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Grottes de Jonas

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Grottes de Jonas
Le site troglodytique de Jonas.
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Caractéristiques
Type de roche
Patrimonialité
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Les grottes de Jonas sont un habitat troglodytique, situé à Saint-Pierre-Colamine près de Besse-et-Saint-Anastaise (km) et Murol, département du Puy-de-Dôme, région d’Auvergne situé en France.

Origine du site

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Originaire de l’éruption du volcan du Pic Saint-Pierre, le site s’est formé de plusieurs fontaines de lave issues du même dyke qui a alimenté la coulée de lave de ce premier[1.1]. Formé entre -20 et -3 millions d’années, le bassin sédimentaire dans lequel se trouve le site a subi de nombreuses altérations qui ont fini par mettre à nue la coulée de lave et former la falaise[1.2].

L’histoire de la localité commence dans l’Antiquité. En effet, plusieurs statuettes de bronze celtiques et gallo-romaines ont été retrouvées près du site et le dolmen du Lac ne se trouve pas loin, mais l’archéologie n’a jamais prouvé que les grottes troglodytes y ont été creusées à cette époque[1.3].

L’insuffisance de la documentation de l’occupation gallo-romaine et la faiblesse des hypothèses gauloises de l’origine des grottes amènent à les abandonner. Aujourd’hui, les archéologues considèrent plutôt un creusement débutant à la période mérovingienne car il était déjà connu à l’époque des lieux environnants servant de refuges pour les habitants ainsi que d’ermitages comme pour celui dirigé par Saint Mart[1.3].

Formellement, le site troglodytique est daté du XIIe siècle d’après l’aménagement de la chapelle, et il apparaît dans les textes à partir de 1223, lorsque le seigneur Dalmas obtient une partie du contrôle des lieux[1.3].

L’usage du site se fait sur de nombreux siècles, jusqu’à la fin du XVIIe où l’abandon est évident. Mais des inhumations sont attestées à l’église Saint-Pierre jusqu’au milieu du XIXe siècle[1.3].

Les étages du site de Jonas.

Logé dans la longue falaise de tuf volcanique, le site est composé d’environ 70 logements aménagés sur des plans irréguliers la plupart du temps. Aujourd’hui en partie comblée par la terre et les rochers dû à des éboulements successifs, la zone basse des habitations n’est plus visible. Mais, au moins 5 niveaux sont apparents dans les parties hautes de la falaise[1.4].

S’il ne reste plus de mobiliers au sein des habitations, on retrouve néanmoins beaucoup d’aménagements creusés à même la roche comme des éviers, des armoires à rayons, des traces d’agrandissement ou encore des saignées pour glisser des cloisons de bois. On y trouve également un grand nombre de cheminées dont une avec un foyer circulaire qui atteste de son ancienneté puisque cette forme date de la fin du XIIe au début du XIIIe siècle[1.4].

On trouve aussi plus rarement d’autres aménagements comme des égouts, des portes en feuillure dont les huisseries ont disparu, des trappes d’accès horizontal ainsi que des annexe de tailles réduites[1.4].

Les pièces principales

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Le logis du maître

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Occupé par Dalmas de Jaunac, chevalier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, seigneur du lieu. Par précaution, la porte d’entrée était surélevée pour être moins facile à enfoncer. Dans un premier temps le logis, entièrement creusé, se limitait à la partie centrée sur la porte puis, seconde précaution, les locaux d’habitation étaient situés très en hauteur, au sommet d’un haut escalier à vis. Dans un second temps fut ajoutée une tour, mi-creusée mi-bâtie (aujourd’hui détruite). À l’étage principal (celui de la porte d’entrée) on trouvait la salle où le maître recevait, la chambre de séjour et les latrines. En dessous se trouvaient les cuisines et les loges pour les domestiques.

Aux alentours de l’an mil, les grottes de Jonas abritèrent des moines. Ce monastère troglodytique (c’est-à-dire creusé) fut abandonné au XIIe siècle. Le site fut réutilisé aux XIVe et XVe siècles pendant la guerre de Cent Ans, comme manoir et abri temporaire pour les paysans des environs en période de danger.

Jonas et ses environs formaient un fief de chevalier. À partir du XIIIe siècle, les chevaliers qui vivaient dans l’entourage de leurs seigneurs vont s’installer sur les domaines agricoles dont ils étaient bénéficiaires et y établir des manoirs (maison forte en mesure de résister à un coup de main ou une attaque de brigands).

La chapelle

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Fresques de la chapelle de Jonas.

Dans la partie de la chapelle romane qui s’est affaissée en 1706, on peut reconnaître un autel, qui possède encore son enduit, et une partie de la voûte avec le chapiteau d’une colonne d’angle. Le pilier rond, le massif de maçonnerie en travers de la salle et le renfort à l’extérieur sont des soutènements ajoutés lors de la restauration de 1958. La chapelle est ornée de peintures murales du XIe siècle.

Au Moyen Âge, ce four seigneurial était communautaire mais payant. On cuisait des tourtes de pain pour 10 ou 15 jours. On commençait par chauffer le four en brûlant des fagots de branchages et des bûches minces, pendant deux heures, porte ouverte. La combustion achevée, les cendres étaient raclées et entreposées dans le trou sous le four et servaient notamment pour la lessive. Les tourteaux de pâte étaient alors enfournés pour cuire une heure porte close dans la chaleur restituée par les parois du four.

À l’origine, la pièce disposait d’une cheminée et servait de pièce à vivre et chambre de séjour. Après que fut construite la tour, le fond de la cheminée fut creusé pour aménager un poste de défense afin de pouvoir surveiller l’entrée du site. Sans feu, la pièce ne servira plus que de chambre. Dans un habitat troglodytique, l’inconvénient majeur est la condensation sur les parois au printemps. Deux bouches d’aération haute assuraient la ventilation la nuit quand les volets étaient fermés.

Il est voûté car il n’était pas nécessaire de redresser les parois car il n’y avait pas de mobilier à placer. Il est complété par une cave éclairée par un soupirail et fermée par une trappe.

La bretèche de défense du site de Jonas.

Ce local sans profondeur était destiné à l’aménagement d’une bretèche : à savoir cet appentis en surplomb juste au-dessus du perron. L’entrée était un point faible en cas d’attaque, parce que la porte était en bois donc facile à défoncer et à brûler. On pouvait interdire l’approche par des tirs plongeants de flèches ou des lâchers de pierres (qu’on stockait en permanence dans la pièce). Après que ce local fut passé d’usage (à partir du XIIe siècle) la pièce fut aménagée en pigeonnier.

Les boulins du pigeonnier de Jonas.

Des nids (boulins) furent creusés dans la paroi car l’intérêt essentiel de l’élevage des pigeons résidait dans l’engrais très actif que cela produisait. La fiente (colombine) produite par un couple et ses petits permettait d’amender un demi-hectare de terre.

Cette pièce, pour des raisons d’hygiène, est isolée du reste du village. Les murs sont blancs, car recouverts de chaux (matière) pour sa propriété antiseptique, déjà connue au Moyen Âge. Ce n’était pas un hôpital car à cette époque on ne savait pas encore soigner les malades.

L’église et les grottes de Jonas ont été classées au titre des monuments historiques en 1886[2].

Notes et références

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  1. Pierre Lavina, Bruno Phalip et Anne Courtillé, Site troglodyte de Jonas, Saint-Pierre-Colamine, Éditions Octobre Novembre, , 88 p. (ISBN 978-2-9531076-1-6)
    1. « Le site de Jonas, un ancien volcan », page 15-17
    2. « Le site de Jonas et son environnement géologique » p. 18
    3. 1 2 3 4 « Une occupation humaine très importante au Moyen Âge », p. 27-35
    4. 1 2 3 « Le site », p. 37-43
  2. « Eglise et grotte de Jonas », notice no PA00092380, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture

Bibliographie

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  • Grottes de Jonas : vestiges moyenâgeux d’une cité souterraine fortifiée creusée dans une falaise de tuf volcanique : monument historique du XIe siècle, Pont-du-Château, Ed. artisanales, , 20 p.
  • Anne Courtillé, « Peintures romanes aux grottes de Jonas », Auvergne magazine, no 126, , p. 6-7
  • Marc Thibout, « Les grottes de Jonas et les peintures murales de leur chapelle », Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 89, no 1, , p. 22–25 (DOI 10.3406/crai.1945.77818, lire en ligne, consulté le )
  • Élie Jaloustre, « Les grottes de Jonas (près de Besse) et leur église », Bulletin historique et scientifique de l’Auvergne, , p. 187-199 (lire en ligne)
  • Élie Jaloustre, Les grottes de Jonas, près de Besse et leur église, Clermont-Ferrand, Louis Bellet,
    Rassemble les articles parus dans le Bulletin Historique et Scientifique de l’Auvergne
  • Léon Chabory, Grottes d’Auvergne. Notice sur les grottes et les dolmens de Jonas et de Saint-Nectaire et sur les grottes de Boissière et Rojat, Grenoble, F. Allier,
  • Gilbert-Aymond Mallay et François Gilberton (lithographe), « Notes sur la montagne de Jonas : Commune de St-Pierre-Colamines, canton de Besse », Mémoires de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Clermont-Ferrand, , p. 65-70 (lire en ligne)

Articles connexes

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Liens externes

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