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Charles-Philippe Ronsin

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Charles Philippe Ronsin
Charles-Philippe Ronsin
Charles Philippe Ronsin.
Gravure d'E. Thomas d'après une composition de H. Rousseau pour l’Album du centenaire 1789 (1889).

Naissance
Soissons
Décès (à 42 ans)
guillotiné à Paris
Origine France
Allégeance Drapeau du royaume de France : entièrement blanc Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Arme Infanterie
Grade Général de division
Années de service 17681794
Commandement Armée révolutionnaire
Conflits Guerres de la Révolution
Guerre de Vendée
Autres fonctions Dramaturge et précepteur

Charles-Philippe Ronsin, né le à Soissons, et guillotiné le 4 germinal an II () à Paris, est général de division de la Révolution française.

Jeunesse et formation

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Fils d'un maître tonnelier de Soissons, sans doute aisé[1],[2], Charles-Philippe Ronsin fit de bonnes études, probablement au collège de sa ville natale[2]. Il fut élevé par les Oratoriens de cette ville[1]. À 17 ans, il s'engage le au régiment d'Aunis[3], preuve d'un tempérament enclin à l'aventure romantique[2]. Au bout de quatre ans, le , il abandonne la carrière militaire avec le grade de caporal[3], vraisemblablement parce qu'il s'est rendu compte que l'avenir d'un roturier dans l'armée de l'Ancien régime ne répondait pas à ses espoirs juvéniles[2]. Il devient alors précepteur des enfants du baron de Genas, aux environs de Nîmes[1].

Carrière littéraire

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Venu à Paris, Ronsin est pensionné par le duc de Chartres et entreprend de chercher la gloire dans la littérature dramatique[1],[2]. Entre 1783 et 1786, il compose plusieurs tragédies qui sont refusées l'une après l'autre par la Comédie-Française[1]. Il n'obtient même pas un succès d'estime[2]. En 1787, il espère que la célèbre Mlle Raucourt jouera une Jeanne d'Arc de sa composition, qui est acceptée par les Comédiens du Roi. Pendant deux ans, il la corrige à leur demande, mais c'est un nouvel échec[1]. En 1791, lorsque les entreprises théâtrales sont déréglementées et qu'il devient permis à tout citoyen d'ouvrir un théâtre, Boursault fonde le théâtre politique le plus radical de son époque, qui porte le nom quelque peu trompeur de Théâtre Molière. Parmi les premières pièces produites dans ce théâtre figure la virulente tragédie antiroyaliste, antiaristocratique et anticléricale La ligue des fanatiques et des tyrans, dont l'auteur n'est autre que le futur général de brigade Ronsin[4]. Ces échecs répétés l'aigrissent contre un régime qui n'a pas reconnu son talent[1]. Il publie néanmoins en 1786 Théâtre de M. Ronsin imprimé au profit de sa belle-mère[1]. Entre-temps, il s'est marié, sans qu'on connaisse le nom de sa première femme[2]. Il se lie alors avec Jacques-Louis David. Aigri et besogneux[2], il convole une seconde fois en 1793[2].

La Révolution

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Accueillant avec plaisir la Révolution[2], il devient capitaine de la garde bourgeoise du district de Saint-Roch en [3] et fait représenter plusieurs pièces patriotiques dans les théâtres de la capitale entre 1790 et 1792 (Louis XII, père du peuple, La ligue des fanatiques et des tyrans, Arétaphile, La fête de la liberté). En il s'installe dans la section du Théâtre-Français, où il fréquente le Club des cordeliers. Jusqu'au , on ne sait pas grand-chose de son rôle politique, mais il a dû se signaler comme militant puisqu'après cette journée, il est inscrit sur la liste des commissaires du Conseil exécutif[2]. Ainsi commence sa brève carrière historique[2]. En août et en septembre, le Conseil exécutif lui confie trois missions. Après sa mission durant l'automne 1792[2], le le ministre de la guerre Pache le nomme commissaire-ordonnateur en Belgique auprès de l'armée du Nord de Dumouriez. À ce poste il dénonce les exactions des fournisseurs aux armées protégés par le général. Ensuite Monge lui confie une mission dans le Nord[2]. Le , quand Bouchotte accède au ministère de la Guerre, Ronsin obtient l'une des directions qui s'en partagent les bureaux[2]. Dès le mois de mai, il part en Vendée, chargé d'assurer les fournitures nécessaires aux armées ; en fait, collaborant avec les nombreux représentants qui siègent à Saumur et à Tours, il joue un rôle considérable dans la surveillance politique et dans la direction des opérations militaires[2].

Carrière militaire

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Devenu l'un des meneurs du parti sans-culotte, couramment appelé hébertiste, lié avec Vincent, qui est tout puissant au Ministère de la Guerre[2], il est nommé le capitaine au 13e régiment de cavalerie, puis chef d'escadron le , adjudant-général chef de brigade le , et général de brigade employé à l'armée des côtes de La Rochelle le suivant. Ancien soldat, il n'a pourtant aucun fait d'arme, aucun commandement à son actif et cette subite promotion lui vaut beaucoup d'ennemis[2]. Il fait nommer général en chef Rossignol, ancien soldat aussi, qu'on représente comme son « mannequin »[2]. En il devient général en chef de l'armée révolutionnaire de Paris. Rentré à Paris à la fin de septembre, il conduit un détachement de l'armée révolutionnaire à Lyon où il parvient le [2]. Il y séjourne moins d'un mois et joue un grand rôle dans la répression : il approuve celle-ci, est en bons termes avec Collot d'Herbois et lui recommande Parein[2]. Violent et d'un tempérament emporté, il se révèle cependant un bon administrateur, honnête et intelligent, dans ses différentes fonctions[2]. Son ascension fulgurante et son caractère lui valent toutefois de nombreux ennemis, en particulier Philippeaux.

Arrestation et exécution

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Le il est arrêté à la demande de Fabre d'Églantine, avant d'être libéré un mois et demi après le , avec Vincent, grâce à une campagne des Cordeliers en sa faveur. Adversaire du modérantisme, il défend devant les Cordeliers l'appel à l'insurrection des Hébertistes le . Toutefois, cinq jours après, il revient sur ses propos et défend un programme d'union des républicains. Ses maladresses favorisent la thèse d'un complot militaire, visant à remplacer le gouvernement révolutionnaire par une dictature militaire, avec l'aide de l'armée révolutionnaire, défendue par Fouquier-Tinville, qui le présente comme un « nouveau Cromwell ». Arrêté le , il est guillotiné avec : Vincent, Momoro, De Kock et Cloots le . Lors de son exécution, il fait preuve d'un remarquable courage. Trois jours après sa mort, l'armée révolutionnaire est licenciée.

Déclaration 2271 du 25 ventose an II

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« Déclaration de Claude Vezu, dit Jean-Bart, âgé de 43 ans, général de division commandant ci-devant la division de Maubeuge, demeurant à Paris, rue des Marmousets en la Cité, reçu par Gabriel Deliège, juge au Tribunal révolutionnaire, portant que Charles-Philippe Ronsin est arrivé en Belgique à l'armée de Dumouriez, en remplacement de Malar, en qualité de commissaire ordonnateur, alors que lui commandait le 3e bataillon de Paris, qu'il réclama ainsi que plusieurs chefs de corps, audit Ronsin des effets d'habillement et des chaussures pour les soldats sans pouvoir en obtenir que très peu, au point que les soldats s'en retournèrent dans leurs familles et que le corps de 30 000 hommes chargé de garder les bords de la Roer, fut réduit à 10 ou 12 000 hommes, ce dont l'ennemi profita pour passer cette rivière et écraser les troupes françaises, attendu que du bataillon du déclarant il n'échappa que 5 ou 6 hommes, mais en évacuant Liège ou Bruxelles, leur surprise fut grande d'apprendre que les magasins étaient remplis d'habillement, notamment à Liège, où il y avait une église pleine de souliers avec 80 000 aunes de draps sous la surveillance de Ronsin, commissaire ordonnateur et de Lambert, commissaire subordonné à Ronsin, et dont l'ennemi s'empara, ce qui n'a pas peu contribué au désastre des troupes françaises en Belgique et fait présumer que Ronsin et Lambert étaient en intelligence avec l'infâme Dumouriez et les scélérats qui ont trahi la patrie »[5].

Déclaration 2321 du 20 pluviose an II

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« Déclaration du général Vezu, au sujet de Vincent et de Charles-Philippe Ronsin, dont on fait grand bruit, et qui créent une lutte continuelle entre deux partis, donnant les renseignements à sa connaissance sur leur conduite; disant au sujet de Vincent qu'il ne le connaît pas particulièrement, mais que le Département de la Guerre fonctionne on ne peut plus mal, et qu'il faut l'attribuer aux chefs de l'entourage du ministre, qui est honnête homme et bon patriote.

En ce qui concerne Ronsin, tantôt commissaire des guerres et successivement général, mais sûrement intrigant et ambitieux, il remplaça Malar en qualité de commissaire en chef en Belgique, et eut pour second Lambert. Ces deux individus, dépositaires de tous les effets renfermés dans les magasins de la République, aimèrent mieux les laisser prendre aux ennemis que de les donner aux soldats de la patrie, qui passèrent l'hiver le plus dur, au bivouac et dans les bois, sans habillements et sans souliers, ce qui causa de grandes maladies et une désertion considérable, qui réduisit l'armée chargée de garder la Roer de 30 000 hommes à 10 000, source de tous les malheurs survenus en Belgique, et lorsqu'il fallut battre en retraite, on apprit avec indignation que les magasins de Bruxelles et de Liège étaient remplis d'effets et de draps.Notamment qu'à Liège il y avait une église pleine de souliers et de bottés, avec 80 000 aunes de draps, quantité de capotes et autres habillements.

Malgré tout cela, ces deux hommes ont conservé leurs places et trouvent tant de défenseurs et de protecteurs. Les mêmes faits à la charge du commissaire Drolenvaux sont cités par le général Vezu, qui fut révolté de voir que les magasins regorgeaient de vêlements, tandis que les malheureux soldats mouraient de froid dans les champs. Le général s'en plaignit au représentant Prieur de la Côte-d'Or, qui lui reprocha de ne pas avoir fait arrêter ce commissaire, auquel Prieur le général Vezu répondit qu'il le croyait protégé de Bouchotte et qu'on aurait pu croire à une animosité personnelle de sa part »[6].

Bibliographie

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Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 Général Herlaut, Le Général rouge Ronsin, Clavreuil, Paris
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 Georges Lefebvre, recension de Le général rouge Ronsin (1751-1794). La Vendée. L'armée révolutionnaire parisienne par le Général Herlaut, Annales historiques de la Révolution française, 29e Année, n° 148 (Juillet-Septembre 1957), pp. 268-272
  3. 1 2 3 Histoire de la terreur, 1792-1794, 1881, p. 383
  4. Paul Friedland, Political Actors: Representative Bodies and Theatricality in the Age of the French Revolution, Cornell University Press, 2018, p. 176
  5. Alexandre Tuetey, Répertoire général des sources manuscrites de l'histoire de Paris pendant la Révolution française Tome 10 déclaration 2271 page 512
  6. Alexandre Tuetey, Répertoire général des sources manuscrites de l'histoire de Paris pendant la Révolution française Tome 10 déclaration 2321 page 530
  • Georges Six, Dictionnaire biographique des généraux & amiraux français de la Révolution et de l'Empire (1792-1814), Paris : Librairie G. Saffroy, 1934, 2 vol., p. 388
  • Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Quadrige/PUF, 1989, article « Ronsin, Charles Philippe » de Raymonde Monnier

Liens externes

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