Aller au contenu

Deutschland IV

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Deutschland IV
illustration de Deutschland IV

Type Paquebot transatlantique
Histoire
Chantier naval Blohm & VossVoir et modifier les données sur Wikidata (HambourgVoir et modifier les données sur Wikidata)
Lancement
Mise en service
Statut Coulé par une attaque aérienne britannique en 1945
Équipage
Commandant Steinecke (1938)
Équipage 422 (équipage et officiers)
Caractéristiques techniques
Longueur 196,60 m
Maître-bau 22 m
Tirant d'eau 12,77 m
Tonnage 21 046 tjb
Propulsion 8 turbines à vapeur, 2hélices jumelées
Puissance 88 000 cv (1938)
Vitesse 20 nœuds
Caractéristiques commerciales
Ponts 5
Passagers 976 passagers
Carrière
Propriétaire Hamburg-Amerikanische-Packetfahrt-Actien-GesellschaftVoir et modifier les données sur Wikidata
Armateur HAPAG
Pavillon  Reichsmarine
 Kriegsmarine
Indicatif (RDSK) (1923)
(DHEI) (1933)
(DJNB) (1942)

Le navire Deutschland de 1923, connu comme le Deutschland IV pour le distinguer des autres navires de même nom, était un transatlantique de la compagnie HAPAG. Il fut coulé lors d'un raid aérien le .

Conception et construction

[modifier | modifier le code]

Le Deutschland est construit en 1923 pour le compte de la Hamburg-Amerikanische Packetfahrt-Actien-Gesellschaft (HAPAG) par les chantiers Blohm & Voss de Hambourg.

Le Deutschland mesure initialement 602,5 pi (183,64 m) de long et 78,7 pi (23,99 m) par le travers, avec un tirant d'eau de 51,6 pi (15,73 m)[1]. Sa jauge brute est de 20 602 tonneaux et sa jauge nette de 11 655 tonneaux[1].

Ce paquebot possédait deux cheminées et quatre mâts[1]. Il avait 5 ponts, un gaillard d'avant de 185 pi (56,39 m), un pont passerelle de 306 pi (93,27 m) et une dunette de 100 pi (30,48 m)[1].

Equipé de la signalisation sous-marine et de la transmission sans fil, l'indicatif du Deutschland était RDSK[1].

Motorisation

[modifier | modifier le code]

Huit turbines à vapeur à simple réduction actionnent deux hélices jumelées[1].

Il est remotorisé en 1929 pour passer au mazout[2]. Sa vitesse de croisière augmente à 19 nœuds. Sa jauge brute est de 20 742 tonneaux et sa jauge nette de 11 837 tonneaux[2],[note 1].

Transformations

[modifier | modifier le code]

En 1933, le Deutschland est allongé à 645,8 pi (196,84 m)[3]. Son tonnage recalibré à 21 046 tonneaux de jauge brute et 12 060 tonneaux de jauge nette[3].

Équipé d'un système de radiogonométrie, son indicatif devient DHEI[3]. En 1942, un gyrocompas et un système d'écholocalisation, ainsi que l'indicatif DJNB, sont indiqués[4].

La série des Deutschland avait commencé avec l'Albert Ballin.

Le Deutschland fut lancé le [Presse 1]. Il effectua sa croisière inaugurale le , de Hambourg à New York via Southampton[Presse 2].

Il pouvait accueillir 180 passagers en première classe, 400 en deuxième et 935 en troisième Référence nécessaire.

Le président du Mexique Plutarco Calles voyage sur le Deutschland de New York à Hambourg pour une visite officielle en Allemagne en 1924[5].

Alors qu'il est à quai à New York, un incendie se déclare en dans les cuisines des 1re classe. Il est éteint par l'équipage[Presse 3]. Aucun victime n'est à déplorer.

En , un message du Deutschland annonce la mort du "roi des liqueurs" James Scott Cooper après qu'il soit passé par-dessus bord[Presse 4],[Presse 5].

En , Albert Einstein rentre en Allemagne sur le Deutschland[Presse 6].

Comme d'autres paquebots, le Deutschland sert de convoyeur d'or entre l'Europe et les États-Unis : 301 barils d'or en à destination des banques parisiennes[Presse 7]; 26 caisses d'or d'une valeur de 182 millions de francs-or expédiées par des banques parisiennes vers les États-Unis en [Presse 8],[Presse 9].

Le , le Deutschland, avec à son bord 591 passagers et environ 400 hommes d'équipage, est en route vers New York. Alors qu'il est au sud-est du cap Race (Terre-Neuve), il émet un S.O.S. à 23 h 22 et signale un incendie dans la cale no 2. Plusieurs navires se déroutent, mais vers 1 h 20, un autre message informe que l'équipage s'est rendu maître de l'incendie[Presse 10]. Dans son rapport à sa compagnie, le capitaine Steinecke indique qu'aucun blessé n'est à déplorer[Presse 11],[Presse 12].

En 1940, il devint un navire-logement pour la Kriegsmarine à Gotenhafen. En 1945, en sept passages, il transporta 70 000 réfugiés de l'Allemagne orientale vers l'ouest dans le cadre de l'opération Hannibal. Il devint ensuite un navire-hôpital.

Le , il fut brûlé puis coulé dans la baie de Lübeck au large de Neustadt par la même attaque aérienne britannique qui coula le Cap Arcona et le Thielbek ; ces deux derniers navires avaient été remplis de déportés de 24 nationalités différentes (dont des Français). Des milliers d'entre eux sont morts. Par chance, au moment de l'incendie, aucun n'était à bord du Deutschland et l'équipage eut le temps de fuir.

En 1948, son épave est démontée et déchiquetée.

  1. Sur le registre 1933 de la Lloyds, on note un correction du maître-bau 72,2 pi (22,01 m) et du tirant d'eau de 41,9 pi (12,77 m), ainsi que l'inscription corrugated sides (côtés ondulés)[2].

Articles de presse

[modifier | modifier le code]
  • « Un nouveau transtlantique allemand », La Dépêche de Brest, no 14687, , p. 2 (lire en ligne, consulté le )
  • « L'effort d'expansion à l'étranger », Bulletin périodique de la presse allemande, no 301, , p. 11 (lire en ligne, consulté le )
  • « Voyage de M.Calles en Europe » (citant Universal), Bulletin périodique de la presse sud-américaine, no 106, , p. 6 (lire en ligne, consulté le )
  • « Les flammes ronflent et l'orchestre joue », La Liberté,, , p. 3 (lire en ligne, consulté le )
  • « Le drame du "Deutschland" », Le Républicain des Hautes-Pyrénées, , p. 1 (lire en ligne, consulté le )
  • « Un contrebandier d'alcool se noie dans l'Atlantique », Petit Matin, , p. 3 (lire en ligne, consulté le )
  • « Einstein est de retour en Allemagne », L'Ère nouvelle, no 4843, , p. 1 (lire en ligne, consulté le )
  • « Les faits de la semaine », L'Écho du Tarn, , p. 1 (lire en ligne, consulté le )
  • « L'exode de l'or », Bastia-Journal, , p. 1 (lire en ligne, consulté le )
  • « Les fuites d'or de France », Le Petit Marseillais, , p. 1 (lire en ligne, consulté le )
  • « Le "Deutschland" brûle et demande du secours », Gazette de Bayonne, , p. 1 (lire en ligne, consulté le )
  • « S.O.S. - Le "Deutschland" qui avait pris feu a échappé de justesse à une catastrophe », Ce Soir, , p. 5 (lire en ligne, consulté le )

Références

[modifier | modifier le code]

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • (en) Lloyds, Lloyd's Register of Shipping 1925, vol. Steamers, Londres, , 1549 p. (lire en ligne), p. 321. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Lloyds, Lloyd's Register of Shipping 1933, vol. Steamers, Londres, , 1171 p. (lire en ligne), p. 259. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Lloyds, Lloyd's Register of Shipping 1934, vol. Steamers, Londres, , 1135 p. (lire en ligne), p. 253. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Lloyds, Lloyd's Register of Shipping 1942, vol. Steamers, Londres, , 1159 p. (lire en ligne), p. 235. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Sur les autres projets Wikimedia :