Ernst Achenbach
| Député au Bundestag 7e législature du Bundestag (d) Liste régionale de Rhénanie du Nord-Westphalie (d) | |
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| Député au Bundestag 6e législature du Bundestag (d) Liste régionale de Rhénanie du Nord-Westphalie (d) | |
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| Député au Bundestag 5e législature du Bundestag (d) Liste régionale de Rhénanie du Nord-Westphalie (d) | |
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| Représentant à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe Allemagne | |
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| Député au Bundestag 4e législature du Bundestag (d) Liste régionale de Rhénanie du Nord-Westphalie (d) | |
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| Suppléant de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe Allemagne | |
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| Député au Bundestag 3e législature du Bundestag (d) Liste régionale de Rhénanie du Nord-Westphalie (d) | |
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| Député 3e législature du Landtag de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (d) | |
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| Député 2e législature du Landtag de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (d) | |
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| Député européen |
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| Partis politiques | |
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| Membre de |
Exécutif fédéral du FDP (d) (- Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe |
| Distinctions |
Ernst Achenbach, né à Siegen le et mort à Essen le , est un juriste et diplomate allemand membre du parti nazi.
Il est particulièrement connu pour avoir été, à Paris, durant l'Occupation de la France par l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, l'adjoint de l'ambassadeur Otto Abetz, dirigeant la section politique de l’ambassade et responsable, notamment, de l'organisation de déportations.
Après la guerre il est député au Bundestag où il milite avec insistance pour l'amnistie des criminels de guerre, jusqu'à un scandale qui fait de lui un symbole des failles de la dénazification en Allemagne.
Biographie
[modifier | modifier le code]Éducation
[modifier | modifier le code]Achenbach, protestant de confession, fait ses études secondaires à Gelsenkirchen. Il étudia ensuite le droit à Paris, Berlin, Hambourg et Bonn. Après obtention de son doctorat en droit en 1936, il adhère au parti nazi et devint directeur général du Fonds Adolf Hitler, chargé de la collecte de dons. Antérieurement il avait été membre de l'organisation paramilitaire nationaliste allemande Stahlhelm, et adhéré en 1933 à la Ligue des avocats nationaux-socialistes[1].
En 1969, ayant intégré le service diplomatique allemand en 1939, il est affecté à l'ambassade d'Allemagne de Paris.
Seconde Guerre mondiale
[modifier | modifier le code]Durant l'occupation allemande de la France, il est, de juin 1940 à mai 1943, premier conseiller de l'ambassade d'Allemagne à Paris, dont il dirige l'important département politique ; à ce poste il collabore étroitement avec l'ambassadeur Otto Abetz[2].
À ce poste, il organise en août 1940 le contrôle de la presse, de la radio, de l’édition et des spectacles, puis en octobre, l’entrevue de Montoire entre Hitler-Pétain[2] et supervise la liaison entre le chef de la Gestapo et le délégué de Vichy à Paris[2]. Il intervient pour demander le remplacement de Xavier Vallat par Darquier de Pellepoix et va à Vichy avec Abetz pour « “libérer” Laval, momentanément écarté par Pétain[2] ». Achenbach a joué un rôle clé dans la fondation du Rassemblement national populaire de Marcel Déat, afin d'orienter le régime de Vichy vers une idéologie ouvertement pro-nazie[3] et on lui prête d'avoir inspiré la grave déclaration de Laval, faite en sa présence, le 21 juin 1942 : « Je souhaite la victoire de l’Allemagne »[2].
Dès février 1941, il prend part aux réunions de l’ambassade pour la préparation des mesures antijuives[2]. En 1942 il supervise la déportation des Juifs apatrides, signe la note donnant le feu vert au chef de la section antijuive de la Gestapo en France, Heinz Röthke. Il signe aussi en mars 1943 le télégramme adressé au ministre des Affaires étrangères à Berlin annonçant la déportation, en représailles d’un attentat commis contre deux officiers de la Luftwaffe, de deux mille Juifs de 16 à 65 ans envoyés au centre d'extermination de Majdanek, où ils sont assassinés par gaz à leur arrivée[2].
Semble-t-il renvoyé du service diplomatique, il sert dans l'armée entre 1944 et 1945.
Après guerre
[modifier | modifier le code]Achenbach est interrogé par le procureur américain Robert Kempner lors du Procès de Nuremberg et laissa croire aux enquêteurs que l'ambassade d'Allemagne en France avait été un foyer du complot contre Hitler[4]. Il n'est pas inquiété et peut plaider à Nuremberg en défense de criminels, puis en Belgique en 1951 où il défend Alexander von Falkenhausen et Eggert Reeder lors de leur procès pour crimes de guerre.
À partir de 1946, il travaille comme avocat à Essen[5]. Actif au sein du Parti libéral-démocrate, il est élu député d’Essen de 1957 à 1976, et milite pour l'amnistie des criminels de guerre. Ayant crée un groupe de pression qui emploie Werner Best (membre important de la SS, actif en France puis au Danemark) et Franz Six (responsable au sein des unités mobiles d'extermination en Union soviétique et criminel de guerre condamné)[6], il est soupçonné d’avoir mis ses anciens amis à des postes clés, mais n'est pas été exclu pour autant, malgré l’avis du comité directeur du parti. Mieux, il deviend porte-parole de son groupe en politique étrangère, et siège à la commission des Affaires étrangères du Bundestag[2].
En 1970 il est nommé pour représenter la République fédérale d'Allemagne comme commissaire à la Commission européenne, mais il est forcé de renoncer à ce poste, car son implication dans la Shoah est alors révélée par Serge et Beate Klarsfeld, qui publient le télégramme du annonçant la déportation de deux mille Juifs :
« Télégramme du 15 février 1943, de Paris au ministère des Affaires étrangères à Berlin, signé Achenbach :
Le 13 février 1943, vers 21h10, le lieutenant-colonel Winkler et le commandant Nussbaum, du commandement aérien III, furent abattus par derrière alors qu'ils regagnaient leurs quartiers à l'hôtel Louvre à Paris... L'enquête visant à identifier le ou les auteurs de cet attentat est en cours.
En guise de représailles préliminaires, un plan est en cours pour arrêter 2 000 Juifs et les déporter vers l'Est. »
Achenbach meurt à Essen le .
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ (de) Dictionnaire biographique régional sur le national-socialisme dans les districts de Siegen et Wittgenstein, art. Ernst Achenbach.
- Un nazi bien tranquille.
- ↑ Jean-Paul Cointet, Hitler et la France, Paris: Perrin, 2014, p. 164 (Cointet décrit Achenbach à Paris comme un personnage vantard et un mondain assidu aux cercles de la collaboration).
- ↑ Selon ses déclarations conservées dans la transcription de son interrogatoire, Archives municipales de Nuremberg, dossier A6.
- ↑ (de) Ernst Klee, Das Personenlexikon zum Dritten Reich. Wer war was vor und nach 1945 (Dictionnaire biographique du Troisième Reich. Qui était qui avant et après 1945 ?, Francfort-sur-le-Main: Taschenbuch, 2005, p. 10.
- ↑ Tauber, 1967, p. 134.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Jacques Derogy, « Un nazi bien tranquille », dans Serge Klarsfeld, La Traque des criminels nazis, Paris, Tallandier, (lire en ligne), p. 167-172.
- (en) Kurt Tauber, Beyond Eagle and Swastika: German Nationalism Since 1945, Middletown, Conn., Wesleyan University Press, (présentation en ligne)
Liens externes
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- Ressource relative à la vie publique :
- Ressource relative aux militaires :
- Ressource relative à la musique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Eric Branca, « La vie bien tranquille d’Ernst Achenbach, le « lobbyiste » des nazis : L’ex-chef politique de l’ambassade du IIIe Reich à Paris pendant l’Occupation sera seulement démasqué lors de sa nomination à la Commission européenne », sur https://www.lepoint.fr, (consulté le )
- Député de la troisième législature du Bundestag
- Député de la quatrième législature du Bundestag
- Député de la cinquième législature du Bundestag
- Député de la sixième législature du Bundestag
- Député de la septième législature du Bundestag
- Membre du Landtag de Rhénanie-du-Nord-Westphalie
- Personnalité du Parti libéral-démocrate (Allemagne)
- Personnalité liée à la Shoah en France
- Juriste allemand du XXe siècle
- Diplomate allemand du XXe siècle
- Naissance en avril 1909
- Naissance à Siegen (Allemagne)
- Naissance dans la province de Westphalie
- Décès en décembre 1991
- Décès à Essen
- Décès à 82 ans