mensonge
mensonge
n.m. [ lat. pop. mentionica, de mentiri, mentir ]MENSONGE
(man-son-j') s. m.PROVERBE
- Tous songes sont mensonges, c'est-à-dire il ne faut pas s'arrêter aux songes ni leur accorder aucune foi.
REMARQUE
- Mensonge, féminin dans le début, a commencé à devenir indifféremment masculin et féminin dans le XVIe siècle et même plus tard ; aujourd'hui il n'est plus que masculin. D'abord les grammairiens m'appelleront en justice parce que je ne dis point une mensonge, et ne crois pas que la juridiction qu'ils ont sur les mots, puisse faire changer de sexe à celui-ci [BALZ., liv. IV, lett. 30]
SYNONYME
- 1. MENSONGE, MENTERIE., Ces deux mots, qui ne diffèrent que par le suffixe, sont très sensiblement synonymes ; mais l'emploi n'en est pas le même. Menterie appartient au style familier, et mensonge est de tous les styles : c'est pourquoi mensonge seul se dit figurément dans le style élevé.
- 2. FAIRE UN MENSONGE, DIRE UN MENSONGE., Ces deux expressions sont synonymes, et, ici, faire n'a que le sens de dire, bien que Roubaud ait voulu les distinguer, en prétendant que dire un mensonge, c'est le proférer, et faire un mensonge, le composer.
HISTORIQUE
- XIe s. S'altre le dist, jà semblast grant mençonge [, Ch. de Rol. CXXXI]
- XIIe s. Tu perderas tuz celz [ceux] chi parolent menceunge [, Liber psalm. p. 4]S'autre le dist, menzoigne fust prouvée [, Roncisv. 84]Que Thomas l'arcevesque.... Ne seit de ses mençoignes creüz ne escultez [, Th. le mart. 54]
- XIIIe s. Là me sovint des gens de male guise Qui m'ont mis sus mensoigne à escient, Que j'ai chanté des dames laidement [QUESNES, Romanc. p. 89]Se je vous trouve à mençonge, vous le comperrez [payerez] durement [, Chr. de Rains, 140]Nule raison qui soit proposée de l'une partie ne de l'autre, en le [la] quele on voit aperte menchonge, de li meïsme ne doit estre receue en jugement [BEAUMANOIR, VIII, 16]Et nos orrons bien se tu li diras nule mençonge [, Merlin, f° 33, verso]
- XIVe s. Or est-il ainsi que mensonge ou mentir est une chose malvese de soy et de sa nature [ORESME, Eth. 134]
- XVe s. Et au partir advisa une plus belle mensonge.... ce fut qu'il me dit.... [COMM., VIII, 12]
- XVIe s. Une effrontée et solenne mensonge [MONT., I, 37]Si comme la verité le mensonge n'avoit qu'un visage [ID., ib.]Vin tant divin, loing de toy est forclose toute mensonge et toute tromperie [RAB., Pant. V, 44]M. Bayard m'a envoié une accoustumée mensonge que l'empereur a escripte au pape, dont je suis très aise, car les enfans peuvent estre juges de la verité [MARG., Lettre CXIV]Encore qu'il soit assez coustumier de fourvoyer de la verité pour escrire des mensonges et comptes faits à plaisir [AMYOT, Artax. 7]
ÉTYMOLOGIE
- Provenç. mensonga, mensonja, messonga, messonja, messorga ; anc. cat. mensongia ; ital. menzogna. Dérivation irrégulière du verbe mentir. Il y a deux formes : dans mençoigne, menzogna, vu la finale semblable à vergoigne, vergogna, du latin verecundia, la finale représente undia ; dans mensonge, féminin, vu la finale semblable à chalonge, qui est le latin calumnia, la finale onge représente umnia ; telle est la valeur de ces suffixes ; maintenant, comment se sont-ils agencés à mentir ? On ne le sait.
mensonge
Mensonge innocent, Mensonge sans conséquence, qui ne peut nuire à personne. Le mensonge que je vous ai fait est bien innocent et ne mérite pas tant de reproches.
Mensonge pieux, Mensonge fait dans l'intention d'être utile ou agréable à quelqu'un. Plutôt que de l'alarmer sur son état, j'ai cru devoir lui faire un mensonge pieux.
Dans le langage de l'Écriture, L'esprit du mensonge, le père du mensonge, Le diable.
Dans le langage poétique, il signifie Fable, fiction, invention. La poésie vit de mensonges. Les aimables mensonges de la Fable.
MENSONGE signifie aussi, figurément, Erreur, vanité, illusion. Le monde n'est que mensonge.
mensonge
Mensonge, Fabulositas, Mendacium, Inuentum, Commentum, Mentitio.
Dire quelque mensonge d'aucun, Affingere aliquid alicui.
Histoire remplie de mensonge, Historia mendosa.
Par mensonge, Fabulose.
Mensonges beaucoup plus grans, Nugae maiores.
mensonge
MENSONGE, s. m. MENSONGER, ÈRE, adj. [Mansonge, gé, gère: 1re et 2e lon. 3ee muet au 1er, é fer. au 2d, è moy. et long au 3e.] Mensonge, est 1°. Un discours contraire à la vérité, avec dessein de tromper. Quand on n'a pas ce dessein ce n'est qu'erreur ou fausseté. "Dire, faire un mensonge. "Ce livre est plein de mensonges. On a fait un livre, intitulé: les Erreurs de Voltaire. Quelqu'un voulait qu'on l'intitulât: les Mensonges de, etc. Voy. MENTERIE. — 2°. Erreur, illusion. "Le monde n'est qu'illusion, vanité et mensonge. = Dans le style de l'Ecritûre, l'esprit de mensonge, le Père du mensonge, le démon. = Le proverbe dit: tous songes sont mensonges; on doit mépriser les augûres, qu'on tire des songes.
Rem. 1°. Mensonge est toujours masculin, dit Vaugelas quoique quelqu'uns de nos meilleurs Auteurs l'aient fait fém. — Ces Auteurs ne sont pas des plus modernes. — Le peuple lui done encôre ce genre dans plusieurs de nos Provinces. Il dit une mensonge, au lieu de, un mensonge, qu'il faut dire. = 2°. L'Éditeur des OEuvres de Bossuet emploie ce mot d'une manière, qui me parait bisârre, et c'est d' après Bossuet qu'il s'en sert. "* Le Siège de Pierre n'a pas besoin de notre mensonge, c. à. d. n'a pas besoin que nous lui atribuions de fausses prérogatives. L'expression n' est pas exacte ni pour la propriété du mot, ni pour le nombre: le pluriel aurait mieux convenu.
MENSONGER, ÈRE, faux, faûsse, trompeur, trompeûse. C'est un mot poétique. Il ne se dit guère que des chôses. On dit bien beautés mensongères. Langue mensongère, la Grèce mensongère, et dans cette phrâse, beautés et langue sont personifiés: mais on ne dit point, un homme mensonger, une femme mensongère. — Son usage ordinaire est avec les chôses, qui ont raport aux persones. "Les plaisirs mensongers. "Grandeurs mensongères. = La Bruyère met mensonger au nombre des mots, qu'il regrette: c'est une preûve que de son tems il était déjà vieux. Il a repris faveur depuis quelque tems et l'on s'en sert sans dificulté non-seulement dans la haute poésie, mais dans le Discours soutenu.
mensonge
mensonge
lie, falsehood, fib, fairy-story, untruthleugen, onwaarheid, bedrog, fictie, illusieבידוי (ז), בלוף (ז) [שקר], דבר שקר (ז), כזב (ז), כזבנות (נ), כחש (ז), סרה (נ), שווא (ז), שפת אוון (נ), שקר (ז), שקריות (נ), שקרנות (נ), בִּדּוּי, דְּבַר שֶׁקֶר, כָּזָב, כַּחַשׁ, שָׁוְא, שֶׁקֶר, שַׁקְרָנוּתmentidaløgnψέμα, ψευτιάmensogomentira, patrañalygibugia, fandonia, finzione, impostura, menzognaløgnmentiralögnuongoLügeكِذْبَةٌležvalhelaž嘘거짓말kłamstwoложьการโกหกyalanlời nói dối谎话 (mɑ̃sɔ̃ʒ)nom masculin