.

[18] La figure n�indique en r�alit� qu�une seule tortue sur les trois qui sont annonc�es.

[19] Nous traduisons ici parastathz par cadre. Ce mot est pris dans divers sens particuliers par les ing�nieurs grecs ; mais tous ces sens, conform�ment � l��tymologie, indiquent les pi�ces de renfort, plac�es contre d�autres pi�ces. Ici, il s�agit �videmment d�un cadre horizontal qui re�oit sur la traverse la plus �loign�e du mur, � la mani�re d�une sabli�re, les abouts int�rieurs des chevrons (loxa xula, bois obliques); les deux longrines perpendiculaires au mur re�oivent des arcs-boutants (ereidonta  xula) qui contrefichent les chevrons ext�rieurs, et sont l�g�rement en fruit, de mani�re que les parements lat�raux ne soient pas verticaux.

[20] Le grec porte: une planche devant �tre plac�e en haut et en bas; nous avons donn� � ces planches les noms usit�s dans les travaux modernes de charpente.

[21] Le texte grec porte � ast�risques � (asteriskoi). H�ron de Constantinople (chapitre VII, page 221 du texte du Wescher et figure LXXXVIII, p. 222) que nous reproduisons ci-contre),

 

 dit: S�il (le cylindre) re�oit, � la mani�re de treuil de puits, des petites barres le traversant en croix par le milieu, que quelques uns appellent, � cause de la forme de la figure, des ast�risques... Cette disposition �tait identique � celle de nos cabestans, ou de nos treuils de haquet.

[22] En grec � Tortue criophore � ou porte-b�lier.

[23] Il y a l� une erreur �vidente clans les manuscrits: il s�agit ici de fourrures destin�es � prot�ger  les c�t�s de la machine, dans la partie correspondante � la hauteur des roues

[24] L�auteur semble indiquer que les bois devront �tre assembl�s par bout, soit � queue d�aronde, soit � trait de Jupiter, puis clou�s, et enfin �cliss�s mais la figure ne donne pas le d�tail de l�assemblage, incompl�tement d�crit dans le texte.

[25] En grec des �chelles dites guetteurs, skopoi;celui qui regarde, en latin spectator.

[26] Les lexiques traduisent en g�n�ral ce mot par large d�un c�t�; mais il est difficile de voir l� un sens acceptable et il semble bien pr�f�rable de se ranger � l�opinion de Th�venot, qui voit l� des madriers dont une face est plan�e avec soin altera parte laevigata.

[27] Il y a l� dans le texte une erreur �vidente; il r�sulte en effet des lignes suivantes que l�intervalle de ces montants, dans lequel doit se placer l��chelle, est de trois pieds et demi au minimum.

[28] Litt�ralement : que sur une partie (d�un c�t�) deux parties de leur longueur d�passent, et sur l�autre trois parties. Nous croyons que c�est l� la seule explication raisonnable, car la traduction de Th�venot n�a pas le sens commun: les deux tiers d�une part, et les trois quarts de l�autre.

[29] Qui forment en m�me temps les montants de l��chelle.

[30] Ces figures sont donn�es plus haut; nous pla�ons ici celles de H�ron de Constantinople, qui donne de cet appareil une description tr�s compl�te.

[31] Litt�ralement � quatre faces d��paisseur diff�rente; le sens que nous indiquons est confirm� par les dimensions sp�cifi�es plus bas : un pied et quart de largeur, et douze doigts d��paisseur.

[32] Il s�agit �videmment ici de moises horizontales, formant le b�ti inf�rieur de la tour.

[33] C�est-�-dire que les moises, espac�es de douze doigts, soit environ 0, 23 m, doivent �tre, � leurs extr�mit�s, en dehors des poteaux d�angle, l�g�rement entaill�es, de mani�re � pr�senter entre elles un espace libre d�environ un pied (0,30 � 0,32 m), qui permette l�insertion et le jeu d�une roue.

[34] �paisseur �gale � l��paisseur des moises, dans lesquelles s�encastrent les montants.

[35] Il s�agit ici sans doute de couvre-joints.

[36] Les montants n�auraient pas, en effet, une r�sistance suffisante, s�ils �taient d�une seule pi�ce, � moins d�employer des bois d�une dimension difficile � se procurer et d�un emploi peu pratique en campagne; aussi l�auteur conseilla avec raison de les faire en plusieurs pi�ces accol�es.

[37] Pour compl�ter le carr�, l�auteur ne nous ayant encore parl� que des deux faces comprenant les incises.

[38] C�est-�-dire que les �tages successifs de la tour doivent �tre en retrait les uns sur les autres. Il est cependant � remarquer que les divers manuscrits d�Apollodore n�indiquent nullement, dans les figures qui y sont ins�r�es, cette disposition, d�ailleurs parfaitement rationnelle: la figure ci-contre qui la donne, est emprunt�e � H�ron de Constantinople.

 

 

[39] Cette disposition, absolument logique, est en contradiction avec un passage pr�c�dent, o� il est dit que l�ouvrage doit avoir du fruit, au moyen de retraites � chaque �tage ou tout au moins de distance en distance; mais elle concorde avec la recommandation vue plus haut de maintenir le parall�lisme des montants, il semble que, par suite de l�imperfection des manuscrits, il y ait une sorte de m�lange de description de deux types de tours, l�une absolument droite, et l�autre avec �tages en retraites successives.

[40] Formant plancher dans la partie en saillie des moises sup�rieures.

[41] Ces nattes ont, comme texture, une certaine analogie avec les stores en bois employ�s de nos jours. Il existe ici dans les manuscrits grecs une lacune, qui semble peu importante.

[42] Voir la figure suivante, celle qui est annonc�e n�existant pas � cette place dans les manuscrits.

[43] Cette figure s�applique �galement � la tour avec b�lier ordinaire.

[44] La figure, qui, dans les manuscrits, est rejet�e � la fin du chapitre des tours, donne, au lieu de cette disposition, celle qui est d�crite plus bas, et dans laquelle la perche est suspendue � la mani�re d�un b�lier.

[45] Il s�agit sans doute ici de pompes. H�ron, d�Alexandrie, dans ses Pneumatiques, donne une description tr�s compl�te de la pompe aspirante et foulante, aussi parfaite en principe sinon dans les d�tails d�ex�cution, que celles dont on fait usage aujourd�hui.

[46] Cette phrase ne se d�duit pas logiquement de ce qui pr�c�de, aussi pensons-nous qu�il y a ici dans les manuscrits une lacune ou une transposition.

[47] Les manuscrits et le texte de M. Wescher pr�sentent ici une lacune qui semble peu importante.

[48] Il doit y avoir l� une erreur; en effet, les planches assembl�es doivent �tre jointives, l�auteur n�indiquant aucune fourrure entre elles; � moins qu�il ne s�agisse de jeu laiss� dans la longueur.

[49] muoron schma l�auteur veut dire sans doute que, eu supprimant les liens en corde et les coins qui relient les planches, l�ensemble aura une largeur moins consid�rable.

[50] Plus exactement � douze pieds et six doigts, distance � laquelle se trouve le centre de gravit� de tout le syst�me.

[51] Il r�sulte tr�s nettement du texte que cette disposition est identique � celle des puits, le seau plein remontant, et faisant descendre le vide, qui se remplit dans le bas; mais la figure indique une autre disposition, qui est exactement celle de nos chapelets � augets, employ�e encore couramment pour les norias.

[52] C�est-�-dire que le b�lier, form� d�une poutre �quarrie, peut servir de pont-volant gr�ce aux balustrades dont on le munit : voir plus haut, chap. vii, � 4.

[53] Nous avons report� � leur place naturelle ces deux mots que le texte grec place � tort quelques lignes plus bas.

[54] Cette figure manque dans les manuscrits grecs.