LES AQUEDUCS ANTIQUES
CONDUIRE L'EAU (AQUAE DUCTUS)
TRAIANVS �
2004
Publicado en:
Elementos de Ingeniería Romana
Libro de ponencias
Congreso Europeo "Las Obras Públicas Romanas"
Tarragona, noviembre de 2004
L'EAU ET SES USAGES : HIER COMME AUJOURD'HUI
L'eau a depuis toujours servi � la boisson (enfin, pour certains…)
;
Elle servait d�j� �galement pour tous les usages domestiques tels que
toilette, ablutions diverse, hygi�ne corporelle etc.…
Hygi�ne aussi � travers les latrines, publiques ou priv�es ;
Elle servait aussi � nettoyer les rues des cit�s par le trop-plein am�nag�
aux fontaines (voir infra) ;
Egalement dans les thermes ou dans diff�rents bassins � des temp�ratures
diverses on pouvait se baigner, se faire masser, et surtout, peut-�tre
rencontrer d'autres personnes pour discuter de toutes choses…
L'eau servait aussi pour l'industrie, comme nous le verrons
plus loin…
On retrouve l'eau �galement comme force motrice, pour les moulins
(Barbegal par exemple pour Arles) ;
Il faut �galement de l'eau pour l'irrigation des cultures
;
Dans les bassins des maisons, pour l'agr�ment, � travers fontaines
et cascades et le rafra�chissement des occupants ;
L'eau servait aussi pour des spectacles nautiques (naumachies)
;
On pouvait faire de la musique avec des orgues hydrauliques ;
On calculait le temps �coul� avec des clepsydres (sabliers � eau) ;
Mais bien s�r l'eau �tait divinis�e par des sources ou nymph�es
ou un culte �tait rendu � des divinit�s ;
Enfin, l'eau a toujours servi � la s�curit� avec la cr�ation de
corps de sapeurs-pompiers (cohortes urbaines).
AQUAE DUCTUS
Que veut dire le mot � AQUEDUC ?
Aqueduc : l'�tymologie du mot nous fournit sa r�ponse : c'est
un mot latin form� de � aquaeductus �, de aqua,
(ae, f ; l'eau) et de ductus, mot d�riv� de ducere
qui veut dire conduire. Le terme � aqueduc � d�signe donc un ouvrage destin�
� conduire l'eau.
En l'absence d'aqueducs, de quoi les Romains disposaient-ils
pour se procurer de l'eau en quantit� suffisante ?
De l'eau des sources et des rivi�res bien s�r, si celles-ci r�pondaient
aux crit�res de qualit� de l'�poque (voir Vitruve infra), d'une
distance pas trop �loign�e de l'endroit � desservir, ou de citernes
(cisternae) et de puits (putei), emmagasinant l'eau
de pluie r�colt�e, moyen forc�ment al�atoire en fonction de la pluviom�trie
du moment ; cette eau se r�coltait gr�ce � une ouverture du toit de l'atrium
dans les villae, le compluvium � avant de tomber
dans un bassin l'impluvium et de passer ensuite dans la citerne
g�n�ralement creus�e sous la maison.
Pour faire un aqueduc l'essentiel, de tout temps, a �t� de d�couvrir
un endroit en altitude suffisante par rapport au point d'arriv�e
o� l'eau est toujours pure, abondante et p�renne.
S'ils pouvaient ignorer microbes et bact�ries, les Romains particuli�rement
savaient qu'une eau peut �tre impure et dangereuse � boire ; Vitruve
(1) conseille d'observer l'allure et l'�tat de sant�
des gens du voisinage pour appr�cier la qualit� de l'eau.
On apportait donc un soin extr�me au captage des eaux, qu'il s'agisse
d'une source (on la re�oit alors dans un bassin) d'une rivi�re,
ou d'un lac (il suffit alors d'�tablir un barrage au meilleur
endroit de la berge).
D'un point qu'on ne devait �tablir, ni trop haut pour �viter
l'�tiage l'�t�, ni trop bas pour ne pas entra�ner boues et
autres limons, l'eau circulait alors dans un canal, presque toujours
couvert que les Romains appelaient specus.
Les dimensions des conduits variaient en fonction du d�bit esp�r�. Leur
profil en coupe �tait g�n�ralement rectangulaire, ovo�de, trap�zo�dal,
quelques fois elliptique ; la couverture �tant assur�e par des vo�tes
en plein cintre (claveaux), des dalles uniques ou en ressauts et parfois
des tuiles.
Le radier (partie horizontale du canal) consiste le plus souvent en une
�paisse couche de b�ton constitu� de cailloux et de brique concass�e (tuileau),
l'�tanch�it� et la bonne circulation de l'eau �tant assur�e
par des applications de plus en plus fines de ce m�lange (l'opus
signinum), sur le radier, les pi�droits et les solins ou quarts de
ronds (bourrelets se trouvant � la jonction des parties verticales et
horizontales).
Des regards (putei ou lumina) permettaient au moment de
la construction de v�rifier la direction � suivre, le niveau, l'�vacuation
des d�blais, l'a�ration pour les ouvriers par l'acc�s � l'int�rieur
de l'aqueduc ; puis lorsque l'ouvrage �tait en utilisation
de proc�der � son entretien (l'aqueduc du Gier en comporte tous
les deux actus) ; voir Pline l'Ancien (2) � .in binos
actus lumina esse debebunt. �.
L'inclinaison, la pente, ne devaient �tre ni trop forte, elle aurait
provoqu� usure et destruction entra�nant la d�gradation de l'enduit
hydraulique (� base de brique �cras�e et de chaux (l'opus signinim)
ni trop faible, elle n'aurait alors pas permis l'�coulement
normal, les eaux se seraient alors �chauff�es devenant plus ou moins stagnantes.
Pour tracer le parcours les ing�nieurs romains disposaient de trois instruments
: la groma, le chorobate et la dioptre.
LES AQUEDUCS ET LEUR ROLE A� TRAVERS LES AGES
� C'est au moment du r�gne du roi Salomon (au 10e si�cle,
il y a donc plus de 3 000 ans aujourd'hui), que des canaux et des
aqueducs furent construits pour alimenter la ville de J�rusalem.
En - 690 un aqueduc fut construit� � Ninive; il fut alors fait
appel � des ma�ons ph�niciens particuli�rement r�put�s en la mati�re.
Les Grecs, eux, dirig�rent leurs eaux par des conduits souterrains qui
se conformaient presque toujours � la configuration du sol, et en suivaient
les d�tours.
C'est chez les Romains que le calcul des masses n�cessaires � la
construction d'un pont trouve son �panouissement ; l'utilisation
de l'opus caementicum y est �galement pour quelque chose
�. (P. Gros) (3). L'opus caementicum n'est autre que
de la ma�onnerie porteuse li�e au mortier.
Il n'est pas question de nier l'utilit� des aqueducs vant�e
par Frontin (4) ou par Pline l'Ancien (supra), ce dernier
d�clarant :
� …l'aqueduc… si l'on �value avec exactitude
le volume des eaux qu'il d�verse sur les places publiques, dans
les bains, les piscines, les canaux, les maisons, les jardins, les propri�t�s
de banlieue, et si l'on consid�re aussi les distances parcourues
par le courant d'eau, les arcs �lev�s, la perc�e des montagnes,
le comblement des vall�es, on conviendra que jamais le monde entier n'a
pr�sent� plus grande merveille… �
N�anmoins l'aqueduc est un �difice de prestige et une fonction
ostentatoire est ind�niable.
� En effet, sans m�conna�tre ces aspects auxquels nous ajouterons, la
salubrit�, la consommation d'eau des villes � l'�poque romaine
�tait consid�rable, c'�tait m�me du gaspillage…
C'�tait presque toujours par de riches citoyens de la ville concern�e,
des notables, ou un empereur originaire de cette ville, et qui d�sirait
favoriser la cit� dont il �tait issu que s'�difiait un aqueduc (le
prestige qu'en retirait l'auteur �tait consid�rable � (on
dirait peut-�tre maintenant un sponsor, dans l'antiquit� c'�tait
un �verg�te).
Le co�t de tels ouvrages �tait tel que parfois les plus riches ne participaient
qu'� une partie des travaux, ou � une section d'aqueduc ;
voir par exemple l'aqueduc de C. Sextilius Pollio � Eph�se (C.I.L.
III, 424), o� il est dit � que Sextilius Pollio, Offilia Bassa, sa
femme, C. Offilius Proculus, son fils, et leurs autres enfants, ont r�uni
leurs ressources pour construire ce pont (et non la totalit� de l'ouvrage).
La distribution des eaux � l'�poque romaine �tait fortement s�lective,
qu'on en juge :
Le gouverneur �tait bien s�r le premier servi, puis c'�tait au
tour des fontaines (o� l'eau coulait donc pratiquement en permanence,
le trop-plein servant au nettoyage des rues, (l'aqua caduca),
des usines (ateliers de foulons ou usines de salaisons par ex.), des thermes,
nymph�es), et enfin c'�tait le tour des riches praticiens qui pouvaient
s'offrir un branchement particulier, ou qui disposaient d'une
autorisation accord�e par l'empereur.
A Lyon, la fontaine (photo ci-contre) a �t� trouv�e en 1989 sur le site
de Fourvi�re, au plus haut niveau de la colline ; seul l'aqueduc
du Gier pouvait l'avoir aliment�e. Au fronton, on peut lire en creux,
CLAVDAVG, mais le socle, plus ancien, �tait d�j� celui d'une fontaine…

� Un des premiers � avoir �tudi� un aqueduc comme un monument qu'il
importait de suivre tout au long de son trac�, et � lui avoir consacr�
un ouvrage, est W. Habery pour l'aqueduc de Cologne (1971). Le premier
� s'�tre int�ress� syst�matiquement � l'organisation d'un
chantier d'aqueduc est l'architecte russe Nikolaev en 1964
� nous dit Philippe Leveau (5).
� L'existence d'un �difice monumental � l'origine d'un
aqueduc n'est pas obligatoire ; en revanche, � l'arriv�e de
l'aqueduc dans la ville on �difiait une fontaine monumentale. La
construction d'un aqueduc �tait un travail de longue haleine qui
a pu s'�taler sur un tr�s long espace de temps. Ce n'�tait
certainement jamais un travail local ; il faut imaginer la participation
de techniciens venus de Rome. Avec tr�s certainement une large utilisation
de la main d'œuvre militaire, mais ceci n'est pas particulier
aux aqueducs. On sait le r�le jou� par l'arm�e dans la construction
des routes et des canaux � (P.-A. F�vrier) (6).
� CE SONT LES EAUX QUI FONT LA VILLE � (Pline l'Ancien,
Histoire Naturelle)
Sextus Julius Frontinus (d�j� cit�) nous dit � plusieurs reprises sa
volont� que le courant d'eau ne soit pas interrompu, c'�tait
donc pour les romains faire la d�monstration de la domination de l'homme
sur la nature, dans le temps et dans l'espace; pourtant le passage
d'un aqueduc � travers les campagnes devait forc�ment entra�ner
des situations conflictuelles entre l'autorit� qui l'imposait
et les riverains qui le subissait.
Denis d'Halicarnasse, historien du 1er si�cle avant
J.C. n'h�site pas � dire : � Pour moi, au rang des trois plus
magnifiques œuvres romaines par lesquelles appara�t le mieux la grandeur
de l'Empire, je place les aqueducs, les voies, puis les �gouts,
non seulement en raison de leur utilit�, mais aussi � cause des d�penses
qu'elles ont entra�n�es � (Les antiquit�s romaines : les origines
de Rome).
LE CHOIX DES EAUX
La d�cision prise de construire un aqueduc, soit pour desservir un vicus,
soit pour une villa importante ou enfin pour l'irrigation (nous
laisserons de c�t� cet aspect aujourd'hui par manque de place),
le choix des eaux s'imposait donc ; Vitruve, encore lui, nous dit
au chapitre V du Livre VIII intitul� � Comment on pourra conna�tre la
qualit� des eaux � de l'ouvrage intitul� � De Architectura� :
� On pourra conna�tre par plusieurs observations qu'elle est
la qualit� des eaux. Car si elles coulent � d�couvert sur la terre, avant
que de les enfermer pour les conduire, il faudra consid�rer qu'elle
est l'habitude du corps des habitants du lieu.
S'ils sont robustes et de bonne couleur, et qu'ils ne
soient sujets ni aux maux de jambe, ni aux fluxions sur les yeux, on sera
assur� de la bont� des eaux, comme aussi lorsqu'une fontaine �tant
nouvellement d�couverte, si des gouttes de son eau �tant jet�es sur du
cuivre de Corinthe, ou sur d'autre bon cuivre, n'y font point
de t�che, c'est une marque que l'eau est tr�s bonne.
Cela se conna�tra encore si l'eau apr�s avoir �t� bouillie ne
laisse au fond du vase aucun sable ou limon ; et si l'on remarque
que les l�gumes bouillis dans cette eau se cuisent promptement.
Enfin on conna�tra qu'elle est l�g�re et tr�s bonne, si �tant
claire et belle dans sa source, elle ne g�te point les lieux ou elle passe,
en y engendrant de la mousse, des joncs ou d'autres salet�s. �
Les Romains n'h�sit�rent donc pas � franchir de tr�s longues distances
pour amener cette eau � l'endroit d�sir�.
La prise d'eau pouvait s'effectuer soit en puisant dans la
nappe phr�atique d'une rivi�re ; ou bien des drains pouvaient recueillir
l'eau et diriger celle-ci ensuite vers un bassin collecteur avant
de se d�verser dans l'aqueduc lui-m�me ; enfin, par des barrages
pratiqu�s sur les cours d'eau afin d'en d�river une partie.
LE TRANSPORT DE L'EAU
Nous allons voir les diff�rents moyens de transport de cette eau :
a) La plupart du temps, pour des questions de co�t, de temp�rature de
l'eau ainsi prot�g�e de la chaleur qui la rend impropre � la consommation,
la canalisation souterraine suit les courbes de niveau ;
b) Le canal se trouve pos� sur un mur-porteur, lorsque le profil du
terrain impose le maintien du niveau du radier et donc de l'eau
jusqu'� une certaine hauteur de construction ;
c) Au-del� d'une certaine hauteur de mur (trois m�tres pour l'aqueduc
du Gier), ce sont des arches (opus arcuatum) qui prennent la suite
; construire d'abord les piliers, puis les relier par des arcs en
plein cintre en bois (voir les essais de reconstruction des arches du
Pont du Gard au mus�e du m�me nom) ;
d) Le Pont du Gard lui-m�me est la d�monstration d'un pont-aqueduc
; les Romains ont parfois �galement superpos� plusieurs aqueducs sur un
m�me pont ; enfin, sur certains ponts-aqueducs, comme � M�rida, Tarragone,
S�govie en Espagne, Fr�jus en France, sur le grand pont du Chabet-Ilelouine
de l'aqueduc de Cherchel en Alg�rie, pour en citer quelques uns,
des entretoises confortent les arches les plus hautes.
e) Les tunnels permettent d'�viter de longs d�tours de montagnes
ou zones rocheuses, ceux de Side en Turquie, Fontanes et Mornant sur l'aqueduc
du Gier, ainsi que le fameux tunnel rendu c�l�bre par l'inscription
de Nonius Datus � Saldae en Alg�rie, en sont quelques exemples ; le tunnel
passant � une certaine profondeur �tait normalement creus� en partant
des deux c�t�s oppos�s ;
f) Lorsque l'altitude de d�part est trop �lev�e par rapport au
point d'arriv�e, on trouve parfois des am�nagements de chutes ou
des escaliers hydrauliques permettant d'abaisser ce niveau (exemples
connus en France, les aqueducs d'Autun, de la Br�venne et d'Yzeron
en France) ;
g) Enfin les siphons, si nombreux en un m�me lieu sur les aqueducs lyonnais
en France ; il s'agit du principe dit siphon invers� ; si une vall�e
abrupte et profonde se pr�sente, les Romains utilis�rent le siphon ; il
s'agit d'acheminer l'eau dans une conduite forc�e ;
cette conduite peut �tre constitu�e de tuyaux de plomb (voir les quatre
aqueducs lyonnais) o� se trouvent plusieurs tuyaux c�te � c�te de fa�on
� diminuer la pression, ou de blocs de pierres perc�s en leur centre (voir
le cas des aqueducs de Patara et d'Aspendos cit�s plus loin) ; le
principe est le suivant ; l'eau arrive dans un r�servoir situ� en
amont, dit r�servoir de chasse, de l� elle sort par des tuyaux de plomb
(pour les aqueducs lyonnais) qui reposent sur une partie construite, le
rampant, puis descendent jusqu'au fond de la vall�e, ou un pont-siphon
supportant les tuyaux, permet de diminuer la hauteur de chute et donc
la pression ; l'eau remonte ensuite par d'autres tuyaux jusqu'au
r�servoir d'aval, dit de fuite, r�servoir situ� plus bas que le
r�servoir amont (c'est que l'on appelle la perte de charge),
et ensuite l'eau reprend son cheminement normal. L'aqueduc
de Pergame construit dans la premi�re moiti� du IIe si�cle, comporte un
siphon avec deux points bas et donc un point haut, ce qui a du provoquer
des probl�mes avec l'air s'y accumulant et bloquant le d�bit;
le d�nivel� est de 185 m�tres.
h) De son point de d�part (caput aquae) jusqu'�
son point d'arriv�e (castellum divisorium), ces derniers
� Pomp�i ou N�mes sont bien connus, l'eau devait s'�couler
en suivant une pente (donc par gravit�) ; pas trop rapide afin que l'enduit
hydraulique � base de brique et de chaux (l ‘opus signinum )
ne se d�grade pas trop et n�cessite donc des r�parations fr�quentes entra�nant
l'arr�t de l'�coulement de l'eau, pas trop lente non
plus car l'eau pourrait alors s'�chauffer et devenir ainsi
impropre � la consommation. Vitruve dit encore � ce sujet en parlant du
niveau : � On le prend avec la dioptre ou avec des balances dont on
se sert ordinairement pour niveler les eaux, ou avec le chorobate, ce
qui rend l'op�ration plus certaine… �. Pour l'aqueduc
du Gier, cette pente est d'un millim�tre au m�tre sur le parcours
normal et de 0,5 mm au m�tre sur la boucle de Chagnon ; elle est de 7
cm au km en aval du Pont du Gard, un strict minimum !
LES PRISES D'EAU
Le Temple des Eaux de Zaghouan (Tunisie) est le point d'arriv�e
de plusieurs sources et le lieu de d�part du grand aqueduc de Carthage.
Ouvrage monumental domin� par les rochers du djebel Zaghouan, il impose
le respect et la v�n�ration apport�s le plus souvent� dans l'antiquit�
par les Romains eux-m�mes aux sources ; un double bassin circulaire surmont�
d'escaliers sur plusieurs niveaux se trouve imm�diatement situ�
en dessous de la source principale, il devait d�j� servir de premier bassin
de d�cantation.
L'aqueduc lui-m�me mesure 90 km de long en ne comptant pas la branche
d'A�n Jougger � Moghrane et les adductions secondaires, sinon la
longueur totale est de 132 kilom�tres ; l'ouvrage a pu �tre termin�
et inaugur� par l'empereur grand voyageur qu'�tait Hadrien
en 128 apr�s J.C. nous dit Friedrich Rakob (7).

La prise d'eau(x) de l'aqueduc de Xanthos (Turquie) est tout
autre ; dans un paysage sauvage, nous trouvons une galerie appareill�e
sur une quinzaine de m�tres qui se prolonge ensuite dans le rocher lui-m�me
creus� ; la galerie principale est rejointe par deux autres galeries captant
elles aussi des sources ; on voit depuis l'ext�rieur que l'entr�e
est faite de blocs �normes ; la source procure encore aujourd'hui
l'eau n�cessaire aux villageois de Xanthos ; notons qu'une
partie de l'aqueduc utilisant des conduites modernes pour ce faire,
emprunte encore aujourd'hui la canalisation antique sur une centaine
de m�tres…
Ouvrage romain, long d'une dizaine de kilom�tres, le canal mesurant
75 cm de haut pour 45 cm de large franchissait plusieurs vallons sur des
ponceaux avant de desservir le site antique (8).

LES ARCADES
Il subsiste encore aujourd'hui, par chance, de nombreux exemples
d'arcades magnifiques pour le transport de l'eau, dans plusieurs
pays. Bien s�r le Pont du Gard est mondialement connu, aussi nous passerons
directement � d'autres ouvrages, peut-�tre un peu moins connus en
dehors de leur pays d'origine.
L'Espagne a la chance de poss�der trois ouvrages de ce type, absolument
superbes ; S�govie, M�rida et Tarragone.
L'aqueduc de S�govie d'une longueur d'environ 17 km,
date vraisemblablement du 1er si�cle (inscription des Flaviens)
; les arcades � l'arriv�e en ville sont d'une hauteur de plus
de 28 m�tres, au niveau de la place, il est remarquable par la finesse
de sa construction ; ses arches visibles sur plus de 800 m�tres sont au
nombre de 128 ; il est appareill� en belles pierres de granit pos�es sans
mortier ni ciment (9).

L'aqueduc de Fr�jus (France) est un ouvrage dat� du milieu du premier
si�cle de notre �re, long d'une quarantaine de kilom�tres ; nanti
de deux sources principales, l'une dite la source du Neisson o�
de la Siagnole et situ�e la plus en amont � l'altitude de 515 m
; on sait aujourd'hui qu'elle est post�rieure � celle de la
Foux situ�e donc en aval ; il faut noter qu'aujourd'hui l'eau
de la Siagnole continue � alimenter des villages situ�s en amont de Fr�jus.
L'aqueduc de Fr�jus se caract�rise par la reconstruction de quatre
des ouvrages franchissant des vallons construits en parall�le aux ouvrages
ant�rieurs ; les arches S�n�quier ont une hauteur d'environ 11,50
m ; la quatri�me des six arches, en partant de l'amont est renforc�e
par un �tr�sillon, construction indispensable pour consolider l'arche
centrale � l'ouverture plus large que les autres (10).

L'aqueduc du Gier (France) est d'une longueur de 86 km (en
comptant son double trac�) ; on y trouve de tr�s nombreux ponts, quatre
siphons, des tunnels (onze), des murs-porteurs et des centaines de m�tres
d'arcades ; il est � remarquer son parement enti�rement en opus
reticulatum, qui en font un monument unique dans le monde antique
; toutes les parties de l'ouvrage dispos�es en �l�vation sont constitu�es
de ces pierres carr�es de 7 � 10 cm de c�t� pour une longueur de 17 �
27 cm et dispos�es � 45� ; la plus belle longueur d'arches (il en
reste soixante-douze) sur une longueur de plus de 550 m�tres, se trouve
au lieu-dit le � Plat de l'Air � sur la commune de Chaponost (11).
C'est un ouvrage datant vraisemblablement du d�but de notre �re,
qui a beaucoup marqu� les esprits des historiens et des arch�ologues,
puisqu'une tr�s abondante bibliographie lui a �t� consacr�e..

L'aqueduc de Carthage dont nous avons parl� pr�c�demment � propos
de Zaghouan, pr�sente au lieu-dit correspondant � une d�pression pour
le franchissement de l'oued Milliane, et sur une longueur totale
de 4,5 kilom�tres entrecoup�e malheureusement de parties �croul�es, une
perspective �tonnante ; certaines parties ont �t� reconstruites � diff�rentes
�poques ou rev�tues pour les prot�ger par des rev�tements de pis� ; les
piles les plus hautes qui subsistent mesurent pr�s de 20 m�tres, laissant
� penser que celles qui franchissaient l'oued devaient mesurer pr�s
de 34 m�tres de haut… (7) et (12) ;

Aqueducs de Rome (Italie) : l'Anio Novus, commenc� par Caligula
en 38 apr�s J.C., fut termin� vers 52 par Claude ; il mesure 87 kilom�tres
de longueur ; sur pr�s de 1350 m�tres dans la campagne romaine on le trouve
au-dessus de l'Aqua Claudia sur une longue file d'arches.
C'est lui, qui, toujours au-dessus de la Claudia appara�t sur la
Porte Majeure � Rome. A noter que c'est l'aqueduc entrant
dans l'Urbs au plus haut niveau des 11 aqueducs romains qui furent
construits de - 312 avant J.C. � 226 apr�s (13).

LES TUNNELS
On trouve des tunnels sur un certain nombre d'aqueducs ; l'aqueduc
de Side en Turquie en pr�sente deux, dont l'un est encore accessible
sur pr�s de 150 m�tres ; il poss�de des parties construites en alternance
avec des parties brutes taill�es dans le rocher (14) ; en France on en
conna�t au moins deux int�ressants parce que de conception diff�rente
;
Tout d'abord sur l'aqueduc de N�mes (France), commune de
Sernhac, au vallon des Escaunes, se trouvent deux tunnels ; l'un
dit � de la Perrotte �, l'autre est dit � des Cantarelles ; le tunnel
de la Perrotte avait � l'origine une longueur de 80 m�tres, c'est
le plus long des deux ; les fouilles effectu�es ont montr� que le tunnel
avait �t� creus� dans une carri�re pr�existante et que le canal n'�tait
pas couvert dans le tunnel ; il comporte �galement trois puits ; on remarque
enfin plusieurs erreurs de � pilotage � ayant entra�n� des � raccords
� et des d�calages importants de l'axe du tunnel, d�calages rattrap�s
ensuite (15).

Sur l'aqueduc du Gier (France) o� se trouvent 11 tunnels, les plus
int�ressants se trouvent dans le d�partement de la Loire, � Saint-Martin-la-Plaine,
au vallon de Fontanes et � Chagnon , au lieu-dit � la Cave du Cur� ; c'est
dans ce dernier lieu o� le terrain est tr�s instable et non sans doute
pour �viter un long d�tour, que les ouvriers romains ont perc� la montagne
et construit l'aqueduc � l'int�rieur du tunnel ; celui-ci
mesure un peu plus de 2 m�tres de haut pour une largeur d'1,60 �
1,85 m ; aujourd'hui encore on peut traverser l'�peron rocheux
de part en part, la section construite de l'aqueduc mesure un peu
plus de� 80 m�tres ; comme souvent les traces des coups de pics des ouvriers
romains sont bien visibles ; � noter aussi sur les parois la pr�sence
de petites niches destin�es � supporter les lampes des ouvriers (16).

AM�NAGEMENTS HYDRAULIQUES
Lorsque le d�bit est peut-�tre trop important, � certains moments il
est important de pr�voir des am�nagements permettant d'�vacuer le
trop-plein d'eau ; on trouve deux constructions � cet effet sur
l'aqueduc de N�mes, situ�es pour la premi�re proche de la prise
d'eau � Uz�s et la seconde peu avant le Pont du Gard ; il s'agit
de bassins de r�gulation ; sur celui situ� peu avant le Pont du Gard,
un syst�me de vannes doubles coulissait dans des rainures, permettant
ainsi de mesurer exactement la quantit� d'eau d�sir�e devant passer
ensuite sur le Pont du Gard et de rejeter l'exc�dent vers le Gardon
(17).

Long de 70 km, l'aqueduc de la Br�venne, �tait un des quatre aqueducs
qui alimentait dans Lyon dans l'antiquit� ; long d'environ
70 kilom�tres, il se caract�rise par une section r�duite sur la premi�re
partie de son parcours, puis prenant sans doute l'eau d'autres
sources, son gabarit devient ensuite plus important ; un certain nombre
de chutes se trouvent sur son parcours permettant de perdre de l'altitude
; au-lieu Chevinay (commune du d�partement du Rh�ne), se trouvait une
chute pr�sentant des caract�ristiques particuli�res et peut-�tre uniques
dans le monde romain ; la pente extr�mement importante (pr�s de 32 %)
sur une longueur de 275 m environ a emp�ch� l'usage de nombreux
puits de rupture ; il s'agissait� donc d'une pente continue
; le probl�me de l'�rosion provoqu�e par une trop grande vitesse
d'�coulement de l'eau fut r�solu par des poutres transversalement
dispos�es tous les 2 ,30 m environ ; le radier du canal �tait lui aussi
�tonnant, il �tait constitu� de dalles de gneiss bleu-vert dispos�es en
ressauts successifs permettant aux deux dalles lat�rales de prendre appui
sur la dalle centrale plus basse ( note 18- rapport de fouille d'ao�t
1999)

CANALISATIONS
L'aqueduc de Cahors (France) fait partie de ces aqueducs dont une
partie est creus�e sur le flanc d'une montagne rocheuse tr�s pentue,
vertigineux ! Dat� sans doute de la premi�re moiti� du 1er
si�cle de notre �re, cet ouvrage long de 33 kilom�tres comportait une
douzaine de ponts, dont l'un devait se situer � 35 m�tres de haut.
Mais la partie la plus impressionnante de l'aqueduc est bien certainement
la partie ou le canal passe en falaise, n�cessit� par la r�gion au relief
tr�s accident�. Parfois � accroch� � � 40 m de haut le conduit qui mesure
1,60 m de haut et affecte un profil en coupe trap�zo�dale �troit � la
base de 0,20 m, s'�largissant jusque sous la vo�te � 0,80 m, est
alors creus� en encorbellement au-dessus du vide ! (19)
Un autre exemple de conduit taill� de fa�on similaire sur une partie
de son parcours se trouve sur l'aqueduc de Side (Turquie) (20).

L'aqueduc de Besan�on (France) affecte la forme classique d'un
ouvrage long de 10 km environ qui suit approximativement le cours de la
rivi�re Doubs et dont la vo�te est constitu�e de claveaux ; d'une
hauteur d'1,57 m et d'une largeur de 0,75 � 0,79 m, la canalisation
pr�sente encore aujourd'hui au moins cinq regards de visites distants
entre eux de 82 m�tres. La pente de l'aqueduc serait au total de
22 m�tres, soit une inclinaison d'environ 0,22 m�tres (21).

LES REGARDS DE VISITE
A Dougga (Tunisie) ou sur l'aqueduc de Carthage (d�j� cit�), les
regards de visite sont des chemin�es circulaires, ce qui n'est pas
le mod�le le plus courant. G�n�ralement il s'agit d'ouvrages
rep�rables au-dessus du sol pour les interventions ult�rieures et b�tis
(ou creus�s) et de forme carr�e ou rectangulaire.
Nous avons parl� plus avant du r�le des regards de visite, l'aqueduc
romain du Gier (France) offrant la particularit� d'avoir un regard
le plus souvent tous les deux actus (comme le pr�conise Pline (supra)
; m�me si cette mesure est l�, dans ce cas, plus proche de 77 m�tres que
de 72. Plac�s au-dessus de la tranch�e, au-dessus d'un pont (� plus
de 10 m du sol) ou au-dessus d'un tunnel (on les appelle alors plus
g�n�ralement puits de visite), ces constructions se trouvent presque toujours
en alternance, un petit et un grand regard, celui-ci d�passant la largeur
du specus habituellement de 55-57 cm pour porter cette largeur
� 0,90 m. Depuis juillet 1999, on sait la raison d'�tre de cette
particularit� (22) ; en effet ce type de regard de grand mod�le comporte
un bac d'arr�t des impuret�s dont la profondeur est g�n�ralement
d'un pied romain (pour les puits et regards de visite voir Hubert
Chanson, 23).

LES SIPHONS
L'aqueduc de Patara en (Lycie, Turquie) qui fait un peu plus de
16 km de long poss�de un siphon support� par une muraille construite avec
des blocs cyclop�ens ; ce siphon est constitu� de blocs de pierre ajust�s
entre eux et dont l'�tanch�it� �tait assur�e par de l'enduit
hydraulique ; ces blocs de pierre de 0,90 de large et de 0,90 m de haut
sur une longueur de 0,50 m poss�dent en leur centre une partie �vid�e
qui mesure 0,30 m destin�e au passage de l'eau ; la connexion entre
ces blocs est assur�e par une partie � m�le � d'un c�t� et une partie
� femelle � de l'autre.
Une autre particularit� de cet ouvrage ce sont les trous laiss�s sur
les c�t�s de certains de ces blocs de pierre ; destin�s � nettoyer l'int�rieur
du conduit ces trous mesuraient 0,20 m de diam�tre afin qu'un bras
puisse s'y s'introduire et proc�der au nettoyage ; pour que
l'eau ne jaillisse pas lorsque l'ouvrage �tait en pression,
ils furent referm�s avec des bouchons ad�quats devant peser au minimum
400 kilos ; pourtant nous dit-on, il fut rajout� par dessus une pierre
suppl�mentaire de presque un m�me poids pour �viter qu'ils ne soient
�ject�s (24).

L'aqueduc d'Aspendos (Pamphylie, Turquie) est d'une
longueur de 17 kilom�tres ; le triple siphon permettant de franchir la
vall�e qui pr�c�de l'acropole de la cit� mesurant pr�s de 2 kilom�tres,
comporte des ponts et deux tours-pression ;
Les tours-pression sont �quip�es d'un escalier en spirale qui monte
� pr�s de 15 m au-dessus de la porte afin d'acc�der au r�servoir
situ� au-dessus de chacune des tours, dans lequel l'eau se trouvait
� la pression atmosph�rique ; ces deux tours se diff�rencient par leur
changement de direction, beaucoup plus marqu� pour la tour sud ; il faut
noter la pr�sence de brique dans la partie la plus �lev�e des tours ainsi
que sur les arches les plus basses ; la pr�sence � proximit� de blocs
de pierre de 90 cm de c�t� perc�s d'un orifice circulaire de 26
cm de diam�tre laisse � penser que l'eau circulait � travers ces
blocs de pierre comme � Patara (25) .
A signaler que sur l'aqueduc d'Yzeron, � Craponne (France),
il subsiste les ruines d'un double siphon.

Le premier des quatre siphons de l'aqueduc du Gier (France) se
situe au lieu-dit Leymieux sur la commune de Genilac. Le r�servoir amont,
dit de chasse, est le mieux conserv� de tous les r�servoirs de siphons
lyonnais ; le b�timent qui mesure int�rieurement 6,45 m de long sur 2,25
m de large, est rev�tu de b�ton hydraulique jusqu'� une hauteur
d'1 m�tre 25 au-dessus du radier ; la vo�te est interrompue en son
milieu par un regard de visite ; on voit encore aujourd'hui sept
trous correspondants aux orifices de sortie des tuyaux de plomb (fistulae)
; la partie d�truite laisse entrevoir qu'il devait y avoir 10 trous
� l'origine. Le dernier trou situ� � gauche l'on regarde l'�difice
depuis l'aval, est bouch� avec de l'enduit romain, probl�me
d'�tiage � l'�poque romaine pour emp�cher le d�samor�age du
siphon ? L'orifice de sortie des tuyaux laisse � penser que ceux-ci
devaient avoir un diam�tre ext�rieur de 23 cm. Le rampant, partie supportant
les tuyaux jusqu'� leur arriv�e au sol, est ici presque totalement
d�truit (26).

Le troisi�me siphon du m�me aqueduc du Gier au lieu-dit � le Plat de
l'Air �, commune de Chaponost, a conserv� son rampant, impressionnant
! Celui-ci, bien que restaur� vers 1930 montre encore aujourd'hui
les quatre arches permettant aux tuyaux de rejoindre le sol avec une pente
de 38%, le r�servoir de chasse �tant ici situ� � 10 m�tres de hauteur.
La vall�e qui le suit, franchie par le siphon, mesure 2660 m�tres de large
et la hauteur de fl�che est ici de plus de 122 m�tres (27).

LES CITERNES D'AQUEDUCS
Destin�es � recueillir et emmagasiner une certaine quantit� d'eau
aux fins de stockage, de r�gulation du d�bit ou d'�puration (piscina
limaria), et parfois de tout cela, elles se trouvent g�n�ralement
proches de l'arriv�e d'un aqueduc. L'eau se d�versait
� l'entr�e des villes, g�n�ralement � un point haut, dans un ch�teau
d'eau, castellum aquae ou castellum divisorium.
Deux d'entre elles � Lyon construites sur deux niveaux, sont du
m�me mod�le que l'Aqua Virgo � Rome ; l'eau arrive par un
canal dans une chambre sup�rieure avant de passer par une ouverture dans
les salles inf�rieures communicantes o� se d�posent les impuret�s ; d�cant�e,
l'eau remonte ensuite dans la seconde chambre sup�rieure avant de
repartir par le canal ; une purge permet de nettoyer les bassins des salet�s.
Mais parmi les plus spectaculaires, de par leur capacit�, citons celles
de La Malga au terminus de l'aqueduc de Carthage (Tunisie) ; on
y trouve 15 chambres parall�les, chacune d'elles mesure 7,40 m de
large pour une longueur de 102 m�tres de long. Leur capacit� pouvait �tre
de pr�s de 60.000 m3, il s'agit du plus vaste r�servoir hydraulique
du monde romain, affirmant ainsi l'importance de la m�tropole antique
(28).

En Tunisie encore, Oudhna (l'ancienne Uthina) est en train de devenir
un site arch�ologique majeur � l'instar de Carthage, Dougga et Sbeitla
; � l'�poque romaine Oudhna �tait aliment�e desservie par plusieurs
aqueducs rassembl�s ensuite dans un unique collecteur ; on y trouve �galement
des thermes et des citernes importantes ; ces citernes affectent la forme
d'un quadrilat�re ; sept d'entre elles sont juxtapos�es et
communiquent par des ouvertures larges de deux m�tres ; les chambres mesurent
37 m�tres de long pour une largeur de 4,50 m�tres et avoisinent 7 � 8
m�tres de haut. A noter qu'une huiti�me chambre est construite perpendiculairement
aux pr�c�dentes (29).

LA DISTRIBUTION
Vitruve pr�cise que les r�servoirs sont accompagn�s d'un syst�me
de distribution comportant trois niveaux : les fontaines publiques, les
thermes, puis les maisons particuli�res.
Le ch�teau d'eau (ou castellum divisorium) de N�mes
pr�sente la forme d'un bassin circulaire de 5,50 m de diam�tre et
profond d'1,40 m�tre bord� par un espace de circulation; il comporte
dix orifices permettant la distribution d'eau par l'interm�diaire
de tuyaux (sans doute en plomb) d'un diam�tre d'environ 0,30
cm ; trois bondes situ�es au fond du bassin servaient ensuite � �vacuer
les impuret�s ; l'aqueduc d�bouchait dans le bassin par un conduit
presque carr� ; � N�mes il convient d'envisager plut�t une distribution
par quartiers que le sch�ma classique de Vitruve (30).

LES INSCRIPTIONS
On a trouv� un certain nombres d'inscriptions relatives aux aqueducs
; celle de Chagnon sur la boucle de l'aqueduc du Gier (France) est
une des plus int�ressantes qui soit ; inscrite au C.I.L. XIII, 1623, I.L.S.
5749, elle reprend un senatus-consulte de - 9 avant notre
�re ; EX AUTORITATE/imp (eratoris) CAES (aris) TRAIA/NI HADRIANI/AUG(usti)
NEMINI/ARANDI SER/ENDI PANG/ENDIVE IUS/EST INTRA ID/SPATIUM AG/RI QUOD
TUTE/LAE DUCTUS/DESTINATUM/EST.
En - 11 de notre �re, un premier senatus-consulte avait
�t� promulgu� sous le consulat de Q. Aelius Tubero et Paulus Fabius Maximus,
dans lequel la mention d'un espace d�termin� devait �tre laiss�
libre (15 pieds) ; ceci n'appara�t plus dans l'inscription
de Chagnon ; enfin nous citerons une autre inscription tr�s int�ressante
d�couverte sur l'aqueduc de J�rusalem, o� il est fait mention de
la m�me distance � respecter et de la� peine capitale encourue � ceux
qui d�rogeraient� � cette loi ! (31).

BIBLIOGRAPHIE (TR�S) SOMMAIRE
(1) � Les Dix livres d'architecture � par Vitruve, trad. Cl. Perrault
; Ed. P. Mardaga
(2) � Histoire naturelle � par Pline l'Ancien ; livre XXXI, chap.
XXXI, trad. G. Serbat, Ed. Les Belles Lettres (1972).
(3) � Architecture et soci�t� � par Pierre Gros (1978).
(4) � Les aqueducs de la ville de Rome � par Sextus Julius Frontin, trad.
Pierre Grimal, Ed. Les Belles Lettres (1961).
(5) � L'alimentation en eau de Caesarea de Mautetanie et l'aqueduc
de Cherchel �, par Ph. Leveau/J.-L. Paillet ; Ed. L'Harmattan (1976).
� A quoi servaient les aqueducs romains �, par Philippe Leveau, L'Histoire,
N� 105 (1987).
(6) � Journ�es d'�tudes sur les aqueducs romains � par P.-A. F�vrier,
�d. Les Belles Lettres Lyon 1977).
(7) � L'aqueduc de Carthage �, par Friedrich Rakob ; Dossiers de
l'Arch�ologie N� 38, (1979) ; � Die romische Wasser von Karthago,
� Journ�es d'�tudes sur les aqueducs romains �, (1997) du m�me auteur
;
(8) � L'aqueduc romain de Xanthos �, Jean Burdy/Pascal Lebouteiller,
Anatolia antiqua VI (1998) ;
(9) � Aqueducs romains en Espagne � par Fernandez Casado (1972) ; S�govie
: photo J.-A. Hamm.
(10) � L'aqueduc romain de Fr�jus � par Ch. G�bara/J.-M. Michel/J.-L.
Guendon, Revue Arch�ologique de Narbonnaise, suppl�ment N� 33 ; � Aqueduc
romain de Mons � Fr�jus, �tude descriptive et technique � par Vito Valenti
(Internet).
(11) "Les aqueducs antiques de Lyon" par C. Germain de Montauzan,
�d. E ; Leroux (1909) ; � Les aqueducs de Lyon � par L. Jeancolas (1986).
Revue arch�ologique Sites.
(12) "L'aqueduc de Carthage" par un collectif de l'Ecole
nationale d'ing�nieurs de Tunis, La Houille Blanche, N� 6 (1990);
"L'aqueduc de Carthage � par H. Ben Hassen, Dossiers d'Arch�ologie
N� 284 (2002).
(13) �"The aqueducts of Ancient Rome", �di. Richmond, Oxford
(1935) par Thomas Ashby; ouvrage r��dit� en 1991 par Quasar sous le titre
"Gli acquedotti dell'antica Roma". �. � Gli acquedotti
di Roma � par Pietrantonio Pace, �d. Art Studio S. Eligio (1983).
(14) "Die romishe wasserleitung nach side", par Klaus Grewe
(1994), in antike Welt 25;
(15) � Le Pont du Gard, l'eau dans la ville antique �, par Fabre/Fiches/Leveau/Paillet
; presses du C.N.R.S. (1992) ; � Le Pont du Gard. L'eau dans la
ville antique � par les m�mes auteurs (1992).
(16) � L'aqueduc romain du Gier � par Jean Burdy, Pr�inventaire
des monuments et richesses artistiques (1996).
(17) � Le Pont du Gard �, auteurs d�j� cit�s.
(18) � Etudes sur l'aqueduc gallo-romain de Lyon-Br�venne � par
J�r�me Fage, m�moire de D.E.A. (1998-2000).
(19) � L'aqueduc de Cahors � par Didier Rigal, Caesarodunum XXXI,
�d. Robert Bedon, Universit� de Limoges (1997). � Les secrets de l'aqueduc
de Divona par Roger Houl�s (1998).
(20) Voir Klaus Grewe, opus d�j� cit�).
(21) � Le probl�me� de l'approvisionnement de Besan�on antique
(Vesontio), l'aqueduc d'Arcier � par Luc Jaccottey, Caesarodunum
XXXI, �d. Robert Bedon, Universit� de Limoges (1997).
(22) � Aqueduc du Gier, un nouveau concept sur la normalit� de l'ouvrage
�, par Jean-Claude Litaudon, Revue G.A.F.J., N� 3 (1999). � L'aqueduc
romain du Gier ou du Pilat � par Jean-Antoine Hamm/Jean-Claude Litaudon
(2000 r�imp. 2004).
(23) "An experimental study of Roman dropshaft hydraulics"
par Hubert Chanson. "Certains aspects de la conception hydraulique
des aqueducs romains", La Houille Blanche N� 6-7 (2002), m�me auteur.
(24) � Les travaux souterrains de Paris, II �, 1re partie
- Les eaux. Introduction � Les aqueducs romains � (1875). � Aqueducs
de la ville de Patara � par Buyuk Yildirim (1994)
opus cit�.
(25) "The aqueduct of Aspendos and its inverted siphon" par
Paul Kessener. � The aqueduct of Aspendos � par J. B. Perkins; PBSR 23;
(1955);
�(26) � Recherches sur les aqueducs de Lyon construits par les Romains
� par G.-M. Delorme (1760). � Les aqueducs antiques de Lyon", par
Camille Germain de Montauzan , opus cit�.
(27) �L'aqueduc romain du Gier" par Jean burdy, opus cit�.
(28) �Water supply in ancient Carthage �, par Andrew Wilson (1998); document
aimablement communiqu� par� Dr Hubert Chanson.
(29) � Oudhna (Uthina) �, par Ben Hassen/Louis Maurin (1998) ; Ausonius-Publications,
M�moires 2 ;
(30) � L'aqueduc de N�mes et le Pont du Gard �, par Fabre/Fiches/Paillet,
�d. du C.N.R.S. (1991).
(31) � Journ�es d'�tudes sur les aqueducs romains � par P.-A. F�vrier,
opus d�j� cit�.
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