Je profite des vacances pour partager l’article que j’ai écrit pour le magazine l’appel à la rentrée. Bonne lecture.
Comment redéfinir notre identité et notre rapport au monde ?
La responsabilité collective de l’humanité est jugée en ce début d’année
Qu’est-ce que le judaïsme ? La question du « vrai israël » a agité les débuts de la chrétienté comme la naissance de l’Islam. Elle soulève d’ailleurs des remous au sein même du peuple juif. Mais il est trop réducteur de limiter la question à une revendication d’héritage. Le judaïsme n’est pas un objet défini mais un sujet en lui-même qui émerge sans cesse de la confrontation du peuple juif à l’histoire. Il n’est pas exact de dire que « le Judaïsme est la plus ancienne des trois religions monothéistes ». S’il est apparu antérieurement, sa forme actuelle est moderne au même titre que les formes modernes des autres religions.
Edmond Fleg s’exprime ainsi : « Israël n’est pas créé, les hommes le créent ». C’est sans doute pour cela que la Michna rappelle, « l’étude de la Torah équivaut à tous les autres commandements ». L’éducation permanente soutient effectivement l’évolution permanente. Fleg s’inscrit dans la continuité d’une tradition talmudique qui considère que l’homme peut dépasser Dieu, avec son assentiment, et rire de voir le triomphe de ses enfants.
Devenir Israël
Israël en tant qu’entité est symbolisé dans la bible par le personnage de Jacob. Il faudra que Jacob lutte avec Dieu lui-même pour obtenir un nom nouveau et de nouvelles qualités, une bénédiction renouvelée. « Celui qui contourne » deviendra « celui qui domine Dieu ». Ce n’est pas pour des raisons d’héritage génétique ou culturel que Jacob est « élu ». C’est parce que, comme le dit Léo Baeck, il « se choisit lui-même », et lorsqu’il entre en combat, il interroge son attaquant : « dis-moi ton nom » et le retient jusqu’à l’épuisement.
Ceci est vrai au niveau collectif autant qu’au niveau personnel. Les religions, les peuples, les états, les associations, luttent pour trouver leur chemin autant que chacun d’entre nous, à un niveau personnel. En fin de compte, c’est à nous de prendre acte de ce que nous sommes devenus, et de signer nous-mêmes le registre de la vie ainsi que le rappelle la liturgie de Kipour, « jour du grand pardon ».
En ce jour solennel, nous ne luttons pas avec les anges, mais nous faisons mieux encore puisque nous devenons des anges. Habillés de blanc, soustraits à nos besoins nutritionnels, nous prononçons à voix haute la réponse que seules les légions célestes adressent à l’Eternel. Nous considérons en ces jours solennels que nous amender est de la toute première urgence, une question de vie ou de mort.
Ne pas devenir Rav Soussia
Pour nous changer nous-mêmes, il nous faut presque créer un autre moi qui enseignerait au moi présent comment devenir un moi renouvelé. Les fêtes de Tishri jouent ce rôle et nous invitent à faire retour sur nous-mêmes, à prier et à crier, à nous tourner généreusement vers les autres.
Ici encore, tout est question de mesure. Yom Kipour fait monter la tension, mais Roch hachana nous y a préparés, et SimHat Torah vient en faire la catharsis. L’idée n’est pas pour nous de devenir des surhommes nietzschéens, mais simplement d’accomplir nos capacités et de les orienter. C’est un « deviens ce que tu es » sans violence, qui rejoint l’enseignement de notre cher Rav Soussia du légendaire Hassidique. Il sait que lorsqu’il rendra des comptes sur l’usage qu’il aura fait de sa vie, il ne sera pas jugé à l’aune d’Abraham ou de Moïse, mais à la sienne propre, à celle de Rav Soussia.
Que doivent être nos vies ? Viktor Frankel, neurologue, psychiatre, rescapé d’Auschwitz et fondateur de la logothérapie, invite ses patients à ne pas chercher le sens de la vie en tant que tel, dans son essence, mais à chercher au contraire le sens de leur vie propre dans leur propre volonté. Le sens de nos vies sera celui que nous leur donnerons.
Étrangement, le début de l’année juive n’est pas lié à un événement spécifique à notre tradition mais à l’anniversaire (symbolique bien sûr) de la création de l’humanité. C’est donc toute l’humanité qui, d’après la tradition juive, est invitée à se redéfinir et à redéfinir sa relation au monde qui nous accueille.
Floriane CHINSKY, Docteure en Sociologie du Droit, Rabbin du MJLF

Hanouka a également une raison historique, souvent ignorée. Les livres des Machabées, livre apocryphe qui ne nous est parvenu qu’à travers la traduction des septante retrace l’épopée des makabim, de Matatiahou et de ses fils, leaders de la révolte. Il y est relaté qu’une fois le temple reconquis et remis en état, chacun a regretté de n’avoir pu y célébrer la fête de soukot. Le deuxième livre des makabim raconte :
Hanouka, et cette partie de l’histoire est la plus connue, possède également un fondement légendaire, psychologique et symbolique. Il s’agit du miracle de la fiole d’huile, qui a permis à la ménora (lampe à sept branches utilisée au temple) de brûler pendant huit jours avec une toute petite quantité d’huile. Ainsi, une sorte de ménora à huit branches (comme les huit jours de hanouka) plus chamach, que l’on nomme « Hanoukia », a fait son apparition au quatrième siècle. Encore une fois, il s’agit de ne pas se laisser décourager par la petitesse de nos moyens.
1 – Dansez les hakafot (niveau: super facile):
2 – Chantez les hakafot (niveau: facile):
Attention, ce n’est pas Pourim, pas besoin de les agiter comme des crécelles! C’est surtout pour les enfants, mais chacun peut également faire preuve de créativité. Pour vous inspirer,
5- Lisez dans la Torah (niveau: expert):
l’occasion de passer un moment spécial. Comment? En créant la complicité en les préparant à lire les bénédictions par exemple! Vous pouvez expliquez à l’avance, ou sur place, à vos enfants, ou aux petits qui ne comprennent pas trop ce qui se passe. C’est l’occasion de relire les magnifiques bénédictions de la montée à la torah avec eux.
