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Opération Hiram

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Opération Hiram

Pendant la Première guerre israélo-arabe

Description de cette image, également commentée ci-après
Soldats de Tsahal à Sa’sa', 30 octobre 1948
Type Nettoyage ethnique
Localisation Galilée (Nord de la Palestine) et sud du Liban
Planification plan Daleth
Cible villages arabes
Date 29-31 octobre 1948
Participant

Armée israélienne (6000 hommes) :

Milices arabes (2000 à 4000 hommes) :

Issue Conquête du territoire, expulsion de 50 000 à 114 000[1] Palestiniens
Pertes

Armée israélienne : pertes légères

Arabes : 400 morts, 550 prisonniers

L'opération Hiram est une opération militaire israélienne de la guerre israélo-arabe de 1948 menée entre les 28 et dans le nord de la Galilée. Inscrite dans le plan général d’opérations israélien dit plan Dalet ou plan D, elle répond à ses objectifs généraux de conquête des territoires palestiniens et de nettoyage ethnique par l’expulsion de la majorité arabe (chrétienne ou musulmane), et s’accompagne de nombreux massacres. Deux lots d’archives, certaines déclassifiées, d’autres découvertes fortuitement en 2024, confirment que les expulsions et massacres faisaient partie des ordres donnés aux unités[1],[2],[3].

Guerre israélo-arabe

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Fin 1948, avec des effectifs de près de 100 000 hommes, grâce à un ordre de mobilisation générale décidé en par David Ben Gourion, et du matériel, de l’armement lourd et un approvisionnement en munitions suffisant, Israël dispose d'une supériorité militaire face aux armées arabes et aux milices palestiniennes. Depuis juillet, à la suite de la campagne des 10 jours, elle a pris l'initiative dans toutes les opérations militaires.

En face, la coalition arabe est inefficace. Les responsables politiques sont divisés et ne se font pas confiance. Leurs armées et forces expéditionnaires, souvent mal commandées, agissent sans coordination, souffrent de l'embargo imposé aux belligérants par les Nations unies et sont généralement démoralisées[4]. L’Armée de libération arabe, formée de volontaires, manque du matériel le plus élémentaire[5].

Après l'opération Yoav qui a vu les forces égyptiennes reculer dans le Néguev, l'état-major israélien étudie où placer l'action suivante. Yigal Yadin pense qu'il faut placer un effort majeur dans le secteur Nord menacé par les Syriens et les Irakiens qu'il considère comme les adversaires les plus dangereux. Dans la foulée, il éliminerait l'Armée de libération arabe de Galilée. Le reste de l'état-major considère néanmoins que le véritable danger reste le secteur central avec la Légion arabe et les Irakiens. David Ben Gourion décide en définitive que seule une « petite opération » sera lancée contre les forces de l'Armée de libération arabe dans le but de conquérir la Galilée[6].

Front de Galilée

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Depuis la débâcle arabe consécutive à l'opération Kedem (en), la situation en Galilée est calme. Le cessez-le-feu y est respecté et la situation des 50 000 Arabes qui y vivent, parmi lesquels de nombreux réfugiés, est la moins mauvaise du pays[réf. nécessaire].

Fawzi al-Qawuqji y a redéployé l'Armée de libération arabe. Il dispose de 1 500 à 3 000[7] hommes répartis en 2 bataillons sous-encadrés et de quelques pièces d'artillerie ainsi que de transports blindés. Toutefois, il manque du matériel de base, ses hommes sont démoralisés, malades, ne sont pas payés à temps et beaucoup désertent[6]. Les tactiques de l’ALA (tirs sur les convois et les soldats isolés) sont inefficaces[8]. Fawzi al-Qawuqji et ses officiers n'ont plus confiance dans les politiciens palestiniens ou arabes et les généraux des armées arabes. Réciproquement, lui-même a fait l'objet de tentatives de limogeages durant l'été et l'automne. Il agirait depuis pour son propre compte, fomentant le renversement des gouvernements libanais et syriens[9].

Il a également déployé un contingent au Liban pour organiser son approvisionnement avec l'armée libanaise qui constitue une force de réserve potentielle et une centaine d'hommes, la Jihad al-Muqadas, bien que dépendant du Mufti, servent sous ses ordres[6]. Benny Morris fait état également de la présence de 2 régiments d'infanterie de l'armée régulière syrienne mais Yoav Gelber semble présenter leur présence une fois l'opération Hiram commencée[10],[6]. Les milices villageoises, épaulées par ces volontaires, fortifient les villages dans l’espoir de résister[11].

Côté israélien, le front Nord a été confié à Moshe Carmel qui a sous ses ordres la 1re brigade Golani, la 2e brigade Carmeli et la 7e brigade blindée Sheva, qui totalisent une force de 9 bataillons complets[6]. Il peut également compter sur l'appui des forces aériennes[12].

Événements

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Bataille de Manara

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Le , en liaison possible avec des émissions radios diffusées depuis Damas et au caractère de plus en plus martial, Fawzi al-Qawuqji attaque et prend une position israélienne près du kibboutz de Manara (en), menaçant de couper la vallée de la Houla du reste du pays. Il semble également que l'armée libanaise serait prête à exploiter la situation en attaquant la colonie frontalière de Metoula[6].

Moshe Carmel demande alors d'activer le plan de conquête du nord de la Galilée mais David Ben Gourion et Yigaël Yadin ne l'autorisent qu'à attaquer les positions occupées par l'Armée de libération arabe à la suite de la réponse positive donnée par Israël au conseil de sécurité des Nations unies pour l'établissement d'un cessez-le-feu dans le Néguev[6].

L'assaut mené par la brigade Carmeli échoue et cette dernière souffre de lourdes pertes avec 33 morts et 40 blessés[6].

David Ben Gourion revoit alors sa position et donne l'ordre à Yigaël Yadin de renforcer le secteur nord avec la 9e brigade Oded - qui vient de participer à l'opération Yoav - et de prendre la Galilée durant le mois[6].

Opération Hiram

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À partir du , en préparation à l'opération, les villages principaux de Tarshiha, Jish et Sa'sa' sont bombardés quotidiennement par des B-17 et des C-47[13]. Ar-Rameh, Suhmata, Malikiyya et Kfar Bir'im souffrent aussi fortement de ces bombardements[14].

Le , l'opération principale, baptisée Hiram en référence au nom biblique du roi de Tyr, est lancée. Elle débute par le bombardement par les forces aériennes israéliennes des villages de Galilée et du sud Liban soupçonnés de servir de base à l'Armée de libération arabe[6]. Durant la nuit du 28 au , 21 tonnes de bombes sont déversées sur 7 villages de Galilée au cours de 13 raids successifs. Ceux-ci sont dévastateurs : ils provoquent par exemple la mort de 24 personnes[Où ?], 60 autres dans le village de Tarshiha et sont la cause du début de l'exode massif de la population[13].

Le matin du , les forces israéliennes rassemblant 11 ou 12 bataillons[15] se lancent à l'attaque de l'enclave[6],[13]. La 7e brigade Sheva fait mouvement de Safed jusqu'à Miron puis poursuit sur Jish, où les forces arabes déplorent de fortes pertes, et Safsaf[6]. S’étant déjà emparé de Safsaf en mai, les soldats israéliens et druzes submergent les défenses, massacrent 70 villageois et expulse le reste. Les soldats violent plusieurs femmes[16]. De son côté, la 9e brigade Oded fait mouvement vers l'est, prenant Tarshiha et d'autres villages arabes. Ensuite, dans un mouvement de prise en tenaille est-ouest, les 7e et 9e brigades se dirigent vers le carrefour stratégique de Sa'sa[6],[13]. En s’emparant de ce village, les troupes israéliennes massacrent une quinzaine de Palestiniens et détruisent la quasi-totalité des maisons[17].

Les 72e et 79e bataillons continuent ensuite vers le nord vers Kafr Bir'im, Saliha et arrivent à al Malikiya tandis que le 71e bataillon se dirige vers l'ouest, prenant Ras al Ahmar, Reihaniya, Alma et l'après-midi du Deishum[6],[13].
Dans le même temps, la 1re brigade Golani attaque vers le nord depuis le carrefour de Lubya, prend Eilabun, Maghar puis oblique vers l'ouest et prend Rameh, Beit Jann, Suhmata et Majd al-Kroum où elle est rejointe par le 123e bataillon[13]. Au total, des dizaines de villages sont conquis et expulsés (hébreu moderne : tihour, nettoyage) ; cependant, sans qu’on en connaisse la raison, dans certains villages, les habitants ont été autorisés à rester, comme à Jish ou Rameh. À Rameh, c’est peut-être la présence d’une minorité Druze ou la forte population réfugiée qui ont conduit à cette décision[14].. Des centaines d’habitants, notamment chrétiens, sont incarcérés dans des camps situés sur le littoral. Les musulmans, ainsi que les chrétiens qui refusaient de faire allégeance à Israël, étaient déportés au Liban[18]. Parfois, le commandement israélien change d’avis : ainsi à Eilaboun, la population se retrouve expulsée à marcher vers le Liban, certains mourant en chemin. Puis les chrétiens reçoivent l’ordre de revenir, toujours à pieds[19].

Le dernier village à tomber est celui de Buleida. Après une résistance de 10 jours, les habitants préfèrent prendre la fuite vers le Liban (Blida étant à 4 ou 5 kilomètres à l’ouest)[20].

La nuit suivante, la 2e brigade Carmeli, gardée en réserve dans la vallée de Houla, fait mouvement jusqu'à Manara puis entre au Liban où elle prend le contrôle de 11[6] à 15[10] villages et atteint le fleuve Litani[10].

L'opération est couronnée de succès et le nord de la Galilée est conquis en 60 heures[6]. Les archives de Rafi Kotzer, ainsi que des archives déclassifiées grâce à des recours en justice de l‘institut Akevot (en), apportent des précisions nouvelles à des opérations de nettoyage ethnique déjà connues de manière générale. Dans leur ensemble, ces opérations se distinguent par les ordres « d’annihilation des civils et de leurs villages », y compris les femmes et les enfants[2]. Selon un rapport de Yitzhak Modai (en) (ministre sans interruption de 1977 à 1992, notamment de la Justice et des Finances), ordre était donné par Moshe Carmel de « procéder à un nettoyage rapide et immédiat des éléments hostiles [...] et d’aider les habitants à partir »[1]. Les ordres donnés à la brigade Golani par Yitzhak Broshi sont : de tuer tout civil, qu‘il résiste ou non[2] ; en juillet, ordre donné à toute la brigade Golani : au cas où une personne donne ses papiers d‘identité à une autre, ordre est donné de tuer les deux[1],[2] ; en cas de retard à une convocation militaire, exécution immédiate et destruction de la maison[2] ; ordre de tuer un Arabe sur dix dans un village pris[2],[1] ; ordre de tuer tout Arabe n’appartenant pas au village conquis[2],[1] ; ordre de tuer tous les hommes d’une maison où seraient trouvés des biens juifs[1] ; ordre de massacrer tous les Arab a-Zabah (tribu de Bédouins)[2],[1] ; ordre de tuer tout Arabe se cachant[2] ; ordre précisant que tout homme au-dessus de 15 ans ne devait pas être considéré comme un civil[1]. Les « infiltrés » (des Palestiniens expulsés qui reviennent chercher leurs biens) doivent être abattus[1]. Il était également interdit de faire des prisonniers[1]. Selon Mordekhaï Maklef (futur chef d’état-major de l’armée israélienne), « il est impossible d’expulser 114 000 personnes [qui vivaient en Galilée] sans recourir à la terreur ». Selon Maxim Cohen, commandant de la brigade Carmeli « ...aucun village n’a été évacué sans que quelqu’un ne soit poignardé dans le ventre ou par des moyens similaires. »[1]. Haïm Ben David, futur général de division et conseiller militaire de Ben Gourion, l’expulsion des Arabes était pratique courante, et que selon les circonstances, le nettoyage d’une zone se faisait par le meurtre. « Nous connaissions le droit international, mais souvent nous ne nous sommes pas comporté conformément à ce droit[1] ». Parmi les officiers, Lahis, responsable du massacre de Houla, est ensuite nommé à la tête de l’Agence juive[2] .

Ces méthodes n’ont pas eu cours uniquement lors de l’opération Hiram : selon Yisrael Carmi, chef de bataillon à la 7e brigade : « J'ai conquis [Beersheba]. En nettoyant cette zone, j'ai donné l'ordre d'exterminer toute personne qui se présentait dans la rue, qu'elle résiste ou non » à propos de la conquête de Beersheba, dans le sud d’Israël[1]. La justice israélienne a été très clémente : en cas de viol, le (ou les) soldats pouvaient éventuellement être jugé si la victime était morte. Si le crime se limitait au viol, il n’y avait pas de procès[1].

Réactions arabes

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Durant l'ensemble des opérations, les forces libanaises ne réagissent pas, malgré les appels d'al-Qawuqji à voir leur artillerie couvrir la retraite de ses troupes et même après l'entrée des forces israéliennes sur le territoire libanais. Israël justifie la violation de frontière par la nécessité de protéger les voies d'accès à la Galilée et par les déclarations antérieures de soutien libanais à l'armée de libération arabe. Par ailleurs, des avions israéliens lâchent des tracts garantissant l'immunité de l'armée libanaise si elle n'intervient pas mais la menaçant de « graves répercussions » en cas d'intervention[6].

Durant l'opération, des informations font état d'une mobilisation des forces syriennes et d'une intervention imminente de l'armée dans la vallée de Hula. Dans les faits, une force de la taille d'un bataillon rencontre la 7e brigade pendant sa progression et après avoir subi de lourdes pertes se replie au-delà de la frontière libanaise. Dans le même temps, toutefois, une brigade syrienne entre sur le territoire libanais afin de couvrir le flanc de ses troupes positionnés à Mishmar Hayarden dans le cas où les Israéliens tenteraient une offensive depuis le territoire libanais. Ces forces resteront au Liban plusieurs mois malgré les demandes de retrait du gouvernement libanais[6].

Villages arabes conquis

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Villages Population
recensement de 1945[21]
Dates Résistance Brigade Notes
Al-Nabi Rubin 1000[22],[23] début octobre aucune inconnue Village déporté en deux vagues[24], puis détruit
Meiron 290 29 octobre milice villageoise 7e brigade Carmeli Village expulsé et détruit. 80 défenseurs tués[25]
Safsaf 910 29 octobre 2e bataillon de l’ALA brigade Sheva[26] voir massacre de Safsaf. Village expulsé et détruit.
Jish 1090[27] 29 octobre bataillon syrien brigade Sheva[26] 200 morts dans les combats. Massacre de 10 prisonnier et des civils exécutés[26]. Habitants expulsés, village repeuplé par des chrétiens expulsés d’autres villages[25]
Tarshiha 3840 29 octobre Milice villageoise, volontaires de l’ALA Brigade Oded Village dépeuplé ; 700 villageois revenus en décembre, plus de 100 déportés en janvier 1949. Immigrants juifs installés à leur place.
Sa'sa 1130 30 octobre aucune 7e brigade
unité druze
Massacre[28],[29].. Village expulsé et détruit.
Suhmata 1130[23],[22] 30 octobre aucune brigade Golani Village expulsé et détruit.
Dayr al-Qassi 2300 (avec Fassuta et al-Mansura) 30 octobre aucune Village expulsé et détruit.
Dayshum 590 30 octobre quelques villageois 7e brigade Sheva Village depopulated and destroyed.
Eilaboun 550[30] 30 octobre ALA brigade Golani Massacre (13 morts). Population expulsée, puis autorisation négociée de revenir en 1949.
Fara 320 30 octobre 7e brigade Sheva Village expuls et détruit.
al-Farradiyya 670 30 octobre Brigade Golani Village expulsé et détruit.
Fassuta 2300 (avec Dayr al-Qasi et al-Mansura) 30 octobre Population autorisée à rester
Ghabbatiyya 60 30 octobre ALA Hameau expulsé et détruit
Kafr ʿInān 360 30 octobre aucune brigade Golani Village expulsé et détruit
Marus 80 30 October aucune 7e brigade Sheva Village expulsé et détruit.
al Ras al Ahmar 620 30 octobre vide 7e brigade blindée Sheva Village expulsé et détruit.
Sabalan 70 30 octobre 1er bataillon de la brigade Golani Hameau expulsé et détruit.
Saliha 1070 30 octobre aucune 7e brigade blindée Sheva[26] Massacre d’au moins 60 à 94 personnes[31]. Village expulsé et détruit.
Kafr Bir'im 710 31 octobre 'surrendered' N/A Village expulsé et détruit.
Arab al-Samniyya 200 30–31 octobre 7e, Carmeli, Golani, Oded Village expulsé et détruit.
Ikrit 490 31 octobre aucune brigade Oded Village expulsé et détruit.
Khirbat Iribbin 360 31 octobre aucune Oded Brigade Village expulsé et détruit.
Houla 31 octobre Village du Liban. Voir massacre de Houla (34 à 89 morts)
Mhalia 900 31 octobre Le 1er novembre, le commandant de l’armée israélienne présent autorise les villageois à rentrer chez eux. En mars 1949, 25 habitants sont déportés pour avoir donné des informations à l’ennemi.
Al-Mansura 2300 (avec Fassuta et Dayr al-Qasi) 29–31 octobre Ville expulsée et détruite.
Hurfeish Druze 29–31 octobre Population autorisée à rester sur place.
Tarbikha 1000 29–31 octobre aucune Oded Brigade Ville expulsée et détruite
Suruh 1000[23],[22] 29–31 octobre aucune Village expulsé et détruit.
Al Bi'na 830 29–31 octobre Quelques villageois restent après la guerre. La ville existe toujours aujourd‘hui.
Kaukab Abu al-Hija 490 29–31 octobre Villageois se rendent et restent après la guerre. La ville existe toujours aujourd’hui.
Kafr Manda 1260 29–31 octobre Quelques villageois restent après la guerre. La ville existe toujours aujourd‘hui.
Sakhnin 1891 (recensement de 1931) 29–31 octobre Quelques villageois restent après la guerre. La ville existe toujours aujourd‘hui.
Arraba 1800 29–31 octobre Quelques villageois restent après la guerre. La ville existe toujours aujourd‘hui.
Deir Hanna 750 29–31 octobre Quelques villageois restent après la guerre. La ville existe toujours aujourd‘hui.
Maghar 2140 29–31 octobre Quelques villageois restent après la guerre. La ville existe toujours aujourd‘hui.
Reihaniya Tcherkesse 29–31 octobre Population autorisée à rester.
Alma 950 29–31 octobre Village expulsé et détruit
Buleida[32] milice villageoise Fuite des villageois quand la situation est devenue sans espoir[33].
Arab a Zabah inconnu (Bédouins) Ordre de massacre intégral (pas d’informations sur l’exécution de l’ordre)[2]

Massacres et expulsions

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L'historien israélien Benny Morris rapporte que durant l'opération Hiram les forces israéliennes perpétuent au moins neuf massacres de civils palestiniens et de prisonniers de guerre : à Eilabun, Saliha, Safsaf, Jish, Houla, Majd al-Kouroum, Bi'neh, Deir al-Asad et la tribu des Arab al-Mawasi à Khirbat al-Wa'ra al-Sawda'[10]. Il estime que la moitié des massacres commis durant la guerre israélo-arabe de 1948 se produisirent durant l'opération Hiram[34]. Il estime le nombre de morts à environ 3 000, pour les massacres de civils ou de prisonniers arabes.

En 2019, Adel Manna recense lui 14 massacres : à ceux recensés par Morris, il ajoute Kafr 'Ana, Mirun, Sa‘sa‘, Sha'b (en), Tarshiha, Nahaf[35].

Le , le chef des opérations sur le terrain, Moshe Carmel, ordonne aux militaires de continuer les expulsions de la population arabe. Selon Benny Morris, il ne fait aucun doute que cet ordre lui est donné par David Ben Gourion après sa visite au Quartier Général des opérations, à Nazareth[34].

L'historien également israélien Yoav Gelber se pose la question de savoir pourquoi cette opération a provoqué nettement plus de massacres que les précédentes. Il considère que le nombre de tués serait entre 1500 et 2000. Tout d'abord, il rejette l'argument parfois avancé que les unités qui ont commis les massacres auraient principalement comporté des membres des anciens groupes paramilitaires de l'Irgoun et de Lehi. Selon lui, aucune unité qui a participé au massacre ne comporte une « caractéristique sociale et politique unique »[6].

Il voit 2 différences importantes par rapport aux opérations précédentes[6] :

  • les unités présentes de Tsahal, qui comportent de nombreux immigrants, rescapés de la Seconde Guerre mondiale et qui ont été témoins de traitements brutaux infligés par l'Armée rouge aux Allemands, éprouvent à l'encontre des Arabes palestiniens des sentiments durs, les rendant responsables de la guerre qui s'éternise ;
  • parce qu'ils n'ont pas eu le temps de fuir face à l'avance rapide des Israéliens ou parce qu'ils n'ont pas jugé nécessaire de le faire, les civils arabes ont été confrontés nettement plus souvent aux soldats israéliens et selon lui, si cela s'était produit lors des opérations précédentes, les conséquences auraient alors été « nettement plus sérieuses ».

Les pertes militaires du côté arabe sont d'environ 400 morts et un nombre presque équivalent concerne les prisonniers[36].

Les prisonniers sont enfermés dans des les Centres de détention israéliens de la guerre de 1948-1949.

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. a b c d e f g h i j k l m n et o Adam Raz, « Terror Was Needed to Make Arabs Leave’: What the Israeli Army Did in 1948, Revealed », Haaretz, 27 février 2026.
  2. a b c d e f g h i j et k Alex McDonald, « 'Everyone was killed': Documents shine light on 'annihilation' of Palestinians during 1948 Nakba », Middle East Eye, 27 février 2026.
  3. Ilan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, Paris : La Fabrique éditions, 2024 (2e édition en français). (ISBN 978-2-35872-280-3), chapitre « Achever le travail : octobre 1948-janvier 1949 », p. 227 et suivantes.
  4. Voir par exemple dans Rogan 2002, p. 66-93, Avi Shlaïm, Israël et la coalition arabe en 1948.
  5. Gelber 2006, p. 222 rapporte que la moitié des hommes de l'Armée de libération arabe n'ont pas de chaussures. Il parle aussi d'un manque de couvertures et d'épidémies au sein des troupes.
  6. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s et t Gelber 2006, p. 220-236
  7. Morris, Victimes (2003), p. 270, cite le chiffre de 3 000 hommes; Gelber 2006, p. 220 parle de 1 500 à 2 000 hommes. Peut-être Morris englobe-t-il les forces de l'Armée de libération arabe présentes au Liban ?
  8. I. Pappé, op. cit., p. 229.
  9. Rogan 2002, p. 209.
  10. a b c et d Morris, Victimes (2003), p. 270
  11. I. Pappé, op. cit., p. 230.
  12. Voir Ordre de bataille des forces engagées dans la guerre de Palestine de 1948.
  13. a b c d e et f Morris, The Birth (2003), p. 473
  14. a et b I. Pappé, op. cit., p. 231.
  15. Morris, The Birth (2003), p. 463.
  16. I. Pappé, op. cit., p. 234.
  17. I. Pappé, op. cit., p. 233.
  18. I. Pappé, op. cit., p. 232.
  19. I. Pappé, op. cit., p. 232-233.
  20. I. Pappé, op. cit., p. 234-235.
  21. All That Remains. (ISBN 0-88728-224-5). (1992)
  22. a b et c « Al-Nabi Rubin » [JPG], sur users.cecs.anu.edu.au (consulté le )
  23. a b et c « Al-Nabi Rubin » [JPG], sur palestineremembered.com (consulté le )
  24. * (en) Benny Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-00967-6, lire en ligne), p. 506-507.
  25. a et b Herzog. p. 90.
  26. a b c et d Morris (2004), p. 481.
  27. « Jish » [JPG], sur users.cecs.anu.edu.au (consulté le )
  28. Saleh Abdel Jawad, « Zionist Massacres: the Creation of the Palestinian Refugee Problem in the 1948 War », In E. Benvenisti, C. Gans, S. Hanafi, (directeurs de publication) Israel and the Palestinian Refugees. Beiträge zum ausländischen öffentlichen Recht und Völkerrecht, vol. 189. Springer, Berlin, Heidelberg, 2007. https://doi.org/10.1007/978-3-540-68161-8_3, p. 121.
  29. « Sa'sa' — سَعْسَع », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question, consulté le 11 mai 2025.
  30. « Eilabun » [JPG], sur users.cecs.anu.edu.au (consulté le )
  31. Morris, p. 487
  32. « Buleida - بليده », Palestine Remembered, consulté le 19 avril 2026.
  33. I. Pappé, op. cit., p. 235.
  34. a et b Interview de Benny Morris, Survival of the fittest, Ha'aretz, 2003.
  35. Adel Manna, Resistance and Survival in Central Galilee, July 1948–July 1951, Jerusalem Quaterly, no 79, automne 2019.
  36. Karsh 2002, p. 68.

Documentation

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Ouvrages de référence utilisés pour la rédaction de l'article

Filmographie

Articles connexes

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