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Matrice de Hilbert

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En algèbre linéaire, les matrices de Hilbert (en hommage au mathématicien David Hilbert) forment une suite de matrices carrées d'ordre de terme général

Ainsi, la matrice de Hilbert de taille 5 vaut

Les matrices de Hilbert servent d'exemples classiques de matrices mal conditionnées, ce qui en rend l'usage très délicat en analyse numérique. Par exemple, le coefficient de conditionnement (pour la norme 2) de la matrice précédente est de l'ordre de 4,8×10⁵.

Le déterminant de telles matrices peut être calculé de façon explicite, comme cas particulier d'un déterminant de Cauchy.

Hilbert a introduit en 1894[1] la matrice qui porte son nom pour étudier la question suivante en théorie de l'approximation : « Soit un intervalle réel. Peut-on trouver un polynôme non nul à coefficients entiers tel que l'intégrale soit inférieure à donné, aussi petit soit-il ? Pour répondre à cette question, Hilbert établit une formule exacte pour le déterminant des matrices de Hilbert et étudie leur comportement asymptotique. Il conclut que la réponse est positive si la longueur de l’intervalle est inférieure à 4.

Propriétés

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Si on interprète le terme général de la matrice de Hilbert comme

on peut y reconnaître une matrice de Gram pour les fonctions puissances et le produit scalaire usuel sur l'espace des fonctions de [0, 1] dans de carré intégrable. Puisque les fonctions puissances sont linéairement indépendantes, les matrices de Hilbert sont des matrices symétriques définies positives. Elles sont même totalement positives (le déterminant de chaque sous-matrice est strictement positif).

Les matrices de Hilbert sont des exemples de matrices de Hankel .

Leur déterminant peut être exprimé sous forme close, comme cas particulier de déterminant de Cauchy. Le déterminant de la matrice de Hilbert d'ordre s'obtient par la formule :

 ; les sont les super-factorielles.

Hilbert avait déjà mentionné le fait curieux que ces déterminants sont des inverses d'entiers (fractions unitaires).

Ceci découle de l'identité :

Ces termes forment la suite A005249 de l'OEIS.

En utilisant la formule de Stirling on peut établir le résultat asymptotique suivant :

tend vers la constante lorsque , où est la constante de Glaisher-Kinkelin .

L'inverse de la matrice de Hilbert d'ordre peut être exprimé sous forme fermée à l'aide de coefficients binomiaux[2] :

Il s'ensuit que les coefficients de la matrice inverse sont tous des entiers et que les signes forment un motif en damier, étant positifs sur la diagonale principale. Par exemple,

Notes et références

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  1. (de) David Hilbert, « Ein Beitrag zur Theorie des Legendre'schen Polynoms », Acta Mathematica, vol. 18, , p. 155–159 (DOI 10.1007/BF02418278)
  2. Choi, « Tricks or Treats with the Hilbert Matrix », The American Mathematical Monthly, vol. 90, no 5, , p. 301–312 (DOI 10.2307/2975779, JSTOR 2975779)

Articles connexes

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Liens externes

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