Adriano Sofri
| Naissance | |
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| Nationalité | |
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| Activités | |
| Fratrie |
Gianni Sofri (d) |
| Enfant |
Luca Sofri (d) |
| Parentèle |
Daria Bignardi (en) (belle-fille) |
| Partis politiques | |
|---|---|
| Condamné pour |
Meurtre () |
| Lieu de détention |
Inconnu (jusqu'en ) |
Adriano Sofri (né à Trieste, le ) est un journaliste et intellectuel italien, ancien dirigeant du groupe révolutionnaire opéraïste italien Lotta Continua dans les années 1960 et 1970, condamné pour l'assassinat en 1972 du commissaire Luigi Calabresi.
Biographie
[modifier | modifier le code]Adriano Sofri est né à Trieste. Son père, originaire du sud de l'Italie, était dans la Marine militaire, tandis que sa mère, originaire de Trieste, était enseignante[1]. Il a un frère aîné, Gianni, historien et essayiste, et une sœur, Stella. Il passe son enfance à Tarente, puis à Milan, Palerme et Rome, où il étudie au lycée Virgilio[2].
En 1960, il entre à l'École normale supérieure en tant qu'étudiant en histoire de la philosophie[3]. À cette époque, il fait la connaissance de Carlo Ginzburg, Adriano Prosperi (it) et Umberto Carpi (it), eux aussi étudiants, et compte parmi ses professeurs Delio Cantimori (it)[3].
Il est renvoyé de la Normale en 1963 pour « infraction disciplinaire », après avoir été préalablement suspendu [2] : le règlement de l’école n’autorise pas les étudiants à accueillir des femmes dans les dortoirs, mais Sofri y est surpris en compagnie de celle qui allait devenir son épouse[3]. Il obtient son diplôme en 1964 à l’université de Pise avec une thèse sur Antonio Gramsci[4].
Il est actif au sein de la gauche operaiste italienne dès le début des années 1960 : il collabora à la revue Classe operaia et est l’un des fondateurs du mouvement Il potere operaio pisano[5].
En 1970, il est brièvement arrêté à la suite d’une manifestation à Turin[6].
Marié dans les années 1960 à Alessandra Peretti, il est père de deux enfants : Luca, journaliste, et Nicola. Depuis 1972, Sofri était en couple avec Randi Krokaa (1944-2007)[7]. Adriano Sofri est athée, il a nénmoins déclaré « s’être rapproché d’une foi personnelle au cours de ses années de maturité »[8],[9].
Militantisme
[modifier | modifier le code]Lotta continua est créé en par « des militants du groupe Potere Operaio pisano, des militants étudiants de Turin et de Venise, et des groupes de Porto Marghera, Bologne, Naples sur une base idéologique composite : anti-stalinisme, spontanéisme, opéraïsme et maoïsme »[10].
C'est en 1972 que Adriano Sofri évoque lors d'une réunion à Rimini la possibilité de passer à la « lutte armée » pour contrer la violence des néo-fascistes et celle du pouvoir d'État suspecté de manipulation avec les attentats de la Piazza Fontana à Milan. Cette proposition est rejetée par la majorité des présents, mais ce discours servira d'élément à charge lors de son procès plus tard. [11],[12]. En 1975, lors du premier congrès national de Lotta Continua à Rome du 7 au , l'organisation éclate en plusieurs tendances : certains appellent à voter pour le Parti communiste italien (PCI), d'autres rejoignent le mouvement « autonome » italien et finiront par créer des groupes pratiquant la « lutte armée » : Nuclei Armati Proletari (it) (NAP) ou Prima Linea, d'autres maintiennent une structure « parti » classique. Ils finiront par rejoindre d'autres militants issus des groupes d'extrême gauche dans Democrazia Proletaria en 1978. ( DP existait depuis 1975 mais en tant que regroupement électoral et non organisation commune )[13],[14].
Après la dissolution de Lotta Continua, Sofri mène une carrière de journaliste, écrivant des dépêches depuis Sarajevo pendant la guerre de Bosnie pour le quotidien communiste L'Unita[15].
En 1988, Leonardo Marino, un ex-militant de Lotta Continua, avoue avoir servi de chauffeur lors de l'assassinat du commissaire Luigi Calabresi en 1972. Il désigne, comme commanditaires de l'attentat, Adriano Sofri et Giorgio Pietrostefani (it), et, comme tireur, Ovidio Bompressi[16]. Tous étaient membres de l'organisation Lotta Continua. Arrêté la même année, pour avoir commandité cet assassinat, Adriano Sofri est finalement condamné le , à l'issue de sept procès, à vingt-deux ans de prison[17].
Après deux ans de prison, en 1999, Sofri et Pietrostefani ont demandé et obtenu de la Cour de cassation une suspension provisoire de leur peine et un nouveau procès. Entre-temps, ils avaient été libérés de prison et attendaient les audiences ; celles-ci se sont tenues devant la Cour d’appel de Venise. En 2000, la Cour a tenu un nouveau procès et a confirmé les condamnations, qui ont été ratifiées par la Cour de cassation. Alors que Sofri a accepté la peine et est retourné en prison, Pietrostefani s’est enfui en France et n’est jamais revenu purger sa peine, car les autorités françaises ont refusé de l’extrader en vertu de la doctrine Mitterrand[18],[19].
En 2003, la Cour européenne des droits de l’homme a rejeté un nouveau recours formé par Sofri et Pietrostefani en vue d’un nouveau procès, le qualifiant d’« irrecevable » et estimant que leur procès avait été équitable [17]: « le procès examiné [par nous] n’a pas porté atteinte aux droits de la défense » et « n’a pas porté atteinte à l’équité de la procédure »[20] .
Adriano Sofri a été libéré de prison en . Bien qu'il ait clamé son innocence, il a reconnu sa responsabilité morale de l'assassinat dans une interview au Corriere della Sera[21].
Bibliographie
[modifier | modifier le code]Publications d’Adriano Sofri
[modifier | modifier le code]- De l’optimisme : écrit de la prison de Pise, trad. franç. de Jacqueline Risset, Le Manuscrit, 2002, 66 pages (ISBN 978-2-7481-1716-5).
- La notte che Pinelli, Sellerio, 2009 ; trad. franç. de Philippe Audegean et Jean-Claude Zancarini, Les Ailes de plomb : Milan, , Lagrasse, Éditions Verdier, 2010, 256 pages (ISBN 978-2-86432-618-2).
Publications sur Adriano Sofri
[modifier | modifier le code]- Carlo Ginzburg, Il giudice e lo storico, Feltrinelli, 1991 ; trad. franç. de Myriem Bouzaher, Adelin Fiorato, Jean-Louis Fournel et al., Le Juge et l'Historien : considérations en marge du procès Sofri, Lagrasse, Éditions Verdier, Paris, 1997, 224 pages (ISBN 978-2-86432-512-3).
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (it) Giorgio Dell'Arti, « Adriano Sofri », sur archive.org,
- 1 2 (it) « Formidabili quegli anni la nostalgia degli ex », La Repubblica, (lire en ligne).
- 1 2 3 (it) « Sofri: «Torno alla Normale che mi cacciò» », Corriere della Sera, (lire en ligne).
- ↑ (it) « Sofri e D’Alema sullo stesso binario », Il Tirreno, (lire en ligne)
- ↑ (it) « Adriano Sofri torna in libertà: scontata la pena », Pisa Notizie,
- ↑ (it) « Adriano Sofri, Scabbia e prigioni, Piccola posta », ilfoglio, (lire en ligne)
- ↑ (it) « Morta a Pisa la compagna di Sofri - la Repubblica.it », sur Archivio - la Repubblica.it,
- ↑ (it) « Adriano Sofri, un ateo pieno di fede », sur rassegnastampa.unipi.it
- ↑ (it) « La requisitoria del cardinal Ravasi coinvolge anche chi non ha più tanta voglia di essere ateo », ilfoglio.it, (lire en ligne)
- ↑ Steve Wright, À l'assaut du ciel, Éditions Senonevero, 2007, lire en ligne.
- ↑ « French court denies extradition of 10 Italian ex-terrorists », ANSA Agenzia Nazionale Stampa Associata ("National Associated Press Agency"), (lire en ligne [archive du ])
- ↑ « Dispute in Italy Is Conjuring Up Its Terrorist Past », The New York Times, (lire en ligne [archive du ])
- ↑ « France Arrests Leftist Militants Convicted of Terrorism Long Sought by Italy », The New York Times, (lire en ligne [archive du ])
- ↑ Alimi, Demetriou et Bosi, The Dynamics of Radicalization: A Relational and Comparative Perspective, Oxford University Press, (ISBN 9780190236601, lire en ligne), « Chapter 3 - The Italian Extra-Parliamentary Left Movement and Brigate Rosse (1969–1978) »
- ↑ (en)Professor wins retrial for killing of police chief, theguardian.com, 25 août 1999.
- ↑ (it) [PDF] http://www.repubblica.it/online/cronaca/calabresi/delitto/delitto.html
- 1 2 « Il Caso Calabresi e le sentenze », Corriere della Sera, (lire en ligne [archive du ])
- ↑ « Francia nega l'estradizione di 10 ex terroristi in Italia: tra loro anche Pietrostefani », Corriere della Sera, (lire en ligne [archive du ])
- ↑ (en) « France's top court rejects extradition of Italian leftist militants », Reuters, (lire en ligne)
- ↑ « Sofri, lo stop da Strasburgo: "Il suo ricorso è irricevibile" », La Repubblica, (lire en ligne [archive du ])
- ↑ (it) « Corriere della Sera, biografia: Sofri, Adriano », sur archive.org,
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Compte rendu de lecture de : "La notte che Pinelli" (Site La Clé des langues)
- Intervista - Jean-Claude Zancarini traduttore de "La notte che Pinelli"(Site La Clé des langues)
- Jean-Claude Zancarini, « Quand les juges écrivent l'histoire : le cas italien » (retour sur les affaires Sofri et Andreotti)
- Rencontre avec Adriano Sofri par Daniel Mermet (Là-bas si j'y suis, )
- Naissance en août 1942
- Naissance à Trieste
- Criminel italien du XXe siècle
- Années de plomb
- Journaliste italien du XXe siècle
- Personnalité de l'extrême gauche italienne
- Histoire contemporaine de l'Italie
- Prisonnier de droit commun italien
- Personnalité italienne condamnée pour meurtre
- Élève de l'École normale supérieure de Pise
- Terrorisme en Italie
- Terrorisme d'extrême gauche
- Étudiant de l'université de Pise
- Éditorialiste italien