Trait du Nord
Trait du Nord au salon international de l'agriculture de Paris, en mars 2010. | |
| Région d’origine | |
|---|---|
| Région | Hainaut, Nord-Pas-de-Calais, |
| Caractéristiques | |
| Morphologie | Cheval de trait à sang froid |
| Registre généalogique | Standard français de la race |
| Taille | 1,60 m à 1,79 m en général |
| Poids | 800 à 900 kg en moyenne |
| Robe | Généralement rouan ou bai, plus rarement aubère, noir ou alezan |
| Tête | Quelquefois un peu forte |
| Pieds | Talons hauts et fanons abondants |
| Caractère | Doux et facile |
| Statut FAO (conservation) | En danger |
| Autre | |
| Utilisation | Débardage, attelage et production de viande |
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Le trait du Nord, autrefois nommé Ardennais du Nord et Ardennais de type Nord, est une race de grands chevaux de trait français dit « à sang froid », originaire du Hainaut français. Il est sélectionné pour les travaux agricoles à partir des années 1850. Longtemps confondu avec l'Ardennais, le trait du Nord obtient son identité propre avec l'ouverture de son propre registre généalogique, en 1903. Il participe à l'exploitation des mines au fond des galeries et aux travaux agricoles dans sa région d'origine avant que l'électrification des mines et la motorisation de l'agriculture dans les années 1950 n’entraînent sa quasi-disparition, faute de demandes auprès de ses éleveurs.
L'hippophagie permet à ce cheval de subsister dans les années 1970, avant un renouveau de l'attelage de loisir et de travail. Les associations d'éleveurs et d'utilisateurs de ce cheval, notamment le syndicat d'élevage du cheval trait du Nord, organisent sa reconversion dans les travaux attelés tels que le débardage, et dans les loisirs équestres tels que l'attelage.
Ce cheval emblématique de la région du Nord-Pas-de-Calais possède l'un des plus faibles effectifs parmi les neuf races de chevaux de trait français. Quatre plans de sauvegarde entre la région et le syndicat de la race se succèdent au début du XXIe siècle. Le trait du Nord reste une race en danger d'extinction, notamment à cause de la diminution constante du nombre d'éleveurs.
Dénomination
[modifier | modifier le code]Le nom officiel de cette race, tant selon l'association de race[W 1] que l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)[W 2] est « Trait du Nord »[1], dû au département français dans lequel il est élevé[2]. On trouve également les noms « Trait ardennais du Nord » et « Ardennais du Nord »[3].
Ce cheval a changé plusieurs fois de nom au cours de son histoire[1]. Au milieu du XIXe siècle, il est mentionné sous celui de « gros trait du Hainaut »[H 1],[1]. Avant 1903, la race ne porte pas de nom précis, et se confond avec l'Ardennais[4]. Le nom « Trait du nord » apparaît en 1903, après la création de la société du « Stud-book du Cheval de Trait du Nord »[5],[6],[W 3], ou bien en 1910 selon Babo[7]. Il redevient « Trait ardennais du Nord » en 1945[6] et après 1965[8],[W 4]. L'utilisation du nom « Trait du Nord » est de nouveau officialisée en 1986[9],[7] ou 1992[W 4] avec le nouveau nom du Syndicat d'élevage du cheval trait du Nord.
Histoire
[modifier | modifier le code]L'histoire du Trait du Nord se mêle intimement à celle de l'Ardennais, puisque ces deux races ont une origine commune[6],[8],[10],[11]. Elles appartiennent à une même famille de chevaux de trait réputés du Nord-Ouest de l'Europe, avec le trait néerlandais et le trait belge[8], famille qu'Amélie Tsaag Valren nomme le « rameau ardenno-flamand »[12]. Ce groupe de races de chevaux lourds provient du Benelux et du Nord-Est de la France[1],[P 1]. Le syndicat de race trait du Nord compte aussi le Trait de Rhénanie parmi ce groupe[W 3],[W 4].
Certaines publications font du trait du Nord une variété de l'Ardennais[13], mais la majorité des encyclopédies internationales et françaises le classent comme une race distincte[10],[8]. Il est présenté comme l'une des trois branches de l'Ardennais, avec l'Auxois[S 1]. Il n'est en effet pas possible de distinguer clairement l'appartenance à la race Trait du Nord, Ardennais ou Auxois aux frontières de chacun de leurs berceaux de race[5].
Origines
[modifier | modifier le code]Comme tous les chevaux domestiques modernes, le trait du Nord provient de la lignée DOM2, qui a émergé dans les steppes eurasiennes vers 2 200 à 2 000 ans av. J.-C. selon une vaste étude génomique publiée dans Nature[S 2].
De nombreux ouvrages lui ont attribué une origine préhistorique[S 1], mais le trait du Nord est en réalité une race récente[3]. Bonnie Lou Hendricks (Université de l'Oklahoma y voit un descendant du cheval lourd d'Europe centrale[8]. D'autres lui attribuent pour ancêtre le « cheval des forêts », propre aux régions boisées de l'Ouest et du Nord de l'Europe, ou le cheval de Solutré[Note 1], qui aurait migré vers les vallées de la Sambre et de l'Escaut, dans la région de Valenciennes[6]. Cette « histoire mythique », que l'ethnologue Bernadette Lizet décrit comme un panégyrique, est notamment diffusée par les syndicats d'éleveurs[S 1].
CAB International retient l'influence de l'Ardennais, du Brabançon et du Boulonnais sur le trait du Nord[10]. La partie française du Hainaut constitue le véritable berceau de cette race en France[14],[2],[6],[8],[15], avec un important mélange entre chevaux de trait belges, flamands et ardennais[6],[15]. Une analyse génétique comparée entre le Trait du Nord et d'autres races de trait françaises conclut que toutes ces races sont apparentées[S 3].
Formation de 1850 à 1900
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Après 1845, les éleveurs de chevaux de la région Nord-Pas-de-Calais protestent contre l'obligation d'élever le cheval de guerre, et demandent l'autorisation d'élever un animal destiné aux travaux agricoles[S 4]. À cette époque, de nouvelles machines améliorent en effet les techniques agricoles dans la plaine de Flandre. L'assèchement des marais, l'amélioration des rendements et l'industrialisation à partir des années 1850 entraînent un agrandissement important des surfaces cultivées[11]. Les agriculteurs qui recourent à la traction animale font appel aux éleveurs locaux qui sélectionnent le cheval de trait à cet usage[11], à partir d'une population locale disparate[S 4]. Le littoral de la mer du Nord est principalement peuplé de chevaux flamands, de grande taille mais plutôt lymphatiques[8],[S 4]. L'Ardennais est choisi par ces éleveurs pour le croisement sur cette souche locale, grâce à sa vivacité[11]. Le Trait néerlandais, une autre race sélectionnée à partir du Flamand[S 4], apporte de la taille et de la puissance[11],[8], tout comme le Trait belge[8]. Le Boulonnais a lui aussi une petite influence[7],[8],[11]. De nombreuses populations locales de chevaux de trait émergent de ces brassages, notamment le Bourbourien, le trait du Hainaut, et l'Ardennais de Thiérache avesnoise[S 5]. Le cheval flamand disparaît progressivement, tandis que dans la plaine d'Arras, le Cambrésis, le Hainaut et la Thiérache, un cheval typé ardennais, mais plus lourd et de plus grande taille, rencontre le succès et gagne en homogénéité[S 4]. Ce cheval a pour particularité d'être sélectionné directement pour l'activité agricole, notamment celle du Hainaut[12]. La nature collante des sols dans le Hainaut exige un cheval pesant plus de 800 kg pour un labour efficace[16]. Le cheval de trait remplace progressivement le boeuf à cet usage[17].
En 1855, Eugène Gayot évoque le « cheval de gros trait du Hainaut » comme « un animal qui a de la hardiesse dans la pose et un fond d'énergie qui le rend supérieur au cheval Flamand »[H 2]. Cet hippologue y fait de nouveau référence six ans plus tard, sous le même nom, dans ses Études de zootechnie pratique[H 1]. L'usage de ce cheval, indispensable dans les travaux des champs, s'est selon lui étendu rapidement[H 1]. Les plaines de la Thiérache, au nord-est de l'Aisne, façonnent le cheval de trait qui gagne en taille et en volume, et acquiert des allures spécifiques qui le différencient peu à peu de l'Ardennais[6]. Il devient populaire en France dans les régions du Nord et de l'Est, notamment en Lorraine[6]. Cette race spécifique commence à émerger vers 1880[3].
Création du Stud-Book : 1900-1914
[modifier | modifier le code]En 1900, le trait du Nord, marqué par l'influence du Flamand et du Trait belge, reste confondu avec l'Ardennais sous le nom de « Gros ardennais » ; il est morphologiquement plus proche des chevaux belges que de l'Ardennais, seule la frontière entre la Belgique et la France lui donnant une appellation différente[S 6],[18]. Les concours d'élevage locaux valorisent ces chevaux nommés « Ardennais, type du Nord »[W 4]. Le [4],[W 3] est créé le « Stud-Book du Cheval de Trait du Nord »[W 3], placé sous la responsabilité de la société idoine[6],[4],[W 3]. Celle-ci, fondée en collaboration avec la société des agriculteurs du Nord par le Dr des services vétérinaires du département, M. Montsarrat[S 6], organise et réglemente l'élevage des chevaux de traction lourde agricole[W 3] en suivant le modèle du stud-book belge créé en 1884[S 6]. Dès lors, le syndicat d'éleveurs de Bavay-Maubeuge se montre particulièrement actif pour créer un véritable berceau d'élevage à cette nouvelle race[S 6]. Un autre pôle de sélection important émerge à Solesmes-Le Cateau, avec le Syndicat de la Vallée de la Selle, si bien qu'avant 1914, l'élevage de ce cheval s'est étendu aux départements de la Somme et de l'Aisne, hors de la région du Nord-Pas-de-Calais[S 6]. L'hippologue Alfred Gallier signale dans son œuvre de 1910, Le cheval de trait, races françaises, que « depuis quelques années on cherche à créer dans le département du Nord un cheval de gros trait dont les caractères tiennent à la fois du cheval belge et du grand cheval ardennais et, à cet effet, un Stud-Book spécial a été constitué »[H 3].
Plusieurs sources dont la base de données DAD-IS indiquent 1913 comme date de création du Stud-Book[Note 2],[W 2],[18] ; d'après Colette Gouvion et Philippe Krümm, cette date correspond à la création d'une association par M. Montsarrat, Émile Davaine et Ernest Macarez[18]. D'après Bernard et al., il faut attendre 1914 pour que ce Stud-Book soit réellement ouvert à l'inscription des chevaux[6]. Gilbert Moine déclare qu'en 1914, 1 268 juments et 369 étalons y sont inscrits[S 6].
De la Première à la Seconde Guerre Mondiale
[modifier | modifier le code]Pendant la Première Guerre mondiale, les réquisitions successives privent la région de nombreux chevaux de trait[S 6]. En 1919, ces animaux sont récupérés, ce qui permet de reconstituer rapidement les effectifs de la race décimés par la guerre[19],[S 6]. Les responsables du stud-book importent aussi des reproducteurs depuis la Belgique[S 7]. Le stud-book trait du Nord est alors séparé de celui de l'Ardennais[20],[Note 3]. Au début des années 1930, ces chevaux atteignent l'apogée de leur développement physique[21]. Le trait du Nord est souvent décrit comme un « laboureur né » avec l'encolure dans l'alignement de son dos, voire plus basse, et un museau rasant le sol ; il est entièrement bâti pour la traction, cette conformation lui permettant de déplacer des poids énormes sur de courtes distances[22]. Le syndicat d'éleveurs de Bavay reprend ses activités en 1937, ceux de Cambrai et de Valenciennes sont créés l'année suivante[S 6]. Le nombre d'inscriptions au Stud-Book augmente alors beaucoup[S 6]. En juin 1937, la « Société du Stud-Book du Cheval de Trait du Nord » devient le « Syndicat Central d’Élevage de Trait du Nord »[23],[W 3]. Jusqu'en 1939, l'élevage a retrouvé une grande importance, et se trouve en plein essor[S 8]. Maubeuge est devenue le principal centre de rayonnement de la race[24]. Les poulains naissent dans les écuries des « pays à terres » ; au sevrage, ils sont souvent vendus dans les régions de « terres à pâtures » de la Thiérache, plus accidentées, où ils restent jusqu'à l'âge de deux ou trois ans avant de repartir dans les régions de plaine pour y travailler[24]. Les poulains « se déclarent » entre 30 et 36 mois, quand ils se rapprochent de leur morphologie adulte : les meilleurs sont destinés aux concours et à l’inscription au Stud-Book, l'immense majorité étant destinée au travail, principalement pour l'industrie de la betterave sucrière[25].
Avec la Seconde Guerre mondiale, la région passe sous occupation allemande de fait début mai 1940[S 8]. Différents éleveurs font pression sur le préfet du département et la société du Stud-Book pour préserver les meilleurs chevaux des réquisitions allemandes[S 8]. Des animaux d'élite sont alors marqués au fer rouge de la lettre N arrondie (pour « Nord ») ; différents éleveurs s'organisent pour faire passer leurs chevaux pour malades ou blessés, si bien que les Allemands ne prélèvent qu'environ 10 000 chevaux dans le département du Nord[S 8]. Les stocks de carburant étant utilisés par les armées, le cheval de trait reste un animal « moteur » indispensable au transport comme aux travaux des champs jusqu'à la reddition des Allemands en 1945[26].
La race reprend le nom d'« Ardennais du Nord » avec la création du « syndicat central d'élevage de trait ardennais du Nord » en 1945[6]. Ses dirigeants permettent au Trait du Nord de connaître une « belle décennie » jusque vers 1955, avec une extension dans la Brie[23]. À partir des années 1950, le trait du Nord est de nouveau croisé sporadiquement avec des Trait belge importés[W 2],[S 9].
Des années 1950 à nos jours
[modifier | modifier le code]Les agriculteurs s'enrichissent rapidement dans les années qui suivent la fin du conflit, ce qui leur permet de s'équiper de tracteurs et de moissonneuses-batteuses. La race trait du Nord est délaissée au profit de machines motorisées[S 9]. Des animaux sauvés des réquisitions allemandes sont vendus à la boucherie pour permettre l'achat d'un tracteur[S 9]. Les chevaux sont si vite remplacés par des machines que les éleveurs de chevaux de trait ne peuvent faire face à la raréfaction de la demande, ni s'adapter à temps[S 9]. Les effectifs s'effondrent dans les années 1960[W 5]. La race parvient malgré tout à se maintenir via les usages à la traction hippomobile jusque vers 1965[27],[W 3]. Cette même année, le syndicat d'élevage prend la décision de revenir à l’appellation « Trait Ardennais du Nord », considérant qu'il existe aussi un « Trait Ardennais de l'Est » et un « Trait Ardennais de l'Auxois »[S 10].
Au début des années 1970, le trait du Nord devient, à l'instar de tous les chevaux de trait français, une race en voie de disparition[28]. En 1970, 35 % du cheptel de chevaux de trait du Nord-Pas-de-Calais est constitué de Trait du Nord, contre 65 % de Boulonnais[S 11]. Ce cheval se rencontre encore dans tout le département du Nord, sauf la Flandre maritime[S 12].
Boucherie
[modifier | modifier le code]La production de viande de cheval devient l'unique débouché économique viable pour continuer l'élevage du trait du Nord[S 9],[W 6]. C'est la demande des boucheries chevalines qui assure, paradoxalement, une partie de la sauvegarde du capital génétique du trait du Nord. Les chevaux recherchés pour la viande doivent cependant être les plus gros et plus lourds possible pour être rentables à la vente. Le modèle des animaux, autrefois puissant et bâti pour la traction, se rapproche de la « bête à viande »[8],[28]. Entre le milieu du XXe siècle et les années 1980, le poids d'un trait du Nord passe de 800 à 900 kg à une moyenne située entre 900 et plus de 1 000 kg[29]. Certains éleveurs font valoir le fort rendement en chair de cette race[17]. Cependant, le trait du Nord n'est pas des plus recherchés sur le marché de la viande, étant particulièrement moins réputé que le Boulonnais[S 9]. Ainsi, la revente bouchère n'a pas permis de préserver cette race[3].
Renouveau de l'équitation de loisir et de travail et fin des haras nationaux
[modifier | modifier le code]Un changement de présidence du syndicat en 1980 entraîne une modernisation des recherches d'usage[W 3]. Les années 1990 voient un renouveau de l'utilisation des chevaux de trait aux loisirs ou au travail via les concours d'utilisation et les routes attelées[W 5]. Les haras nationaux se re-mettent à acheter des chevaux d'utilisation à leurs éleveurs[30]. Le trait du Nord retrouve une certaine sveltesse dans sa silhouette[30]. La société d'éleveurs prend le nom de « Syndicat d’élevage du Cheval Trait du Nord » en 1992[27] ou 1996[W 3]. Depuis 1997, le Trait du Nord fait partie des races de chevaux dont les éleveurs peuvent bénéficier de la « Prime aux races menacées d'abandon » (PRME), d'un montant de 100 à 150 € en 2004[P 2]. En 1998, une quinzaine d'éleveurs fondent l'association « Les amis du trait du Nord »[P 3]. En 1999, les naissances ont baissé de 10 % sur les 10 années précédentes[31].
La réorientation des missions des haras nationaux dans les années 2000 entraîne un nouvel effondrement de l'élevage du Trait du Nord, qui tombe à 75 naissances en 2007[W 5]. En réaction à la menace d'extinction, des fonds régionaux sont investis en partenariat avec le Parc naturel régional Scarpe-Escaut[W 5]. Celui-ci ouvre un « pôle trait du Nord » à Saint-Amand-les-Eaux dans un ancien centre équestre le 1er octobre 2006, destiné à valoriser la race et à former aux techniques d'attelage[W 7] ; il est transféré en 2017 dans le cadre d'une réduction budgétaire[P 4], et se trouve depuis à l'institut agricole de Genech[W 8]. Quatre plans de sauvegarde régionaux du Trait du Nord se succèdent entre 2011 et 2026[W 5]. Cependant, quand la plupart de ces initiatives ont été mises en place, les effectifs de la race étaient déjà très bas[32].
Description
[modifier | modifier le code]Le trait du Nord se distingue de l'Ardennais essentiellement par sa taille plus élevée et sa morphologie générale plus costaude[3]. Contrairement à d'autres races de trait dont le modèle a été allégé, son gabari reste très imposant[6].
- Modèle du Trait du Nord
- Jument baie lors du concours de modèles et allures au Salon international de l'agriculture de 2012.
- Jument baie lors du concours Modèles et Allures de la race au Salon international de l'agriculture 2012.
- Jument rouan lors du 110e concours national des juments Trait du Nord, 2023.
- Poulain lors du 110e concours national des juments Trait du Nord, 2023.
Taille et poids
[modifier | modifier le code]La taille moyenne est de 1,65 m chez les juments et 1,72 m pour les étalons[33], pour un poids de 800 à 1 000 kg[33]. Le guide Delachaux (2016) indique une fourchette générale de 1,60 à 1,79 m[3]. Les poulains de 30 mois qui sont candidats pour devenir étalons doivent mesurer au moins 1,63 mètre[W 9].
C'est l'un des chevaux de trait français les plus lourds[15]. Certains mâles dépassent les 1,75 m et les 1 000 kg[W 10]. Bongianni et CAB International citent une taille et une masse plus réduites, soit 1,60 à 1,65 m, pour 600 à 800 kg[20],[10].
Morphologie
[modifier | modifier le code]Le modèle est bréviligne[20] et plutôt bas sur jambes[34]. Le cheval idéal est de grande taille, bien charpenté, court et puissant, possède une ossature importante et une masse musculaire développée, énergique, avec un caractère facile et de belles allures[W 9]. Deux modèles tendraient à se distinguer au sein de la race, l'un à l'épaule droite qui le destine à l'attelage lourd, l'autre a l'épaule oblique, plus léger, ce qui le destine au travail au trot[9],[33].
Tête
[modifier | modifier le code]Selon le standard de race, la tête doit être de petite taille proportionnellement à la masse du cheval[34],[33] et courte[W 9]. Dans les faits, elle est souvent lourde[20]. Le profil en est rectiligne[20],[W 9] ou camus[8],[15],[33], particulièrement au niveau du front[34]. Le front est plat, avec des arcades orbitaires saillantes[W 9] qui abritent un œil d'assez petite taille[20],[3],[W 9]. Les lèvres doivent être bien appliquées l’une contre l'autre[33]. Les naseaux sont généralement larges[34],[8],[33].
L'oreille est petite[20] et courte[8],[33],[W 9].
- Tête du Trait du Nord
- Jument de 30 mois en démonstration de ferrage au Musée du Plein Air, Villeneuve-d'Ascq, 2007.
- Mâle au Grand Prix de Paris du Cheval de Trait, Salon du cheval de Paris de 2009.
- Mâle au salon international de l'agriculture de 2010.
- Jument au Salon international de l'agriculture de 2013
- Jument lors du concours national Modèles et Allures de la race, 2023.
- Jument lors du concours national Modèles et Allures de la race, 2023.
- Oreilles d'une jument, 2023
Les ganaches sont souvent prononcées[20], mais elles sont recherchées sèches et nettes[W 9]. La tête est bien attachée à l'encolure au niveau de la gorge et de la nuque[33],[W 9].
Avant-main, corps et arrière-main
[modifier | modifier le code]L'encolure est recherchée de longueur moyenne[8],[33],[W 9], mais elle est souvent courte[20]. Elle est large et musclée[20], puissante[35]. La forme est légèrement arquée, dite « rouée », surtout chez le mâle[35]. Le garrot est large et peu relevé[20], souvent fondu dans les masses musculaires voisines[8],[33]. L'épaule est musclée et légèrement inclinée[20],[34], tout en étant assez longue[35].
- Corps du Trait du Nord
- Avant-main de Moundy, au Musée vivant du cheval de Chantilly.
- Avant-main et épaule d'une jument
- Passage de sangle et ventre d'une jument
- Arrière-main d'une jument
- Arrière-main d'une pouliche
Le thorax est ample et profond[20]. Le dos est court et droit[20],[34],[8],[W 9]. Le ventre est développé[20]. Le corps est compact, épais et massif, très musclé[34],[33]. Le passage de sangle est large[W 9]. Le poitrail est large et musclé, doté de pectoraux très développés[34],[33]. Le flanc est recherché court et bien harmonisé avec les régions qu’il relie[W 9]. Le rein est court[W 9], large[20],[W 9] et musclé[35]. La croupe est ample[20], généralement « double » et massive, large et musclée[34],[8],[35] ; sa forme est oblique[20],[35].
Membres et crins
[modifier | modifier le code]Les membres sont courts et forts, et bien musclés[20],[15]. Les articulations en sont larges[20] et recherchées nettes et sèches[W 9]. Le trait du Nord doit posséder des membres extrêmement puissants grâce à leur musculature[W 9]. Le canon est gros et court, articulés bas[W 9]. Les tendons sont nets et secs[W 9]. Le paturon est court et large[W 9],[15]. Le pied est recherché avec des talons hauts, une fourchette épaisse et large et une corne très résistante[W 9]. Il est souvent large[8],[15].
- Membres du Trait du Nord
- Jarret d'une jument, 2013
- Postérieurs d'une jument baie avec balzanes, 2023
- Fanons de juments, 2023
- Pieds d'une jument, 2023
Les fanons débutent sous le genou et le jarret[20], ils sont recherchés moyennement développés[W 9]. La queue est bien implantée, pourvue de crins abondants[W 9]. La crinière est abondante[34],[15],[33].
Robe
[modifier | modifier le code]Le bai est la robe la plus fréquente, suivie par le bai rouan[33],[3]. L'alezan (sous toutes les variantes dont alezan brûlé) et le noir viennent ensuite[33]. Le standard de race accepte aussi le chocolat (terme technique désignant une robe très foncée indéterminée), le gris fer et l'aubère[W 9], qui sont respectivement des robes de base noire et alezane modifiées par le gène rouan[33].
- Robes du Trait du Nord
- Bai pangaré (Victoire de Beaucamp, jument de 4 ans par Queros d'Erquennes et Queen du Pommereuil, 805 kg)
- Alezan crins lavés (à l'arrière-plan) et rouan (au premier plan)
Le pangaré est fréquent chez ces chevaux[33]. La robe pie est considérée comme un défaut rédhibitoire[W 9].
Tempérament et allures
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Le trait du Nord est doté d'un tempérament tranquille, mais peut déployer de l'énergie au besoin[20]. Il devait historiquement déployer une force suffisante à la demande pour sortie une charrue d'une ornière ou des terres betteravières collantes[7], ce qui en fait un cheval très attentif à l'humain[3]. Il est à la fois fort et rustique[20], et ne craint pas les intempéries telles que les grands froids et la neige[7]. Ses amateurs mettent en avant ses qualités de trotteur énergique, sa grande force, sa douceur, son mental et le fait qu'il soit facile à dresser[9]. Les aplombs sont généralement corrects[20].
Il est souvent débourré au cordeau, une cordelette qui remplace les guides d'attelage, à l'âge de 18 mois[36]. Il convient même à des novices[36].
Sélection
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Le syndicat d’élevage du cheval Trait du Nord est reconnu comme organisme de sélection de la race, il a vocation à la promouvoir, la sauvegarder, la valoriser, regrouper les éleveurs et déterminer la sélection[W 3]. Son siège se trouve à l'hôtel de ville de Cambrai[W 1]. Le stud-book du trait du Nord comprend la liste des étalons et des juments approuvés pour produire dans la race, la liste des poulains inscrits dès la naissance au stud-book de la race, le répertoire des animaux inscrits à titre initial et une liste des naisseurs de chevaux trait du Nord[W 11]. Seuls les animaux inscrits dans ce stud-book sont admis à porter l'appellation de « Trait du Nord »[W 11]. Les inscriptions se font au titre de l'ascendance ou à titre initial si 3 des grands-parents d'un cheval sur 4 y sont inscrits[W 12]. Les chevaux auxois et ardennais, les traits belges et les traits néerlandais ou même d'origine inconnue peuvent être admis à la reproduction comme facteurs du trait du Nord après examen par une commission[W 13].
Parmi les grands noms de reproducteurs en trait du Nord, on compte Emir-Touquet, Coquin, Bacchus, Hercule de la Lys, Sire de Saint-Rémy, Taquin, Sosthème, Tarlo, Mico, Loustic et Radonis[37].
Chaque année, les chevaux de cette race défilent traditionnellement au Palais des Grottes de Cambrai et sur la place Aristide-Briand, le concours national des pouliches et des poulinières ayant lieu le dernier week-end de juillet[37] ; les 120 ans du Trait du Nord y ont été célébrés le [P 5],[P 6]. Lors de ce rassemblement sont présentés des juments en bandes, des attelages, les outils des champs et des chevaux montés[P 7].
Un autre concours de race est organisé à Allennes-les-Marais par la famille Mortelecque, la 17e édition ayant eu lieu en 2025, avec parade au centre du village[P 8],[P 9].
Génétique et santé
[modifier | modifier le code]Le Trait du Nord a une diversité génétique moyenne (mesurée par l’hétérozygotie) comparable à celle des autres races de trait françaises[S 3]. Il n’y a pas d’excès d’animaux apparentés (consanguinité) d'après une analyse publiée en 2009, ce qui est un bon signe pour la diversité génétique de la race, même si le petit effectif limite la fiabilité[S 3].
Le gène responsable de la myopathie à stockage de polysaccharides de type 1 est présent chez la race[S 13].
Le trait du Nord est sujet au lymphœdème chronique progressif (ou eau aux jambes), peut-être en partie à cause d'une transmission par l'étalon belge Oskar[33].
Utilisations
[modifier | modifier le code]C'est un cheval de traction lourde et d'agriculture[20].
Utilisations historiques
[modifier | modifier le code]L'agriculture et l'industrie ont longtemps été les principaux demandeurs de chevaux trait du Nord[15]. Il a effectué aussi le halage de barges et de péniches sur des canaux.
Depuis sa sélection et jusqu'au début des années 1950, le trait du Nord est un partenaire privilégié des agriculteurs qui pratiquent des cultures intensives dans les grandes plaines du Nord, notamment de céréales et de betteraves[6],[7],[8]. Ce cheval puissant travaille dans les champs, où il a l'avantage d'être parfaitement adapté aux sols lourds et compacts de la région du Nord-Pas-de-Calais et de récupérer très rapidement après l'effort[16]. L'utilisation en agriculture est assez courte, car entre la fin des moissons à la faucille dans les années 1880 et la généralisation des moissonneuses-batteuses et des tracteurs dans les années 1960, il ne s'écoule que 80 ans. Cependant, ces chevaux de trait permettent d'importants progrès[16].
Le trait du Nord devient rapidement l'une des races favorites utilisées pour faire rouler les bennes dans les galeries des mines[23],[17], activité qui commence à se développer dans les années 1830[17]. Ce travail exige des chevaux une capacité à des arrêts et des re-démarrages fréquents[38]. Les mines sont surtout demandeuses de chevaux adultes âgés de 4 à 5 ans, qui sont réformés vers l'âge de 12 ou 13 ans[23]. L'apogée de l'usage du cheval dans les mines souterraines du Nord-Pas-de-Calais correspond aux années 1930[39],[17] ; les éleveurs font alors de leur mieux pour constituer le cheptel dont cette industrie a besoin[40],[41],[17]. Durant l'âge d'or du cheval de trait, un bon cheval des mines est capable de tirer un convoi de huit à douze berlines pleines de 250 kg chacune, le long de voies ferrées[42],[41]. Far West, cheval de la fosse 12 de Lens qui tracte des berlines à 600 mètres sous terre, a les honneurs d'une médiatisation nationale en passant en direct sur la RTF Télévision de Pierre Tchernia dans le cadre d'un reportage diffusé en avril 1955[43]. Le dernier cheval des mines du Nord-Pas-de-Calais, Luisant, est remonté des galeries en 1965[44].
Utilisations actuelles
[modifier | modifier le code]Le trait du Nord peut être mis à l'attelage sous tous ses aspects (travail, loisir, tourisme, compétition et sport)[S 14],[7],[15],[3],[36]. Il est apprécié des meneurs pour l'attelage de loisir et de compétition, car il a l'avantage de pouvoir être remis immédiatement au travail même après une période d'inactivité de plusieurs mois[9]. Ces chevaux peuvent être conduits au cordeau avec un collier d'épaule flamand, technique d'attelage ancienne et traditionnelle utilisant une petite cordelette à la place des deux guides habituellement utilisés en attelage, ce qui permet au meneur de disposer d'une main libre[W 14],[15]. Cette technique demande du calme et de la soumission, et rend les poulains très dociles[36].
André Bogaert est devenu champion de France et d'Europe d'attelage de chevaux de trait avec deux étalons trait du Nord issus du haras national de Compiègne, sélectionnés sur leurs performances dans cette discipline : Cimbad et Albatros[45]. L'achat de ces deux chevaux par les haras nationaux aurait été impossible quelques années auparavant, car les administrateurs du stud-book s'y seraient opposé[45]. En 2010, Christian Brechignak a décroché le premier prix de traction du salon de l'agriculture avec Romy du Roseau[P 10].
- Utilisations modernes du Trait du Nord
- Grand Prix de Paris du Cheval de Trait, Salon du cheval de Paris, 2009.
- Paris Cup de Traction Animale 2014.
- Jument Trait du nord, Ardeche du Don, faisant des exercices de spectacle équestre, ici la révérence en liberté. 2016
La viande reste un débouché secondaire pour cette race[7],[36], et concerne essentiellement les poulains mâles qui ne sont pas retenus pour la reproduction ou l'attelage[19]. Ce cheval participe aussi à des reconstitutions et animations folkloriques dans des villages, qui attirent une foule assez nombreuse[9]. Il peut être monté en équitation de loisir ou pour de la surveillance,[W 4]. Son caractère très doux permet de l'équitation pour personnes handicapées[15]. Farou de St Eloi a participé au championnat de France de dressage amateur 3 au mans en 2023 avec sa cavalière Aurélie Montulet[P 11].
Travaux agricoles et débardage
[modifier | modifier le code]L'usage agricole de ces chevaux est désormais marginal, car ils ont quasiment tous été remplacés par des tracteurs[7]. Quelques trait du Nord sont toujours utilisés en polyculture[36]. Sur son exploitation agricole familiale d'une trentaine d'hectares à Sacy-le-Grand, durant les années 2000, Sébastien Vincent travaille au cordeau avec ses trois Traits du Nord[46]. Il décroche la seconde place de l'édition 2008 du Grand Prix de Paris du cheval de trait avec une paire de Trait du Nord[P 12]. La race participe également à des concours de labour traditionnels. Le , Jacques Roussel, originaire de Béthune, termine second sur vingt-cinq au championnat de France de labour équin organisé à la Daguenière, près d'Angers, avec un équipage de deux trait du Nord attelés au cordeau. Le Syndicat d'élevage du cheval trait du Nord a financé son déplacement. Interrogé sur cette performance, il a répondu : « Plus jeune, je regardais mon père labourer. J'ai de bons souvenirs de ça. Il faut conserver un certain savoir-faire et montrer que le trait du Nord a encore de beaux jours devant lui »[P 13].
La race est aussi bien adaptée aux travaux de débardage[3],[36], bien qu'elle ne soit rencontrée qu'occasionnellement dans cette activité[47].
Cheval territorial
[modifier | modifier le code]La ville d'Hazebrouck a mis en place une expérience de collecte hippomobile des déchets avec une jument Trait du Nord nommée Loriane en 2011 ; l'opération est un succès, le rapport des habitants avec les agents de propreté ayant changé en mieux grâce à la présence de cette jument[P 14],[P 15]. L'expérience prend fin en 2015 après la mort accidentelle de Nocturne, l'un des quatre Trait du Nord d'Hazebrouck, qui s'était coincé dans une fosse[P 16].
Petite-Forêt organise un ramassage de sapins de Noël avec une paire de Trait du Nord en janvier 2026[P 17].
Diffusion de l'élevage
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Sur la base de données DAD-IS (consultation 2026), le Trait du Nord est signalé comme race locale indigène de la France, en danger d'extinction[W 2], risque déjà noté en 2007[W 15] et en 2010 (statut « D » de la FAO)[W 16]. En 2023, l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE) l'a également classé comme une race chevaline française menacée d'extinction[P 18]. Les naissances annuelles sont en effet inférieures à 100 pendant toute la décennie 2010[W 17]. L'ouvrage Equine Science (4e édition de 2012) le classe parmi les races de chevaux de trait peu connues au niveau international[48], et celui de La France Agricole parmi les « races confidentielles »[49].
Le berceau d'élevage se situe plutôt dans l'Est de la région du Nord-Pas-de-Calais[W 4] ; il comprend les environs de Lille, le département du Pas-de-Calais, le nord de l'Aisne, la Somme[20],[31], l'Oise selon Babo[31] et la Seine-et-Marne selon Bongianni[20] ; cette race se rencontre aussi en Thiérache et en Lorraine[50]. Babo signale en 2001 un élevage en Normandie et un autre en Limousin[31]. Le trait du Nord est totalement absent des autres régions françaises[31].
Le haras national de Compiègne a une influence prépondérante dans sa sauvegarde[31],[9], jusqu'à sa fermeture en 2016. Bien que des associations s'efforcent de le protéger, le trait du Nord reste à très faibles effectifs, étant l'une des races de chevaux de trait françaises les plus menacées[3]. Le nombre d'éleveurs a baissé d'environ 20 % entre 2016 et 2022[W 18]. Certains auteurs estiment que la baisse constante des effectifs et des éleveurs font du trait du Nord une race qui « se meurt à petit feu »[19] :
| Année | Effectif total | Étalons en service | Naissances / an | Nombre d'élevages[Note 4] |
|---|---|---|---|---|
| 1983 | > 785[W 2] | |||
| 1990 | > 701[W 2] | ~150[9] | ||
| 1995 | > 467[W 2] | |||
| 1998 | ~30[9] | |||
| 1999 | 32[31] | ~180[31] | 144[31] | |
| 2001 | > 528[W 2] | |||
| 2002 | 125[19] | |||
| 2004 | 111[51] | |||
| 2006 | 20[52] | ~100[52] | 95[52] | |
| 2007 | 92[36] | |||
| 2013 | 13[3],[36] | 127[3],[36] | 87[36] | |
| 2014 | > 237[W 2] | |||
| 2018 | 3 186[Note 5],[W 2] | 69[W 19] | ||
| 2021 | 3 311[W 2] | |||
| 2024 | 4[W 20] | 64[W 20] | 41[W 20] | |
| 2025 |
Il existe une petite demande de particuliers pour l'attelage[P 19]. L'association des amis du cheval trait du Nord était toujours active en Thiérache en 2025[P 20]. Le trait du Nord est mis à l'honneur chaque année au salon international de l'agriculture et au salon du cheval de Paris[9].
Exportations
[modifier | modifier le code]Cette race très locale est peu exportée, et presque uniquement grâce aux croisements avec le trait belge et le trait néerlandais[6]. Une vingtaine de chevaux partent chaque année vers la Belgique, l'Allemagne, et plus rarement l'Italie[P 21]. La demande porte surtout sur le débardage dans les régions forestières, ainsi que les attelages de brasserie traditionnelle[P 21]. Des courtiers allemands sont connus pour venir chercher chaque année, en France, des chevaux d'attelage (par deux, quatre ou six) aux robes assorties[P 21]. Quelques exportations de chevaux isolées concernent aussi la Sicile et la Guadeloupe[P 21]. Plus anecdotiquement, un éleveur témoigne (en 2018) avoir exporté ses chevaux au Kazakhstan[P 22].
Dans la culture
[modifier | modifier le code]En 1998, Colette Gouvion et Philippe Krümm remarquent la faible reconnaissance de la race : « plus de quatre-vingt ans pourtant après son émancipation d'avec le rameau belge, le trait du Nord se bat toujours pour se faire un nom et se créer une image »[17]. Le vétérinaire Gilbert Moine cite en 1976 une légende populaire du Nord de la France : si un cheval de trait présente un aspect longiligne, cela est mis en relation avec le cheval légendaire Bayard, qui pouvait être monté par les quatre fils Aymon en même temps[S 4].
En présentation, ces chevaux sont souvent liés entre eux par une corde afin de former une « bande » d'animaux, maintenus ensembles par la tension dans la longe ; il s'agit d'une tradition et d'une fierté propre aux éleveurs de Trait du Nord[S 15]. Ils sont très régulièrement mis en bande lors de fêtes[S 16]. Durant les années 1990, des éleveurs de cette race décrochent le record du monde de la bande la plus nombreuse, avec 35 chevaux maintenus de front au trot, battant le précédent record détenu par une bande de 32 Auxois, enregistrée au Livre Guinness des records pendant l'été 1990[S 16]. Le nattage esthétique de la crinière est une tradition rituelle associée aux concours de prestige[53].
- Nattage traditionnel de la crinière et de la queue au 110e concours des juments trait du Nord, 2023
Le Trait du Nord a fait l'objet d'une édition limitée en figurine Breyer Animal Creations, en 2007 puis en 2013-2014[W 21].
Notes et références
[modifier | modifier le code]Note
[modifier | modifier le code]- ↑ Le cheval de Solutré n'existe pas, ce nom désigne des ossements de différentes espèces et différentes époques.
- ↑ Cette information est contredite par la source d'époque Gallier 1910, p. 79, qui évoque déjà la création de ce Stud-Book
- ↑ Le guide Delachaux cite 1919 comme date de création du stud-book (voir Rousseau 2016, p. 181), ce qui est une erreur.
- ↑ Toute personne ayant au moins une jument à la reproduction est comptabilisée comme gérant un élevage.
- ↑ Les chiffres à partir de 2018 se basent sur une estimation du nombre de chevaux enregistrés par l'IFCE.
Références
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Annexes
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- « Site officiel du Syndicat d'élevage du Cheval Trait du Nord »
- [PSTN 2023] « Programme de sélection Trait du Nord »
[PDF], Genech, Syndicat d’Élevage du cheval « Trait du Nord », (consulté le ) - [DAD-IS] (en) « Trait du Nord / France (Cheval) », Domestic Animal Diversity Information System of the Food and Agriculture Organization of the United Nations (DAD-IS) (consulté le )
Bibliographie
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
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Sources universitaires
[modifier | modifier le code]- [Moine 1976] Gilbert Moine, « L'élevage du « cheval lourd » dans la région Nord-Pas-de-Calais, son évolution », Hommes et Terres du Nord, vol. 2, no 1, , p. 65–81 (DOI 10.3406/htn.1976.1528, lire en ligne
[PDF], consulté le ) - [Lizet 1996] Bernadette Lizet, Champ de blé, champ de course : Nouveaux usages du cheval de trait en Europe, Jean-Michel Place, coll. « Bibliothèque équestre », , 324 p. (ISBN 2-85893-284-0, OCLC 39080278).
Articles
[modifier | modifier le code]- [Pilley-Mirande 2001] Natalie Pilley-Mirande, « Le trait du Nord - Une force de la nature », Cheval Magazine, no 351, (lire en ligne)
