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Opérateur historique

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L'opérateur historique d'un pays est, dans les secteurs qui ont fait l'objet d'un monopole public, l'entreprise qui appartenait à l'État, ce qui lui a permis de mettre en place, développer, et gérer l'infrastructure nécessaire pour offrir un Service public industriel et commercial (selon la terminologie française).

Le terme est généralement utilisé lorsque le secteur concerné a fait l'objet d'une libéralisation économique[1], donc une mise en concurrence de cet opérateur historique, qui peut avoir disparu ou subsister sous différentes formes : administration publique, entreprise de droit public, d'entreprise totalement ou partiellement privatisée, autonome ou acquise par une autre entité. Lorsqu'ils subsistent, les opérateurs historiques, de par leur position dominante, font l'objet de dispositions particulières dans les législations d'ouverture à la concurrence.

On les trouve notamment dans les secteurs suivants :

Secteur des télécommunications

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Pays Opérateur historique Date d'ouverture du marché Date de dégroupage de la boucle locale Concurrents depuis l'ouverture du marché
Entreprises Particuliers
Drapeau de la France France Orange, anciennement France Télécom SFR & Numericable (groupe Altice), Bouygues Telecom, Free (groupe Iliad)
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni BT, anciennement British Telecom O2, Everything Everywhere, 3, Vodafone
Drapeau de l'Allemagne Allemagne Deutsche Telekom O2, Vodafone, Simyo
Drapeau du Bangladesh Bangladesh Bangladesh Telegraph and Telephone Board Grameenphone, Banglalink, Robi
Drapeau de la Belgique Belgique Groupe Proximus, anciennement Belgacom BASE , Orange, Voo, Telenet
Drapeau de la Norvège Norvège Telenor, anciennement Televerket Norvège
Drapeau de la Suède Suède TeliaSonera, anciennement Televerket Suède
Drapeau de la Finlande Finlande TeliaSonera, anciennement Sonera
Drapeau de l'Espagne Espagne Telefónica (Movistar)[2] Amena (groupe Orange), Vodafone, Euskaltel
Drapeau de la Suisse Suisse Swisscom Salt Mobile, Sunrise, Omea Telecom
Drapeau des États-Unis États-Unis AT&T Verizon, Sprint, T-Mobile
Drapeau du Portugal Portugal Altice Portugal, anciennement Portugal Telecom
Drapeau de l'Algérie Algérie Algérie Télécom Djezzy, Ooredoo Algérie
Drapeau du Maroc Maroc Maroc Telecom Orange , Inwi
Drapeau de la Tunisie Tunisie Tunisie Télécom Ooredoo Tunisie, Orange Tunisie
Drapeau de la Turquie Turquie Turk Telekom
Drapeau du Togo Togo Togo Télécom

Secteur des chemins de fer

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Dans les années 1990, l'Europe souhaite lutter contre l'érosion de la part modale du chemin de fer par un plan de libéralisation du rail formulée dans un livre blanc paru en 1996. S'en suivent 4 "paquets ferroviaires" ouvrant progressivement à la concurrence certains trafic :

  • En 2001, premier paque "infrastructure" : le activités de gestionnaire d'infrastructure et d'opérateur de transport doivent être clairement scindées. Chaque gestionnaire d'infrastructure doit définir les modalités d'accès d'autres entreprises de transport ferroviaire à son réseau (dans un premier temps, uniquement les axes fret "structurant") sur base d'un tarif équitable et de licences d'accès.
  • En 2004/2007,un second paquet ferroviaire complète et précise le premier, il fixe par exemple les normes d'interopérabilité et de sécurité ferroviaire vers lesquelles l'ensemble des gestionnaires d'infrastructure nationaux doivent converger afin de simplifier l'accès à ces infrastructures et l'exploitation transfrontalière. 11 "corridors fret européens" sont définis.
  • En 2004/2008 également, un troisième paquet ferroviaire est discuté à la demande du parlement européen. Il balise la libéralisation du trafic voyageur, en commençant par le trafic international (à l'exception des connexions de proximité mais avec possibilité de cabotage, soit de charger et débarquer des voyageurs dans le même pays dans des trains internationaux).
  • En 2016, le quatrième paquet prévoit la libéralisation du transport des passagers nationaux, avec plusieurs échéances :
    • 2020 pour les lignes nationales / interrégionales.
    • 2026 - ramené ultérieurement à 2023 - pour les lignes régionales. C'est également à partir de fin 2023 que les services organisés sous forme de délégation de service public (marché global cohérent reprenant l'exploitation de plusieurs lignes, avec dotation publique et éventuel droit d'exclusivité) devront également être soumis à concurrence lors de leur renouvellement.

A noter : certains pays et régions (notamment aux Pays-Bas et en Allemagne) n'ont pas attendu ces dates limites pour soumettre à concurrence certaines de leurs concessions.

Le tableau ci-dessous reprends donc les dates auxquelles une première entreprise de transport ferroviaire certifiée a pu opérer un train dans le pays et pour le segment concerné.


Pays Opérateur historique Date de première circulation d'un opérateur alternatif Concurrents privés Commentaires
fret voyageurs
desserte internationales
voyageurs
grandes lignes
voyageurs
desserte régionales
Drapeau de la France France SNCF 14-06-2005 12-12-2011 29-06-2025 Connex, DB Cargo, Europorte, Trenitalia, (Railcoop), Transdev 14-06-2005 : Connex (Veolia Environnement) sur un trafic de chaux de Dugny-sur-Meuse vers l'Allemagne[3]
12-12-2011 : Thello débute un service alternatif de nuit entre Paris et Venise[4]
29-06-2025 : Transdev sur les TER Marseille-Nice[5].
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni British Rail (démantelée) Nombreuses sociétés
Drapeau de la Belgique Belgique SNCB 03-04-2002 15-12-2002 Dillen & Lejeune Cargo, DB Schenker, Captrain, Europorte, Railtraxx, RTB Cargo, Arriva 03-04-2002 : Dillen & Lejeune Cargo opère un premier train entre Duisbourg et le port d'Anvers[6].
15-12-2002 : la Deutsche Bahn dessert Bruxelles depuis Francfort et Cologne. Initialement, cela se fait en collaboration avec la SNCB, comme c'est le cas pour Thalys/Eurostar.
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas NS 1998/2005 Arriva, Keolis Nederland, Syntus, Abellio, Connexxion, DB RegionalBahn Les Pays-Bas ont identifié dès 2003 une série de 30 lignes voyageur régionales déficitaires et les ont mises en concession avec appel à la concurrence (18 lots, comportant des circuits de bus et parfois une mixité avec du tram ou du train) à partir de 2005, alors que les lignes nationales et régionales de voyageurs non déficitaires font l'objet d'une concession non subventionnée - mais soumise à rétribution - attribuée sans concurrence à l'opérateur historique NS. Il faut noter que les péages pour l'utilisation des voies sont, eux, largement subsidiés. Par ailleurs, dès 1998/2000, deux exploitations conjointes entre les NS et des opérateurs privés régionaux de réseaux bus (Syntus et VEONN/Arriva) ont été expérimentées, puis cela a évolué vers des mises en concession classiques quelques années plus tard.

Notes et références

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  1. Marie-Anne Frison-Roche, « Opérateur historique - Dictionnaire bilingue du Droit de la Régulation et de la Compliance », sur Journal of Regulation and Compliance, (consulté le )
  2. (es) Movistar, « Movistar. Promoción Fusión+ - Ahora Gratis 4 Meses », sur www.movistar.es (consulté le )
  3. « Connex va exploiter le premier train privé de transport de fret en France », sur lemonde.fr (consulté le )
  4. « Thello. Le premier train privé débarque en France », sur ouest-france.fr (consulté le )
  5. « Transport ferroviaire : le premier TER privé est arrivé sur la ligne Marseille-Nice », sur franceinfo.fr (consulté le )
  6. « Le premier train privé circule en Belgique », sur dhnet.be (consulté le )

Articles connexes

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Liens externes

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