Peter Zumthor
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Université Harvard Université de technologie de Munich Southern California Institute of Architecture (en) Université de la Suisse italienne |
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Prix Pritzker () Liste détaillée Carlsberg Architectural Prize (en) () Prix de l'Union européenne pour l'architecture contemporaine Mies van der Rohe () Praemium Imperiale () Prix Pritzker () Kunst- und Kulturpreis der deutschen Katholiken () Royal Designers for Industry honoraire () Médaille d'or royale pour l'architecture () Prix de Rome américain Grand Prix suisse d’art / Prix Meret-Oppenheim |
Thermes, Vals Kunsthaus, Brégence |
Peter Zumthor, né à Bâle le , est un architecte suisse, lauréat du prix Pritzker 2009[1].
Figure atypique de l'architecture contemporaine, il vit et travaille à l'écart du monde dans le village alpin de Haldenstein. À l'opposé des « architectes stars » qui multiplient les projets mondiaux, Zumthor revendique une « architecture de la lenteur » et de l'artisanat. Son œuvre, restreinte en nombre mais immense par son influence, se caractérise par une attention extrême aux matériaux, à l'atmosphère sonore et tactile, et à l'intégration dans le paysage.
Ses réalisations les plus célèbres incluent les Thermes de Vals (un labyrinthe de pierre et d'eau) et la chapelle de frère Nicolas (un monolithe de béton brûlé).
Biographie
[modifier | modifier le code]De 1958 à 1962, Peter Zumthor effectue un apprentissage d'ébéniste auprès de son père Oscar Zumthor à Oberwil, près de Bâle. Cette formation initiale est fondamentale : elle lui donne une rigeur artisanale et un amour du détail d'assemblage qui ne le quitteront jamais. Il étudie ensuite l'architecture d'intérieur à la Schule für Gestaltung de Bâle et enfin, dans les années 1960, l'architecture à l'Institut Pratt de New York.
À partir de 1968, il exerce auprès des monuments historiques du canton des Grisons[2]. Ce travail de restauration de fermes et d'églises anciennes lui permet de comprendre intimement les matériaux rustiques et leur vieillissement. En 1979, il ouvre son agence à Haldenstein, préférant rester ancré dans son terroir plutôt que de s'installer dans une grande capitale. Son travail de restauration lui a permis d'étudier la construction et les qualités des différents matériaux de construction rustiques. Au fil des projets, Zumthor intègre ses connaissances des matériaux.
En 1994, il est élu membre de l'Académie des arts de Berlin[3].
En 1998, il reçoit le prix Carlsberg d'architecture pour le musée de Brégence (Kunsthaus Bregenz) et les thermes de Vals.
Depuis 1996, il est professeur à l'Académie d’architecture de l'université de la Suisse italienne à Mendrisio.
En 2009, il est désigné lauréat du prix Pritzker par la fondation américaine Hyatt pour l'ensemble de son œuvre[4], le jury salauant « une architecture qui engage tous les sens, pas seulement la vue » ainsi que les thermes de Vals, qualifiés de chef-d'œuvre.
En 2014, il reçoit le prix du FILAF d'argent au Festival international du livre d'art et du film de Perpignan pour son ouvrage réalisé avec Thomas Durisch, Peter Zumthor Buildings & Projects, 1985-2013 (Scheidegger et Spiess éditions)[5].
Son architecture
[modifier | modifier le code]Conception de l’architecture
[modifier | modifier le code]Peter Zumthor définit l’architecture comme enveloppe et arrière-fond de la vie qui passe : « un récipient sensible au rythme des pas sur le sol, à la concentration du travail, au silence du sommeil »[6]. Il cherche à créer des « Atmosphères » (titre de son livre majeur), où le son, la température et l'odeur sont aussi importants que la forme.
Méthode de projet
[modifier | modifier le code]Il travaille à l’écart tel un artisan. Il s’occupe personnellement de tous les projets, des esquisses jusqu’au dernier détail (poignées de porte, joints). Il refuse la majorité des commandes pour se concentrer sur celles où il peut tout contrôler. Il développe toujours ses idées sur le lieu même : « Je dois m’imprégner d’un lieu, dit-il, voilà pourquoi je fais le tour du site à chacune de mes visites, pour voir comment il vit. »[7]

Rapport au lieu
[modifier | modifier le code]Chacun de ses bâtiments est construit pour une utilisation spécifique, pour une société spécifique. Le choix des matériaux découle de sa formation d'ébéniste. L'architecte veut que les matériaux expriment la qualité de leur surface naturelle (rugosité de la pierre, chaleur du bois).
Pour le projet de musée sur les ruines de l’église Saint-Kolumba, où la demande était de préserver un patrimoine historique en péril tout en l’harmonisant avec une nouvelle construction, il choisit de conserver l’authenticité du lieu et de rendre visible le paysage de ruines.
Travail de la lumière
[modifier | modifier le code]La lumière, et sa mise en scène, est un élément important du travail de Peter Zumthor. Il la travaille pour renforcer l’atmosphère souhaitée et influencer l’usager. Dans de nombreux projets, il conçoit le bâtiment afin qu’il puisse aussi avoir une identité forte la nuit. De jour, le Kunsthaus de Brégence apporte une lumière naturelle filtrée et discrète pour inciter au recueillement et à la concentration nécessaire pour contempler des œuvres d’art. De nuit, l’édifice qui rayonne telle une lampe japonaise en papier de riz, dévoilant par transparence sa circulation et ses différences de niveaux.
Matériau
[modifier | modifier le code]Le choix des matériaux opéré par Peter Zumthor et leurs traitements doivent certainement quelque chose à sa formation d'ébéniste. L’architecte veut que les matériaux expriment simplement la qualité de leur surface naturelle. Il porte une grande importance aux matériaux tels que le bois (ex. : le pavillon suisse), la pierre (ex. : les thermes de Vals) et le béton (ex. : le Kunsthaus).
Les détails
[modifier | modifier le code]« En tant qu’architecte, je veux pouvoir avoir une influence sur tout et le détail est une partie du tout. »[8], déclare Peter Zumthor. Chacun de ses édifices est un ensemble cohérent où les détails sont conçus afin de mener à la compréhension de l’ensemble, duquel ils sont indissociables.
Pour la maison Gugalum, dans le canton des Grisons, l’architecte a travaillé l’extension en conservant le rythme de l’édifice existant et, pour marquer la transition entre les deux parties, il a démarré l’extension au niveau de bois de bout, appartenant à l’ancienne partie. C’est grâce à cet élément que les deux parties ne forment plus qu’un et que la nouvelle donne l'impression d’avoir toujours fait partie de l’ancienne.
Travail sur les sens
[modifier | modifier le code]Il conçoit une architecture tangible qui s’adresse à tous les sens et pas seulement aux yeux. « L’espace, dit-il, est influencé par ce qui constitue l’espace ou par ce qui l’entoure. L’espace lui-même est un vide, en tant qu’architectes nous ne définissons que l’enveloppe de l’espace, peut être sa forme, et vous percevez cela par les sens. »[8]
À Hanovre, par exemple, dans le pavillon suisse, musique et architecture fonctionnent en symbiose. Ce cœur de résonance (« Sound Box ») est un édifice perméable à l’environnement extérieur, à la fois sculpture que l’usager peut parcourir et forêt qui sent le bois.
Principales réalisations
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- 1985-1986 : atelier d'architecture Zumthor, Haldenstein
- 1985-1988 : chapelle Saint-Bénédict, à Sumvitg
- 1986 : abri pour vestiges gallo-romains à Coire
- 1986-1996 : bains thermaux, à Vals
- 1989-1997 : Kunsthaus de Brégence, Autriche
- 1990-1994 : maison Gugalun à Safiental
- 1997-2000 : pavillon suisse (Le Corps sonore) à l'Expo 2000 de Hanovre, Allemagne
- 2007 : chapelle Saint-Nicolas-de-Flue, Mechernich, Allemagne
- 2007 : Kolumba, musée diocésain, Cologne, Allemagne
- 2011 : Mémorial de Steilneset, à Vardø, Norvège, avec Louise Bourgeois
Le « projet fantôme »
[modifier | modifier le code]En 1993, Zumthor remporte le concours pour le centre de documentation « Topographie de la terreur » à Berlin, sur le site de l'ancien QG de la Gestapo. Il imagine un bâtiment puriste sans chauffage ni climatisation, constitué de barres de béton préfabriquées. Cependant, en raison de coûts élevés, de difficultés techniques et de désaccords politiques, le chantier s'enlise. En 2004, après dix ans de blocage, les tours d'escaliers déjà construites sont finalement démolies. Cet échec illustre l'intransigeance de l'architecte qui refuse les compromis sur la qualité de construction [9].
Récompenses
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- 1987 : Auszeichnung guter Bauten im Kanton Graubünden, Suisse
- 1989 : Médaille Heinrich-Tessenow, Gottfried Wilhelm Leibniz Universität Hannover
- 1991 : Gulam, European wiid-glue prize
- 1992 : Internationaler Architekturpreis für Neues Bauen in den Alpen, Graubünden, Suisse
- 1993 : Best Building 1993 award from Swiss tc's '10 vor '10, Graubünden, Suisse
- 1994 : Auszeichnung guter Bauten im Kanton Graubünden, Suisse.
- 1995 : International Prize for Stone Architecture, Fiera di Verona, Italie
- 1995 : Internationaler Architekturpreis für Neues Bauen in den Alpen, Graubünden, Suisse
- 1996 : Erich-Schelling-Preis für Architektur, Erich-Schelling-Stiftung, Allemagne
- 1998 : Carlsberg Architectural Prize
- 2006 : Spirit of Nature Wood Architecture Award
- 2006 : Thomas Jefferson Foundation Medal in Architecture, University of Virginia
- 2008 : Praemium Imperiale, Japan Arts Association
- 2009 : prix Pritzker
Publications
[modifier | modifier le code]- Penser l’architecture, Basel, Boston, Berlin, Birkäuser, 2006
- Atmospheres, Basel, Boston, Berlin, Birkäuser, 2006
Conférence
[modifier | modifier le code]- « Parole à l’architecture »[10], Centre Pompidou, Paris,
Références
[modifier | modifier le code]- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Peter Zumthor » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) « The Pritzker Architecture Prize », sur pritzkerprize.com (consulté le )
- ↑ (it) Francesco Garutti, « Peter Zumthor: Back to the future #07 », Klat Magazine, .
- ↑ (de) Peter Zumthor - Seit 1994 Mitglied der Akademie der Künste, Berlin, Sektion Baukunst sur le site de l'Académie des arts
- ↑ « Peter Zumthor reçoit le prix Pritzker 2009 », sur FIGARO, (consulté le )
- ↑ Site du FILAF, section 2014
- ↑ NEELEN, Marc : Nouvelles d’Archined : Peter Zumthor gagne le Carlberg-prize, www.archined.nl, septembre 1998
- ↑ Entrevue avec Peter Zumthor, www.zdf.de, sept 1998
- BÖHM, Ursula : Peter Zumthor: Der eigensinn des schönen, Arte, 2000
- ↑ « Berlin congédie l'architecte Peter Zumthor - Le Temps », www.letemps.ch, (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Voir sur dailymotion.com.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- ROOS, Anna : Sensibilité suisse : la culture de l’architecture en Suisse, Birkäuser, 2017
- Matière d’Art - Architecture contemporaine suisse, Bâle, Boston, Berlin, Birkäuser, 1998
- YOUNES, Chris & BONNAUD, Xavier : Perception / Architecture / Urbain, Suisse, col. Archigraphy Poche, inFolio, 2014
- FÜZESSÉRY, Stéphane : Peter Zumthor : un architecte a-contemporain ?, laviedesidees.fr, 29.05.2009 (http://www.laviedesidees.fr/Peter-Zumthor-un-architecte-a-contemporain.html)
- LEVY, Linn : interview d’Anna Roos, RTS, 2017 (https://www.rts.ch/play/radio/nectar/audio/sensibilite-suisse-la-culture-de- larchitecture-en-suisse-anna-roos-birkhauser?id=8993147&station=a83f29dee7a5d0d3f9fccdb9c92161b1afb512db)
Filmographie
[modifier | modifier le code]- Les Thermes de pierre de Richard Copans (2001, 26 min) ; film de la collection « Architectures » (de la chaîne Arte) sur les thermes de Vals, en Suisse.
Liens externes
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- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Ressource relative à la vie publique :
- Ressource relative au spectacle :
- Ressource relative à l'audiovisuel :
- Ressource relative à l'architecture :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Publications de et sur Peter Zumthor dans le catalogue Helveticat de la Bibliothèque nationale suisse
- Naissance en avril 1943
- Naissance à Bâle
- Personnalité liée à la ville de Bâle
- Personnalité liée au canton de Bâle-Campagne
- Architecte suisse du XXe siècle
- Architecte suisse du XXIe siècle
- Étudiant de l'institut Pratt
- Professeur à l'université Harvard
- Prix de Rome américain en architecture
- Lauréat du prix Pritzker
- Lauréat du Praemium Imperiale
- Récipiendaire de la médaille d'or royale pour l'architecture
- Membre de l'Académie des arts de Berlin