Aller au contenu

Madeleine Renaud

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Madeleine Renaud
Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait de Madeleine Renaud vers 1945,
photographie du studio Harcourt.
Nom de naissance Lucie Madeleine Renaud
Naissance
Paris 16e (France)
Décès (à 94 ans)
Neuilly-sur-Seine (France)
Activité principale Comédienne de théâtre et de cinéma
Style
Lieux d'activité Comédie-Française, Théâtre Marigny, Théâtre de l'Odéon, Théâtre Récamier, Théâtre du Rond-Point, Théâtre d'Orsay
Années d'activité 1920-1989
Conjoint

Charles Granval

Jean-Louis Barrault
Descendants Jean-Pierre Granval
Famille Marie-Christine Barrault
Récompenses Grand prix du cinéma français pour Maria Chapdelaine - 1934
Prix du Syndicat de la critique : meilleure comédienne pour Oh les beaux jours - 1964
Grand prix national du théâtre - 1972

Madeleine Renaud, née le à Paris 16e et morte le à Neuilly-sur-Seine, est une actrice française de théâtre et de cinéma.

Madeleine Renaud en 1956 (Studio Harcourt).
Madeleine Renaud en visite au Brésil (1961).

Issue d'un milieu bourgeois, Lucie Madeleine Renaud est la fille de Louis Paul Renaud, ingénieur, et Anne Pauline Lucie Derigon. Elle est élève au lycée Racine (Paris)[1]. Elle entre à la prestigieuse Comédie-Française à l'âge de 21 ans, par désir d'avoir un métier et d'être indépendante. Elle épouse en 1922[2] le comédien Charles Granval avec lequel elle a un fils, Jean-Pierre Granval[3]. Sur les planches, elle joue le plus souvent des rôles d'ingénue. Sa notoriété s'accroît avec l'avènement du cinéma parlant.

En 1936, elle rencontre lors du tournage du film Hélène l'acteur et metteur en scène Jean-Louis Barrault, qui deviendra son second mari le [2]. En 1943, ils collaborent sur la création du Soulier de satin de Paul Claudel, qu'il met en scène.

Après avoir interprété 127 rôles, elle quitte la Comédie-Française en 1946[4] pour fonder avec son mari la Compagnie Renaud-Barrault, qui s'installe au théâtre Marigny à l'invitation de sa directrice Simonne Volterra qui souhaite y créer une troupe maison. .

En 1959, son mari accède au poste de directeur du théâtre de l'Odéon-Théâtre de France, qu'il devra quitter après les événements de . La compagnie déménage dans ce théâtre. La comédienne crée la Winnie de Oh les beaux jours de Samuel Beckett en 1963, rôle qu'elle endossera jusqu'à la fin de sa carrière[5]. Elle joue Jean Genet, Marguerite Duras, François Billetdoux.

À partir de 1968, la compagnie Renaud-Barrault déménage à nouveau et s'installe à l'Élysée-Montmartre, boulevard Rochechouart. Madeleine Renaud s'éloigne un temps de la Compagnie pour jouer aux côtés de Claude Régy dans L'Amante anglaise de Marguerite Duras. Puis elle est Maude dans Harold et Maude, rôle qu'elle tiendra longtemps, après l'installation de la Compagnie dans l'ancienne gare d'Orsay, puis au théâtre du Rond-Point.

Plaque au 18, avenue du Président-Wilson (Paris).

De 1940 à 1994, elle vit avec Jean-Louis Barrault au 18, avenue du Président-Wilson (16e arrondissement de Paris). Une plaque commémorative leur rend hommage.

Madeleine Renaud meurt en 1994 à l'hôpital américain de Neuilly-sur-Seine[6],[7], sept mois après son époux Jean-Louis Barrault ; elle est inhumée auprès de lui au cimetière de Passy (Paris).

Elle est la tante, par alliance, de l'actrice Marie-Christine Barrault et la grand-tante de l'historien Antoine Boulant.

Comédie-Française

[modifier | modifier le code]


Compagnie Renaud-Barrault

[modifier | modifier le code]
Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault.
  • 1951 :
    • Lazare d'André Obey (création), mise en scène de Jean-Louis Barrault - rôle de Marthe[17].
    • L’Échange de Paul Claudel, mise en scène de Jean-Louis Barrault - rôle de Marthe ; reprise au Théâtre des Célestins à Lyon en 1952.
    • Connaissance de Paul Claudel : textes, poèmes, choix et mise en scène de Jean-Louis Barrault.
  • 1953 :
    • Le Livre de Christophe Colomb de Paul Claudel, mise en scène de Jean-Louis Barrault - rôle d'Isabelle la Catholique ; la pièce est créée le mai au Festival de la ville de Bordeaux, puis reprise à partir d'octobre au théâtre de Marigny.
    • Pour Lucrèce de Jean Giraudoux (création), mise en scène de Jean-Louis Barrault - rôle de Lucile Blanchard.
  • 1954 :
    • La Cerisaie d'Anton Tchekhov, mise en scène de Jean-Louis Barrault - rôle de madame Ranievski ; la pièce est créée à Rio de Janeiro lors de la tournée de la compagnie en Amérique du Sud[19], reprise à Paris au Théâtre Marigny le , au Théâtre des Célestins à Lyon en octobre 1955 puis au Théâtre de l'Odéon en 1960 et en 1963[20].
    • Le Misanthrope de Molière, mise en scène de Jean-Louis Barrault qui joue Alceste - rôle de Célimène ; pièce créée lors de la tournée de la compagnie en Amérique du Sud ; reprise au Théâtre Marigny à Paris puis au Théâtre des Célestins à Lyon en [21].
  • 1962 :
    • Un otage, pièce de Brendan Behan (création), mise en scène de Georges Wilson - rôle de Miss Gilchrist.
    • La Révélation de René-Jean Clot, mise en scène de Jean-Louis Barrault, - rôle de la mère supérieure.
    • La nuit a sa clarté de Christopher Fry, mise en scène de Jean-Louis Barrault - rôle de la comtesse Rosemarine Ostenburg.
    • reprise de la La Vie parisienne de Jacques Offenbach, mise en scène de Jean-Louis Barrault (créé en 1958 au Théâtre du Palais royal) - rôle de la Baronne.
  • 1964 : Il faut passer par les nuages de François Billetdoux, mise en scène de Jean-Louis Barrault - rôle de Claire Verduret-Balade.
  • 1973 :
    • Harold et Maude de Colin Higgins (création française), mise en scène de Jean-Louis Barrault - rôle de Maude ; création aux Entrepôts Lainé, Bordeaux, dans le cadre d'Octobre à Bordeaux ; reprise au Théâtre Récamier ; reprise au Théâtre des Célestins à Lyon en 1975.
    • La Vie offerte, pièce écrite et jouée par Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault : création aux Entrepôts Lainé, Bordeaux, dans le cadre d'Octobre à Bordeaux ; reprise au Théâtre Récamier.
  • 1976 : reprise de L'Amante anglaise de Marguerite Duras mise en scène de Claude Régy - rôle de la mère.

Filmographie

[modifier | modifier le code]

Télévision

[modifier | modifier le code]
Tombe de Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud au cimetière de Passy (division 3).

Distinctions

[modifier | modifier le code]

Décorations

[modifier | modifier le code]

Récompenses

[modifier | modifier le code]

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. (en) John Calder, « Obituary: Madeleine Renaud », The Independent, (lire en ligne).
  2. 1 2 Acte de naissance sur archivesenligne.paris.fr Acte no 228, vue 23
  3. Olivier Barrot et Raymond Chirat, Noir & Blanc, 250 acteurs du cinéma français 1930-1960, Flammarion, 2000
  4. Henri Magnan, « Huit sociétaires démissionnent de la Comédie-Française », Le Monde, (lire en ligne).
  5. 1 2 Brigitte Salino, « Beckett à bras-le-corps », Le Monde, (lire en ligne).
  6. Insee, « Extrait de l'acte de décès de Lucie Madeleine Renaud », sur MatchID
  7. « Madeleine Renaud est morte », Le Monde, (lire en ligne).
  8. H. K., « Avant les Mal aimés à la Comédie-Française », Le Monde, (lire en ligne).
  9. « Théâtre des Célestins - Saison 1945-46 », sur Théâtre des Célestins.
  10. Robert Kemp, « Les Nuits de la colère au théâtre Marigny », Le Monde, (lire en ligne).
  11. Robert Kemp, « Le Procès de Kafka au théâtre Marigny », Le Monde, (lire en ligne).
  12. « Occupe-toi d'Amélie », sur Théâtre des Célestins.
  13. Henry Macman, « La compagnie Jean-Louis Barrault "rentre" d'Angleterre. Madeleine Renaud sera ce soir l'Elizabeth d'Angleterre de Bruckner », Le Monde, (lire en ligne).
  14. « 'L’Impromptu de Marigny », sur Les Archives du spectacle.
  15. « Programme du spectacle », sur Théâtre des Célestins.
  16. Robert Kemp, « Malatesta », Le Monde, (lire en ligne).
  17. Henry Magnan, « Jean-Louis Barrault accueille le Lazare d'André Obey au Théâtre Marigny avant Musset, Paul Claudel et Jean Cocteau », Le Monde, (lire en ligne).
  18. (en) « Occupe-toi d'Amelie », sur Internet Broadway Database.
  19. « La compagnie Mad. Renaud - J.-L. Barrault jouera Tchekhov, Molière et Crommelyinck en Amérique du Sud », Le Monde, (lire en ligne).
  20. « La Cerisaie [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
  21. « Le Misanthrope - programme 1956 », sur Théâtre des Célestins.
  22. Claude Sarraute, « Le Chien du jardinier. Rencontre de Lope de Vega, Georges Neveux et J.-L. Barrault », Le Monde, (lire en ligne).
  23. « Programme du spectacle », sur Théâtre des Célestins.
  24. Yvonne Baby, « Quand Madeleine Renaud coiffe le chignon de Madame Sans-Gêne », Le Monde, (lire en ligne).
  25. Jean-Marcel Humbert, « La Vie parisienne. Cinquante cinq minutes de bonheur », Forumopera.com, (lire en ligne).
  26. Robert Kemp, « La Petite Molière de Jean Anouilh », Le Monde, (lire en ligne).
  27. Bertrand Poirot-Delpech, « Le Viol de Lucrèce d'André Obey, Mais n'te promène donc pas toute nue de Feydeau », Le Monde, (lire en ligne).
  28. Bertrand Poirot-Delpech, « Judith, de Jean Giraudoux », Le Monde, (lire en ligne).
  29. Bertrand Poirot-Delpech, « Madeleine Renaud dans Oh les beaux jours, de Beckett », Le Monde, (lire en ligne).
  30. Bertrand Poirot-Delpech, « Le Silence et Le Mensonge, de Nathalie Sarraute », le Monde, (lire en ligne).
  31. « Rabelais [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
  32. Bertrand Poirot-Delpech, « La Mère de Witkiewicz », Le Monde, (lire en ligne).
  33. (en) « Des Journées Entières Dans les Arbres », sur Internet Broadway Database.
  34. Michel Cournot, « La si simple grandeur de Marguerite Duras », Le Monde, (lire en ligne).
  35. Colette Godard, « Les voix », Le Monde, (lire en ligne).
  36. Michel Cournot, « Savannah Bay, de Marguerite Duras. Madeleine Renaud ou comment on peut jouer de tout », Le Monde, (lire en ligne).
  37. Michel Cournot, « Marie Jouhandeau. Une mère écrit à son fils », Le Monde, (lire en ligne).
  38. Jean de Baroncelli, « Des journées entières dans les arbres, de Marguerite Duras », Le Monde, (lire en ligne).
  39. Décret du 24 juin 1993
  40. Décret du 13 juin 1979 PORTANT PROMOTION ET NOMINATION AUX GRADES DE COMMANDEUR, D'OFFICIER ET DE CHEVALIER (CHANCELLERIE DE L'ORDRE NATIONAL DU MERITE) (lire en ligne)
  41. Arrêté du 24 septembre 1957 portant nomination dans la première promotion de l'ordre des Arts et des Lettres. Bulletin officiel des décorations, médailles et récompenses, p.1002, 9 octobre 1957
  42. Gérard Bonal 2000, p. 78.

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • Gérard Bonal, Les Renaud-Barrault : biographie, Paris, Éditions du Seuil, , 376 p.-[32] p. de pl. (ISBN 2-02-025905-2).
  • Denise Bourdet, « Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault », dans Pris sur le vif, Paris, Plon, .
  • Colette Godard, « Madeleine Renaud : elle a traversé le siècle », Le Monde, (lire en ligne).
  • Joël Huthwohl, « Madeleine Renaud et Paul Claudel », Bulletin de la Société Paul Claudel, no 199 « Claudel et la Bohême », , p. 14-23 (lire en ligne).
  • Noëlle Loriot, Madeleine Renaud, Paris, Presses de la Renaissance, , 299 p.-[16] p. de pl. (ISBN 2-85616-670-9, lire en ligne Accès limité).
  • Joël Le Bon et Thadée Klossowski (préf. Paul-Louis Mignon), Renaud-Barrault : Paris, notre siècle, Paris, Éditions de Messine, coll. « Collection Pierre Bergé », , 223 p. (ISBN 2-86409-010-4).

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]