Éditions Grasset
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| Repères historiques | ||
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| Création | 1907 (il y a 119 ans) (Éditions Grasset) 1967 (Fusion avec Fasquelle) |
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| Dates clés | 1981 (rachat par Hachette) | |
| Fondée par | Bernard Grasset | |
| Fiche d’identité | ||
| Forme juridique | Société anonyme à conseil d'administration | |
| Statut | Groupe d'édition | |
| Siège social | 61, rue des Saints-Pères[1] Paris 48° 51′ 13″ N, 2° 19′ 48″ E (France) |
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| Dirigée par | Jean-Christophe Thiery | |
| Spécialités | Littérature | |
| Collections | Les Cahiers Rouges, Les Cahiers Verts, Grasset Jeunesse, Petite collection blanche, Partage du savoir, Pour & contre, Europe Echecs, Le Collège de philosophie, Grand format | |
| Langues de publication | Français | |
| Diffuseurs | Hachette | |
| Société mère | ||
| Effectif | 38 (2026) | |
| Site web | www.grasset.fr | |
| Préfixe ISBN | 978-2-246 | |
| Données financières | ||
| Chiffre d'affaires | ||
| Résultat net | 459 000 euros | |
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Éditions Grasset est une maison d'édition française, fondée en 1907 par Bernard Grasset et devenue en 1967, par fusion avec les éditions Fasquelle, les éditions Grasset & Fasquelle.
Grasset publie de la littérature française et étrangère, des essais, des romans et des ouvrages de sciences humaines, entre autres.
Historique
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Les éditions Grasset ont été successivement présidées par le fondateur Bernard Grasset, son neveu Bernard Privat et Jean-Claude Fasquelle. Parmi les premiers administrateurs figure Jean Vigneau. Bernard Grasset cède son capital à Hachette en 1954[2].
En 1967, Grasset fusionne avec les éditions Fasquelle, que dirigeait Jean-Claude Fasquelle depuis 1954. Il devient directeur général des éditions Grasset & Fasquelle en 1969, puis président-directeur général en 1981. En 2000, il devient président du conseil de surveillance et Olivier Nora lui succède en tant que président du directoire. Les éditions ont réalisé 17,5 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2007[3].
Grasset, filiale d'Hachette Livre, fait partie du groupe Lagardère depuis 1981[4] et donc du groupe de Vincent Bolloré depuis sa prise de contrôle de Lagardère en 2023.
Limogeage d'Olivier Nora par Vincent Bolloré : « l'affaire Grasset »
[modifier | modifier le code]Le , le magazine L'Express indique que l'actionnaire Vincent Bolloré a décidé de remplacer le président-directeur général Olivier Nora au profit de Jean-Christophe Thiery de Bercegol du Moulin[5]. Ancien énarque, PDG de Louis Hachette Group et directeur général délégué de Hachette Livre, ce dernier est jugé « très proche » du milliardaire et l'a accompagné dans son expansion dans les milieux médiatiques et culturels[6]. Selon le journal Libération, Vincent Bolloré aurait affirmé à ses employés : « J’en peux plus de ce con, virez-le moi », en visant Olivier Nora[7].
Vincent Bolloré affirme dans une tribune publiée dans Le Journal du dimanche, qu'il détient, que la maison d’édition Grasset « continuera » et que « ceux qui partent vont permettre à de nouveaux auteurs d’être publiés », tout en considérant « une petite caste qui se croit au-dessus de tout et de tous et qui se coopte et se soutient[8] ». Il évoque aussi « les résultats économiques jugés décevants de Grasset », citant un chiffre d’affaires passé selon lui de 16,5 millions d’euros en 2024 à 12 millions en 2025, ainsi qu’un résultat opérationnel en baisse. Dans le même temps, il affirme que « la rémunération annuelle d’Olivier Nora est passée de 830.000 euros à 1,017 million d’euros, et cette rémunération payée par Hachette n’a été facturée que pour moitié à Grasset, améliorant ainsi les charges apparentes de Grasset et donc son résultat ainsi présenté[8],[9] ».
Selon les informations du Canard Enchaîné confirmées par Mediapart, le limogeage d'Olivier Nora aurait pour origine un différend avec Boualem Sansal au sujet de la date de publication de son prochain livre[10],[6]. Si ce dernier jugeait que son manuscrit était prêt à être publié, l'ancien PDG de Grasset aurait préféré attendre le mois d'octobre, « soit après la course aux grands prix littéraires, et pour ne pas gêner les auteurs de sa rentrée » selon l'analyse du Figaro[11]. Cependant, l'écrivain franco-algérien nie en être la cause, évoquant en interview un message que lui a envoyé Olivier Nora où il affirme qu'il s'agit d'un conflit de longue date entre l'éditeur et Bolloré[12]. Le Nouvel Obs avance quant à lui que c'est son refus de publier les prochains livres de l'essayiste « très catholique » Nicolas Diat, également éditeur de Philippe de Villiers et de Jordan Bardella, qui aurait provoqué son licenciement par décision du patron d'Hachette Livre, Arnaud Lagardère, qui lui aurait enjoint de partir « tout de suite »[13].
Le lendemain, plus de cent écrivains se regroupent pour signaler leur départ de cette maison d’édition, critiquant l’indépendance qui ne serait plus assurée selon eux[14],[15]. Ces personnalités affirment ne pas vouloir que leurs idées et leur travail deviennent la « propriété » de Vincent Bolloré et refusent d'être « les otages d’une guerre idéologique visant à imposer l’autoritarisme partout dans la culture et les médias »[16]. À propos de « l'affaire Grasset », la sociologue Gisèle Sapiro analyse dans un article du Monde publié le comment, selon elle, « la stratégie de Vincent Bolloré consiste à conquérir les médias et l’édition pour en faire des instruments de propagande »[17].
Quelques jours plus tard, 140 auteurs des éditions Stock cosignent un texte où ils se déclarent solidaires de ceux de Grasset ; on relève parmi les signataires deux prix Nobel de littérature, Annie Ernaux et Jean-Marie Le Clézio[18],[19]. Puis, en , la majorité des auteurs étrangers publiés chez Grasset déclarent à leur tour ne plus vouloir être publiés par cet éditeur : « Nous refusons que notre travail soit utilisé au service de fins politiques que nous ne partageons pas. L'extrême droite agit au-delà des frontières ; elle doit être combattue au-delà des frontières. Dans ces conditions, nous ne soumettrons pas nos prochaines œuvres aux Éditions Grasset »[20].
Parmi ces auteurs se trouvent la prix Nobel Han Kang, Ali Smith, Jón Kalman Stefánsson, Colm Tóibín ou Sandro Veronesi[21]. Peu après, plus de 200 auteurs de Grasset annoncent la création d'un mouvement, nommé « États généreux », ayant pour objet de défendre l'indépendance éditoriale[22]. Le collectif est rejoint par d'autres auteurs et compte peu après 478 écrivains[23],[24].
Collections
[modifier | modifier le code]Les Cahiers verts
[modifier | modifier le code]En 1921, cette collection de littérature générale est lancée, sous la direction de Daniel Halévy, la première livraison est Maria Chapdelaine de Louis Hémon, c'est un succès, puis Les Cœurs des autres de Gabriel Marcel. La collection s'arrête au début des années 60.
Les Cahiers Rouges
[modifier | modifier le code]En 1983, Jean-Claude Fasquelle, qui est alors le président de Grasset, créé les Cahiers Rouges, une collection « semi-poche » reconnaissable grâce à la couverture rouge des plus de 370 ouvrages qui la composent. Cette collection, par son prix et par son format, se positionne à un niveau intermédiaire entre le poche et l'édition ordinaire. Elle fait revivre les fonds d'auteurs de la maison en puisant, notamment les « classiques modernes », selon l'expression américaine : Jean de la Ville de Mirmont, Paul Morand, Jean Cocteau, Irène Némirovsky, Thomas et Klaus Mann, Jean Giono, Vladimir Nabokov, François Augiéras, Joseph Delteil… Intégrant une douzaine de titres par an, le catalogue des Cahiers Rouges invite également des classiques, tels que Sainte-Beuve avec Mes chers amis ou Giorgio Vasari et ses Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes, ainsi que des auteurs étrangers : Francis Scott Fitzgerald, Truman Capote, Gabriel García Márquez, Paul Theroux… L'art et la poésie y ont aussi leur place, avec les correspondances de Cézanne, Degas, Van Gogh, le Journal de Paul Klee, Les Cocus du vieil art moderne de Salvador Dalí, les poèmes de Paul Verlaine ou ceux de Walt Whitman. Les Cahiers Rouges replacent dans l'actualité littéraire des œuvres oubliées comme celles d'Irène Némirovsky longtemps restées dans l'ombre avant de devenir des best-sellers, aux côtés de Stefan Zweig et du Journal de Kafka. Des textes considérés comme cultes : L'Horizon chimérique de Jean de la Ville de Mirmont, J'adore de Jean Desbordes, La Femme changée en renard de David Garnett, Au temps du bœuf sur le toit de Maurice Sachs, font aussi partie de cette collection[25],[26].
Autres collections
[modifier | modifier le code]- Le Collège de philosophie, dirigée par Luc Ferry et Alain Renaut
Polémiques
[modifier | modifier le code]Yann Moix
[modifier | modifier le code]Après qu'un article de L'Express du révèle au grand public[27], documents à l'appui, que Yann Moix a participé en 1989 et 1990, lorsqu'il était étudiant, à 21 ans, à trois numéros de Ushoahia, un « magazine de fabrication artisanale » négationniste et véhiculant un antisémitisme ainsi qu'un racisme virulent à l'encontre des noirs[28], Le Monde rapporte que chez Grasset, maison d'édition de Yann Moix, trois personnes étaient au courant des publications incriminées : Bernard-Henri Lévy, Jean-Paul Enthoven et le PDG Olivier Nora. Yann Moix s'était confié à ce dernier en 2007, en lui demandant s'il lui renouvelait sa confiance[29],[30]. Pour Joseph Confavreux, l'affaire Moix entache les éditions Grasset posant la question si « l'état-major de Grasset pouvait […] légitimement dissimuler à ses lecteurs le passé négationniste d’un de ses auteurs fétiches »[31].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Olivier Le Naire, « Grasset - 61, rue des Saints-Pères » sur L'Express, 25 juillet 2002.
- ↑ « Historique », sur grasset.fr, Société des Éditions Grasset & Fasquelle.
- ↑ « Fiche entreprise des éditions Grasset & Fasquelle », sur verif.com.
- ↑ « Notre histoire », sur Lagardère - Lagardere.com - Groupe (consulté le ).
- ↑ « INFO L'EXPRESS. Le PDG des éditions Grasset Olivier Nora licencié par Vincent Bolloré », sur L'Express, (consulté le )
- Ellen Salvi, « En virant le patron de Grasset, Bolloré accélère son offensive dans l’édition », sur Mediapart, (consulté le )
- ↑ Sophie des Déserts, « Olivier Nora limogé des éditions Grasset : Vincent Bolloré étend un peu plus son emprise », (consulté le )
- Jeanne Sénéchal, « Une petite caste qui se croit au-dessus de tout et de tous : Bolloré répond au «séisme» chez Grasset », sur lefigaro.fr, 19 avril 2026.
- ↑ EXCLUSIF – «Affaire» Grasset : la réponse de Vincent Bolloré sur le JDD
- ↑ « Edition : Vincent Bolloré coupe la tête du patron de Grasset », sur Le Canard enchaîné, (consulté le )
- ↑ « Hachette annonce le départ d’Olivier Nora, PDG de Grasset depuis 26 ans », sur lefigaro.fr, (consulté le )
- ↑ « Pascal Bruckner, Bernard-Henri Levy, Virginie Despentes… 115 auteurs quittent Grasset après le licenciement « inacceptable » de son PDG, Olivier Nora », sur Le Figaro, (consulté le )
- ↑ « Olivier Nora viré de Grasset : 170 auteurs annoncent quitter la maison d’édition en ciblant Vincent Bolloré », sur Le Nouvel Obs, (consulté le )
- ↑ Virginie Despentes, BHL, Sorj Chalandon… Plus de cent auteurs annoncent leur départ des éditions Grasset en réaction au renvoi du président Olivier Nora, Le Monde, 16 avril 2026
- ↑ Charles Knappek, « Licenciement d’Olivier Nora : 115 auteurs annoncent leur départ de Grasset », sur Livres Hebdo, (consulté le )
- ↑ Libération, « «Une guerre idéologique pour imposer l’autoritarisme» : 115 auteurs annoncent quitter Grasset après l’éviction d’Olivier Nora », (consulté le )
- ↑ Gisèle Sapiro, « Affaire Grasset : « La stratégie de Vincent Bolloré consiste à conquérir les médias et l’édition pour en faire des instruments de propagande », sur www.lemonde.fr (consulté le )
- ↑ collectif, « Nous, autrices et auteurs publiés par Stock, assistons consternés à la destruction de notre maison-sœur, Grasset », Le Monde, (lire en ligne [archive]
)
- ↑ collectif, « Nous, autrices et auteurs publiés par Stock, assistons consternés à la destruction de notre maison-sœur, Grasset », sur publication du texte des auteurs Stock en accès libre sur le site États généreux avec la liste complète des signataires, (consulté le )
- ↑ « Crise chez Grasset : au tour des auteurs étrangers de boycotter la maison d’édition », sur www.telerama.fr, (consulté le )
- ↑ « De nombreux auteurs étrangers, dont le Prix Nobel de littérature Han Kang, refusent de continuer à publier chez Grasset », sur France Info, (consulté le )
- ↑ « Des États généraux aux États généreux : les auteurs Grasset prennent leur avenir en main », sur ActuaLitté.com (consulté le )
- ↑ La-Croix.com, « Les « états généreux » des auteurs de Grasset pour un vrai statut des auteurs », sur La Croix, (consulté le )
- ↑ « Qui sommes-nous ? », sur États généreux (consulté le )
- ↑ R. S., « Les Cahiers Rouges », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Dix ans sous les « Cahiers rouges » », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Ce fait avait déjà évoqué dans Les Porcs 1 de Marc-Édouard Nabe (2017) et Sécession de Paul-Éric Blanrue (2018).
- ↑ Jérôme Dupuis, « Quand Yann Moix publiait dans un journal antisémite », sur lexpress.fr, (consulté le ).
- ↑ Ariane Chemin et Laurent Telo, Ces heures où Yann Moix a tenté de rester fréquentable, lemonde.fr, 31 août 2019.
- ↑ L'éditeur de Yann Moix était informé depuis 2007 de ses dessins antisémites, francetvinfo.fr, 31/08/2019.
- ↑ Joseph Confavreux, Yann Moix: pourquoi tant de complaisance?, mediapart.fr, 3 septembre 2019.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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