maniement
maniement
n.m.maniement
(manimɑ̃)nom masculin
MANIEMENT
(ma-ni-man ; l'Académie dit qu'on prononce manîment ; mais l'usage n'allonge aucunement cet i) s. m.HISTORIQUE
- XIIIe s. Se il truevent ke li maniemens le [du] segneur d'Oisy et ses ancisseurs [ancêtres] valle mieus que li maniement l'evesque.... [DU CANGE, maniamentum.]
- XVe s. Je ne me connois mie en si grands affaires comme en faits et en maniements d'armes [FROISS., I, I, 145]Surtout quant ils veullent avoir les offices et benefices et les grans manimens du pays [COMM., VI, 3]
- XVIe s. Des suffisants hommes aux maniements des choses publiques [MONT., I, 139]Nous corrompons par nostre maniement les choses qui d'elles-mesmes sont belles et bonnes [ID., I, 223]On est capable du maniement de ses biens à 25 ans [ID., I, 407]Je desirerois qu'on laissast à la jeunesse et aux pauvres soldats le maniement de l'arquebuse [LANOUE, 317]Les simples ont accoustumé d'approuver ou reprouver les causes des guerres par les bons ou mauvais maniemens d'icellès [ID., 347]Le roi accompagna de ses vallets de chambre les passeports donnez pour le maniement de la paix [D'AUB., Hist. II, 144]
ÉTYMOLOGIE
- Manier 1.
maniement
Le maniement des armes, d'armes, L'exercice de pied ferme qu'on fait faire aux soldats, pour leur apprendre à bien manier l'arme.
MANIEMENT se dit figurément pour Administration, gestion. Le maniement des deniers publics, des finances. Ce trésorier a un grand maniement d'argent. Ceux qui ont le maniement des affaires ont une grande responsabilité.
maniement
Maniement, m. acut. Contrectatio, Pertractatio, Tractatus, huius tractatus.
Maniement d'armes, Tractatio armorum.
Maniement des deniers d'aucun, Dispensatio.
Maniement de sa personne, Gestus, huius gestus.
Le maniement et conduite des affaires de ceste vie, Actio vitae.
Il est apres pour avoir le maniement des choses, Imminet rebus, B. ex Tacito.
Avoir le maniement de quelque chose, Administrare.
Avoir le maniement et administration de quelque argent, Pecuniam aliquam tractare.
Ceux qui avoyent le maniement de tout le thresor du peuple Romain, Quaestores vrbani.
Avoir seul le maniement entier de quelque chose, sans qu'il y ait autre qui en ait cognoissance et communication, In sinu suo habere.
Ils n'apprennent pas le maniement de la fleute, Ab eis non accipiunt tibiarum tractationem.
Commencer à vouloir entendre le maniement de la chose publique, Attingere forum.
Se deffaire et desmettre du maniement des affaires publiques, Se a negotiis publicis remouere.
maniement
MANIEMENT, s. m. MANIER, v. act. [Manîman, manié; 2e lon. au 1er, br. au 2d; devant l'e muet elle est longue: il manîe, ils manîent. Au futur, cet e muet ne se prononce pas: il maniera, manierait: prononc. manîra, manîrè.] 1°. Au propre, l' action de manier. "On conaît la bonté de cette étofe au maniement. — Il est mieux de dire, au manier. = Au fig. il est plus usité. "Le maniement des deniers, des afaires.
MANIER, dans le sens propre, c'est prendre et toucher avec la main. "Manier une étofe, des papiers, etc. = Figurément, Avoir en sa disposition, en son administration. "Manier les deniers du Roi. — Manier les afaires, les administrer. — Manier les esprits, les gouverner avec adresse. "Ainsi Antiope... maniera le coeur de son époux, comme elle touche maintenant sa lyre, quand elle en veut tirer les plus tendres accords. Télémaque. — Manier un sujet, le traiter. "Je crois cette situation, dans une pièce de Théâtre, bien dificile à manier. Créb. fils. "Ce Poète Dramatique manie bien les passions. — Manier bien le pinceau, le ciseau, la plume, le crayon, etc.
REM. Vigneul-Marville avait critiqué cette phrâse de la Bruyère: "La véritable Grandeur se laisse toucher et manier. Il prétendait que cela ne pouvait se dire que des chôses corporelles. Mais, outre que la critique était pédantesque, le Censeur était tombé lui-même dans cette faûte, si c'en est une, en disant d'un Orateur, qu' il avait manié, agencé, tourné les pensées de son discours.
Au Manier, adv. Voyez MANIEMENT.